Mise sous cloche des entreprises, préservation de l’emploi, plan de relance… Voilà maintenant plus d’un mois qu’il ne passe pas un jour sans que l’on n’entende parler de la grave crise économique à venir et du jour d’après. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ?

Jour d’après :
Récession ou décroissance ?

Mise sous cloche des entreprises, préservation de l’emploi, plan de relance… Voilà maintenant plus d’un mois qu’il ne passe pas un jour sans que l’on n’entende parler de la grave crise économique à venir et du jour d’après. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ?

Un peu de théorie pour commencer

Les crises financières peuvent venir de facteurs exogènes, tels qu’un choc d’offre comme celle d’un choc pétrolier mais peuvent venir aussi d’un cycle d’innovation ou au contraire d’un arrêt brutal de la consommation comme nous le vivons actuellement. Mais la majorité des crises économiques sont inhérentes au fonctionnement même de l’économie. Autrement dit, c’est le fonctionnement même de l’économie qui provoque des crises.

Lorsque tout va bien, le chef d’entreprise est confiant, il investit, il produit plus et passe des commandes à d’autres entreprises. Cela créé des emplois et du pouvoir d’achat, la consommation augmente et cela entraîne de nouveaux investissements. C’est ce que l’on appelle la croissance. Mais au bout d’un certain temps, les entreprises arrivent au maximum de leur capacité d’investissement. Elles sont donc opérationnelles, fonctionnent bien et elles n’ont plus besoin d’investir d’avantage. Il y a donc un plateau. Malheureusement, certaines entreprises auront sur estimées les débouchés. Cette surestimation est souvent liée à l’euphorie des investisseurs pendant la phase de croissance, il y a alors une surproduction qui engorge les marchés. Les entreprises devront donc baisser leur prix et/ou leur production. Arrive alors ensuite une phase d’assainissement (réduction de charges, réorganisation…) ou de liquidation, durant laquelle les entreprises trop faibles disparaîtront. Ce cycle sera amplifié par les licenciements qui provoquera et donc la baisse du pouvoir d’achat puis la consommation. Cette phase s’équilibrera, lorsque l’offre et la demande seront à nouveau équilibrées. Les chefs d’entreprises redeviendront confiants et un nouveau cycle de croissance s’ouvrira.

Mais aussi un facteur, qui va accentuer la crise économique : celle du crédit. En période de prospérité économique le crédit est facilité. Les banques baissent aussi leurs taux d’intérêts. La demande des ménages et des entreprises a augmenté en s’appuyant sur l’endettement.  C’est ce qui s’appelle la phase de croissance. La facilité de crédit a poussé les ménages, les entreprises et les banques à prendre des risques excessifs. En période de croissance, les risques excessifs entraînent une spéculation à la hausse sur les biens. Si l’immobilier ne baisse jamais et que la banque me prête à taux très faible, je peux acheter et je peux acheter même un peu plus cher ce n’est pas très grave. Il y a alors une accumulation de capital et de surinvestissement. C’est ce qu’il s’est passé ces dernières années.

Mais très bientôt, la Banque Centrale Européenne devrait augmenter ses taux. La hausse des taux d’intérêt va alors entraîner des difficultés à vendre. C’est la phase de plateau.  Et les premiers incidents de crédit vont alors arriver. Ce seront des faillites d’entreprise ou le non remboursement des particuliers. Pour compenser ces incidents de crédits, les banques vont resserrer leurs conditions de crédit et augmenter les taux d’intérêts. Cela aura pour conséquence de contracter la demande entraînant une baisse des prix, plus de faillites et une augmentation du chômage. Cela va accroître les incidents de crédits, resserer encore plus les conditions de crédits et accentuer les taux d’intérêts. La crise commencera à ce moment là. Ce sera le cycle de récession ou de dépression, jusqu’à ce que l’offre et la demande s’équilibre.

Etat des lieux de l’économie mondiale

Ceux qui pensent, qu’après le confinement, il suffira de tourner simplement la clef pour faire repartir le moteur de l’économie se trompent. Avec des prévisions, telles qu’une récession d’au moins 8% et une dette publique de 115 % de PIB (sans compter qu’elle va continuer après la crise sanitaire), nous devons nous préparer à souffrir et à réinventer un nouveau système et à redessiner nos modèles économique et social.

Le but n’est donc plus de savoir si nous allons entrer en récession, mais de savoir jusqu’à quand elle va durer. Autrement dit, qu’en est-ce que nous entrerons à nouveau dans un cycle de croissance, car pour le moment personne ne sait vraiment combien seront les dégâts et jusqu’à quand ils dureront. Comme l’a déclaré récemment Charlie Munger principal associé en affaires de l’investisseur Warren Buffett chez Berkshire Hathaway. Selon lui, la crise sera très différente de celle de 1929. Les gouvernements ont injecté des liquidités massivement et toute cette impression d’argent pourrait devenir problématique. Jamais dans l’histoire économique, autant d’argent n’a été dépensé et de dettes publiques ou privés rachetées.

Depuis la crise des subprimes (2007/2008) la planche à billets n’a cesser de fonctionner et on sait très bien que l’on ne pourra pas continuer à imprimer sans fin, au risque de faire perdre confiance à la monnaie ce qui entraînerait une très forte inflation voire une hyperinflation.

Charlie Munder, qui est probablement l’un des investisseurs les plus influents au monde, pense que tôt ou tard nous aurons une économie plus modeste. Pour lui, il est possible que jamais plus ou avant bien longtemps nous n’ayons un niveau d’emploi comme celui que nous venons de perdre. Lui-même, pense fermer des sociétés qui jusque là était tout juste rentable mais qui à l’avenir seront en faillite.

Sur les marchés financiers la situation est exceptionnelle : 75% des meilleurs traders au monde ont perdu de l’argent en mars 2020. Warren Buffet qui est un investisseur à long terme à vient de vendre pour 388 millions $ d’actions. Ce qui est inhabituel de sa part. Des éléments qui démontrent un bouleversement majeur dans l’économie mondiale.

Jour d’après ou jour sans fin...

Il existe trois scénarios de reprise : en V c’est-à-dire rapide comme voudraient s’en convaincre ceux qui font du trading, en U, c’est-à-dire une reprise longue et progressive et en L c’est-à-dire un système économique à réinventer.

Personnellement, je ne crois pas au premier scenario. Le second me semble probable mais pas certain non plus, car les autres nations vont défendre leur beefsteak et nous n’avons pas la même flexibilité, la même mentalité (code du travail, liberté d’entreprendre…). Les USA vont rebondir rapidement, les pays asiatiques vont continuer à produire et nous occidentaux, pénalisés par l’incohérente politique Européenne, allons perdre du temps tandis que les autres auront relancé leur économie depuis un moment… La transition écologique et l’économie verte semble être une merveilleuse opportunité pour convertir notre système social et économique. mais il faudra être très réactif. Alors s’il n’y a pas un gros déclic chez nos gouvernants très rapidement,  autant dire que le jour d’après risque de devenir le jour sans fin !

Les differents scénarios de reprise

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