L’application STOP COVID prépare t’elle le jumeau numérique ?

L’application STOP COVID prépare t’elle le jumeau numérique ?

Disponible depuis ce mardi 2 juin, l’application Stop Covid, mise en place par le gouvernement, censée aider à stoper la propagation du coronavirus vient déjà d’être télécharger par des milliers de français. Pourtant, si la démarche semble bienveillante, elle pose tout de même question, lorsque l’on sait qui se cache derrière…

L’application Stop Covid que vient de lancer le gouvernement, à pour but de prévenir les personnes qu’elles ont été en contact avec d’autres, porteuses du virus. Mais qui en sont les développeurs et qui est chargé du traitement des données ? Ce projet piloté par l’institut de recherche Inria, est mené dans le cadre d’un programme européen. Plusieurs acteurs, publics et privés ont collaboré pour la conception de l’appli. Pour le codage, la Direction interministérielle du numérique (Dinum) est aux commandes. En ce qui concerne la cybersécurité, c’est l’Agence nationale de sécurité informatique (Anssi) qui en est chargé. Mais aussi, six grands groupes privés ont offerts leurs briques technologiques : Orange, pour le Bluetooth et la partie delivery, Dassault Systèmes pour l’hébergement (Outscale), Capgemini, pour les données de santé, Sopra-Steria, pour le développement, Accenture et le cabinet de conseils Sia Partners.

quand les puissants obtiennent ce qu'ils veulent du gouvernement.

Le 6 avril 2020, six PDG de grands groupes (Orange, Dassault Systèmes, Capgemini, Accenture et Sia Partners), ont envoyé une lettre au Premier Ministre, comme l’a fait savoir le journal Les Echos. Ces grands patrons indiquait pouvoir fournir, gracieusement, une application pour sortir de la crise. L’idée était de ne pas fournir une solution concurrente, mais d’associer des technologies avec celles du gouvernement. 
Rappelons au passage, que l’opérateur Orange a travaillé avec les chercheurs de l’Institut français de la recherche médicale (Inserm) sur l’exploitation de données par géolocalisation anonymisées, pour mieux suivre les mouvements de la population en France pendant la pandémie, et alimenter les autorités avec des indicateurs statistiques, pour évaluer les variations de population « avant confinement » et « après confinement ».

Le projet Stop Covid, lancé officiellement le 7 avril 2020 (soit dés le lendemain de la sollicitation des grands groupes au gouvernement), repose sur l’implémentation d’un protocole dénommé ROBERT. ce protocole a donné lieu à un avis du Conseil national du numérique (rendu public le 24 avril 2020) et à une délibération de la CNIL (rendue publique le 26 avril 2020).

Ce processus de développement collaboratif, doit s’ouvrir progressivement pour permettre de proposer des évolutions à l’application, de signaler des bugs, de proposer des changements pour la documentation et de suivre la prise en compte ou non de ces propositions, peut on lire sur le site de la plateforme Gitlab d’Inria qui a été retenue.

Le site de Gitlab de l’Inria, indique se reposer sur des fondements pour guider les développements de l’application Stop Covid, tels que :

  • Le strict respect du cadre de protection des données et de la vie privée
  • La transparence
  • Le respect des principes de souveraineté numérique du système de santé publique
  • Le caractère temporaire du projet
On voudrait bien croire à ces honorables intentions, MAIS, parce qu’il y a toujours un MAIS, ce qui grippe un peu beaucoup : c’est l’hébergeur de l’application  qui va stocker les données. Car oui, il faut bien pouvoir les stocker quelque part ces milliers de données et qui d’autre en France, que Dassault Systèmes a des serveurs hyper performants et hypersécurisés ? Personne…

Outscale, l'imposant bébé de Dassault qui veut devenir grand

Tout le monde à déjà entendu parlé de DASSAULT et notamment de DASSAULT AVIATION. Cet empire industriel, créé en 1916 à partir d’une hélice en bois, qui aujourd’hui pèse des milliards de dollars et qui est LA référence  en conception d’avion de combat dans le monde entier.

Il y a aussi sa filiale, DASSAULT SYSTÈMES, créé en 1981 pour informatiser la conception d’avions. Dassault Systèmes, s’est appuyée sur l’idée de la virtualisation du monde, pour étendre son activité dans le développement et la commercialisation de logiciels professionnels pour tous les domaines, aussi bien industriels (aéronautique et défense, ingénierie et construction, énergie, biens de consommation, etc.) que concernant, entre autres, l’architecture ou les sciences de la vie. Pour renforcer son développement technologique et stratégique, Dassault Systèmes investit dans Outscale. 

Outscale est une entreprise française spécialisée dans le domaine du Cloud Computing qui propose des services d’Infrastructure as a Service (IaaS). Originellement créé pour répondre à la problématique de la souveraineté des données en France, Outscale s’étend finalement à l’international et s’implante en Asie, en Europe et aux États-Unis.

Outscale, qui veut dire « haut de gamme » en français et qui va héberger les données de l’application Stop Covid, innove à grands pas ces derniers temps… Et devinez dans quel domaine elle concentre tous ses efforts actuels ? LA SANTE…

la santé, ce domaine de croissance privilégié par dassault systèmes

Chez les DASSAULT, on est visionnaires de père en fils… En effet, dans un communiqué de presse du 6 février 2020, relayé par Usine Nouvelle, DASSAULT SYSTÈMES annonce la création d’un poste de Chief Operating Officer offert a Pascal Daloz qui devra piloter la croissance de l’entreprise dans le secteur de la santé. 

Capture d'écran article du 6/02/20 dans Usine Nouvelle

Alors, cette nomination tombe au bon moment. Où plutôt, la crise sanitaire tombe à pic pour Dassault Systèmes et son projet de jumeau numérique du corps humain.

Selon les information de d’Usine Nouvelle, Pascal Daloz aurait joué “un rôle crucial” dans l’acquisition de Medidata par Dassault Systèmes. Une opération de 5,3 milliards d’euros annoncée en juin 2019 qui a consolidé les sciences de la vie comme la deuxième plus grande industrie de référence de l’entreprise”, faisait valoir Dassault Systèmes.

Pascal Daloz est chargé de poursuivre ces travaux. Lors de la présentation de ses résultats 2019, l’entreprise a confirmé son ambition dans le secteur de la santé. De la même manière qu’elle a créé un jumeau numérique pour les avions, elle souhaite rendre possible “le jumeau numérique du corps humain” sur sa plateforme 3DEXPERIENCE.

Cette innovation réunirait “les biosciences, les sciences des matériaux et les sciences des informations afin de permettre aux parties prenantes de projeter les données concernant un objet dans un modèle virtuel vivant complet, pouvant être entièrement configuré et simulé.” Concrètement, le jumeau numérique permettrait donc de tester l’effet des médicaments sur une maladie ou les résultats d’une opération chirurgicale avant même que le patient ne soit traité.

Bien entendu, afin d’éviter d’ajouter du crédit à ceux qui nous qualifieraient de complotistes, nous ne dirons pas que les données récupérées grâce à  l’application Stop Covid auxquelles Dassault Systèmes a accés permettront d’être utilisées pour faire avancer leur projet 3DEXPERIENCE et accélérer le jumeaux numérique du corps humain. 

Nous ne disons pas cela. Nous ne disons pas non plus qu’étrangement cela vient corréler avec ce couple de hauts fonctionnaires qui veut faire taire Raoult au nom de la médecine génomique.

Nous disons que nous nous posons des questions et essayons de comprendre. peut être parceque nous sommes simplement un peu trop curieux…

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Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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