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Delphine Ernotte

Contre les mâles blancs
Ingénieur de formation, Delphine Ernotte, née Cunci, le 28 juillet 1966 à Bayonne, a fait toute sa carrière à France Telecom, devenu Orange. Le 16 juin 1990, elle épouse le comédien Marc Ernotte ; elle a deux enfants. Depuis le 22 août 2015, et malgré une intense polémique, elle est présidente de France Télévisions où elle a entrepris de profondes réformes structurelles. Elle s’est engagée dans le projet d’une chaîne d’information continue du service public, FranceInfo. Réélue en 2020, elle se donne comme objectif prioritaire la présence de 25% de “personnes non-blanches” à l’antenne.
Femme la plus influ­ente des médias français, selon GQ (mars 2016), elle est engagée dans un pari risqué tant le navire France Télévi­sions fait eau de toutes parts et est dif­fi­cile­ment manœu­vrable. Par ailleurs, elle est accusée d’être le porte-dra­peau de la reprise en main de l’au­dio­vi­suel pub­lic par Hol­lande en vue de la cam­pagne prési­den­tielle et frag­ilisée par les polémiques insis­tantes autour de sa nom­i­na­tion et de son entourage forte­ment mar­qué à gauche. Alors que tous les indi­ca­teurs sont au rouge – comptes, revenus des pub­lic­ités, échecs des lance­ments des nou­velles émis­sions, celle que beau­coup ver­raient bien « explos­er en vol » alors qu’elle ne con­naît pas grand chose aux médias doit faire ses preuves. Et vite.
Formation
Elle est diplômée de l’É­cole cen­trale de Paris (pro­mo­tion 1989) après une classe pré­para­toire au lycée Hoche de Versailles.
Parcours professionnel
Elle entre à France Tele­com en 1989, comme ana­lyste finan­cière jusqu’en 1993, puis ingénieur écon­o­miste au ser­vice Recherche & Développe­ment jusqu’en 1999. Elle dirige ensuite un réseau de bou­tiques à Paris, puis dirige SDR chez Orange de 2000 à 2004. Repérée par Jean-Paul Cot­tet, puis Thier­ry Bre­ton qui la propulsent dans l’opéra­tionnel, elle est nom­mée direc­trice régionale du Cen­tre-Val-de-Loire de 2004 à 2006, puis direc­trice de com­mu­ni­ca­tion d’O­r­ange de 2006 à 2008. Elle y est chargée notam­ment du renou­veau de la mar­que Orange. En 2008 elle est direc­trice com­mer­ciale France, puis direc­trice grand pub­lic en 2009. En 2010 elle devient direc­trice générale adjointe chargée des opéra­tions France, puis direc­trice générale d’O­r­ange France en 2011.
Elle se retrou­ve con­fron­tée, d’abord sous les ordres de son ancien patron Didi­er Lom­bard, puis comme direc­trice générale d’O­r­ange France elle-même, à la prob­lé­ma­tique des sui­cides de salariés de France Tele­com, causés par un man­age­ment qui leur met­tait trop de pres­sion sur les épaules. Deux vagues ont lieu, l’une en 2008–2009 (une soix­an­taine), l’autre entre début 2013 et mars 2014 (une ving­taine). Cepen­dant, début 2015, Stéphane Richard aimerait l’ex­fil­tr­er d’O­r­ange, avance Medi­a­part : « selon de très bonnes sources, Stéphane Richard a jugé que Del­phine Ernotte avait même intrigué pour essay­er de pren­dre sa place ». Et il chercherait à con­fi­er à un proche, Ramon Fer­nan­dez, le poste qu’oc­cupe Del­phine Ernotte. Elle trou­vera en tout cas, au sein d’O­r­ange, d’ex­cel­lents appuis pour par­tir à la con­quête de France Télévi­sions, notam­ment Xavier Cou­ture et David Kessler, avance le média d’investigation.
Le 23 avril 2015, Del­phine Ernotte est élue par les mem­bres du Con­seil supérieur de l’au­dio­vi­suel à la prési­dence de France Télévi­sions pour rem­plac­er Rémy Pflim­lin à par­tir du 22 août 2015 et pour une durée de cinq ans. Cette nom­i­na­tion a immé­di­ate­ment causé une intense polémique, notam­ment car elle n’a jamais été jour­nal­iste et n’a jamais dirigé de média. Elle est dénon­cée par plusieurs syn­di­cats et médias – dont le Nou­v­el Obs et Medi­a­part – comme une preuve sup­plé­men­taire de la main­mise de l’en­tre-soi politi­co-économique sur le monde médi­a­tique, et notam­ment sur les médias publics. Les rédac­tions de France 2 et de France 3 dénon­cent une procé­dure « opaque » qui a con­duit à sa nom­i­na­tion, tan­dis que plusieurs jour­nal­istes – dont Lau­rent Mauduit (Medi­a­part) – dénon­cent des « irrégu­lar­ités », comme le pla­giat par Del­phine Ernotte du pro­jet de son con­cur­rent Didi­er Quillot.
Olivi­er Schrameck, prési­dent du CSA, a en effet changé la procé­dure d’usage, comme l’ex­plique le Monde (30 avril 15). Les huit con­seillers « pen­saient que cha­cun des con­seillers cocherait des cas­es dans la liste des 33 can­di­dats en lice : les pos­tu­lants ayant reçu cinq voix seraient de fac­to retenus pour audi­tion, mais le col­lège dis­cuterait ensuite des cas ayant obtenu moins de voix ». Or le jour du scrutin, Schrameck a imposé un vote à bul­letin secret sur chaque can­di­dat par ordre alphabé­tique, ce qui sem­ble avoir « per­mis, à un bloc de qua­tre mem­bres du CSA de favoris­er l’élimination de can­di­dats sérieux, dès l’établissement de la liste des sept can­di­dats à audi­tion­ner. Il s’agirait des qua­tre con­seillers ayant opté pour Del­phine Ernotte dès le pre­mier tour du vote final, qui en comptera trois : Olivi­er Schrameck et la con­seil­lère chargée de l’audiovisuel pub­lic, Sylvie Pierre-Brosso­lette, nom­més début 2013, ain­si que Nathalie Sonnac et Nico­las Curien, arrivés début 2015 », et qui selon Medi­a­part sont redev­ables de leur nom­i­na­tion à Schrameck. Cepen­dant une plainte déposée par les syn­di­cats CGC-Médias et CFDT Médias France Télévi­sions con­tre Olivi­er Schrameck pour abus d’au­torité et traf­ic d’in­flu­ence a été classée sans suite par le par­quet de Paris en juil­let 2016. La CGC Médias a déposé une nou­velle plainte avec con­sti­tu­tion, cette fois, de par­tie civile.
Au sein de France Télévi­sions, elle ne se fait pas que des amis avec l’évic­tion suc­ces­sive de Philippe Verdier – le pré­texte offi­ciel est qu’il a util­isé l’im­age du groupe pour la pro­mo­tion de son livre, l’of­fi­cieux, c’est qu’il a osé remet­tre en cause la théorie du réchauf­fe­ment cli­ma­tique –, Julien Lep­ers (Ques­tions pour un cham­pi­on) et de Pas­cal Golom­er. Elle a aus­si sup­primé plusieurs émis­sions, dont Des paroles et des actes (France 2), boulever­sé Envoyé Spé­cial présen­té depuis 15 ans par Françoise Joly et Guilaine Chenu, qui ont été écartées, ou encore arrêté Médias le Mag (France 5), 30 mil­lions d’Amis, qui avait 40 ans d’an­ci­en­neté, Com­ment ça va bien ?, Toute une his­toire, On n’est pas des cobayes ou encore On n’est pas des pigeons.
Par ailleurs ses déc­la­ra­tions fra­cas­santes, notam­ment sur le fait que la chaîne est « une télévi­sion d’hommes blancs de plus de 50 ans » et son engage­ment pour la par­ité homme-femme, trou­blent les habi­tudes internes. Elle incar­ne aus­si une reprise en main de l’au­dio­vi­suel pub­lic par le pou­voir, afin d’as­sur­er la cam­pagne prési­den­tielle de François Hol­lande. La créa­tion d’une chaîne d’in­for­ma­tion con­tin­ue s’in­scrirait avant tout dans cet objec­tif, selon cer­taines sources internes. Elle n’a en effet pas de jus­ti­fi­ca­tion économique – le marché des chaînes d’in­for­ma­tion con­tin­ue sur la TNT est sat­uré, et la part de marché atteinte est min­ime, 0,2% des PDM en moyenne fin sep­tem­bre d’après Le Parisien, après un pic à 0,8% au moment du lance­ment de la chaîne, l’ef­fet de curiosité jouant à plein. Et son équili­bre économique est mal par­ti : bud­geté à l’o­rig­ine à 6 mil­lions d’€ (dont 1,5 mil­lions pour Radio France), elle coûtera déjà 18 mil­lions d’€ à l’an­née (dont 3,5 mil­lions pour Radio France), tan­dis que le syn­di­cat CGC-Médias annonce « jusqu’à 50 mil­lions d’€ de coût annuel » pour cette chaîne.
Par ailleurs, d’autres indi­ca­teurs passent au rouge. Selon la CGC-Médias qui pub­lie les comptes soci­aux en 2015, « le groupe France-Télévi­sions est en fail­lite », vic­time d’une mon­tagne de pertes cumulées (218 mil­lions d’€ en cinq ans) sous la prési­dence Pflim­lin, d’une éro­sion des cap­i­taux pro­pres (de 496 mil­lions d’€ fin 2010 à 270 mil­lions d’€ fin 2015), une hausse du coût des pro­grammes achetés (+130 mil­lions d’€) et d’une tré­sorerie néga­tive, comblée par l’emprunt (134 mil­lions d’€ de déficit en 2015). Les audi­ences de France Télévi­sions n’ont jamais été aus­si bass­es avec 12,5% de parts de marché pour France 2, et moins de 10% pour France 3 en sep­tem­bre 2016, selon e‑alsace. Les recettes pub­lic­i­taires dévis­sent – 18 mil­lions d’€ man­quent déjà par rap­port aux prévi­sions 2016, et 120 mil­lions d’€ de recettes ont été per­dus en cinq ans, selon la CGC-Médias.
Les économies ne font pas l’u­na­nim­ité… comme la dégra­da­tion de la qual­ité de la dif­fu­sion de France O, dédiée à l’outre-mer. Pas plus que les réor­gan­i­sa­tions cen­sées coller à la nou­velle carte admin­is­tra­tive : syn­di­cats et per­son­nels de France Télévi­sions, à l’ex­cep­tion notable de la très puis­sante CGT, cri­tiquent le pas­sage prévu de 5 à 13 pôles – un par nou­velle région admin­is­tra­tive – sur France 3. Et la rede­vance ne cesse d’aug­menter, encore 2€ sup­plé­men­taires en 2017, et 14 en tout depuis le début du man­dat de François Hol­lande. Sans oubli­er la rocam­bo­lesque affaire de la pro­gram­ma­tion puis de la dépro­gram­ma­tion d’un Envoyé Spé­cial sur l’af­faire Byg­malion, réal­isée par Elise Lucet – elle a été finale­ment dif­fusée après un feuil­leton qui a fait les choux gras de la presse, et qui risque de coûter sa place à Del­phine Ernotte en 2017, si Nico­las Sarkozy revient aux affaires. Bref, tout va mal.
En octo­bre 2016, la Cour des comptes dans son rap­port sur le groupe audio­vi­suel pub­lic entre 2009 et 2015 est pass­able­ment cri­tique vis-à-vis de la ges­tion de l’en­tre­prise par Remy Pflim­lin, prédécesseur de Del­phine Ernotte. BFM-Busi­ness annonce qu’elle touche un salaire fixe de 322 000 euros brut par an, avec un bonus vari­able pou­vant aller jusqu’à 78 000 euros, soit un total de 400 000 euros bruts par an. Del­phine Ernotte répond qu’il s’ag­it du même salaire que celui de son prédécesseur.
Durant la cam­pagne prési­den­tielle de 2017, elle doit faire face à plusieurs dif­fi­cultés, entre des cri­tiques con­cer­nant L’Émis­sion poli­tique, le peu de suc­cès des émis­sions d’après-midi de France 2 ain­si que des audi­ences en berne.
L’évic­tion de David Pujadas à la ren­trée 2017 pour le JT de France 2 lui vaut de nou­velles cri­tiques, tout comme d’autres évic­tions – celles de Thomas VDB et Math­ieu Madén­ian en mars 2017 notam­ment ; ils avaient été finale­ment récupérés par W9. Julien Lep­ers, Françoise Joly et Guil­laume Chenu avaient aus­si été éjec­tés par Del­phine Ernotte.
La croisade idéologique d’Ernotte ne doit pas faire oubli­er les objec­tifs économiques qui lui ont été fixés lors de sa nom­i­na­tion : elle est chargée de pilot­er un plan de redresse­ment des comptes total­isant 200 mil­lions d’euros sur cinq ans, tout en dou­blant les ressources allouées au numériques, alors même que la réforme de la rede­vance audio­vi­suelle ampute son bud­get de 70 mil­lions d’euros. Exit France 4 et France Ô, ves­tiges d’un ser­vice pub­lic dis­pendieux et bien doté, et bien­v­enue à Salto, la plate­forme de télévi­sion de rat­tra­page et de vidéo à la demande de con­tenus français qui devrait mutu­alis­er les pro­duc­tions de chaînes publiques et privées (TF1, M6, France Télévi­sions), elles-mêmes coac­tion­naires de Salto. Le chantier traîne en longueur, les chaînes ne souhai­tant pas met­tre leurs audi­ences en péril en livrant leurs pro­grammes phares sur la plate­forme, et le souhait de con­cur­rencer les ogres du secteur (Dis­ney +, Net­flix, Ama­zon Prime) résonne comme un vœu pieux pour beau­coup d’observateurs, hormis Ernotte qui tient là un enjeu impor­tant de son man­dat. Fran­cis Guth­leben, ancien cadre de France Télévi­sions et auteur de Sauvons France Télévi­sions cri­tique verte­ment cette déci­sion inutile­ment coû­teuse et trop tardive :
« Salto est un fias­co annoncé. Le bud­get est ridicule. C’est trop tard : le nom­bre de plate­formes dans le paysage audio­vi­suel est suff­isant. Net­flix, c’est six mil­lions d’abon­nés en France. Molo­tov, c’est dix mil­lions d’u­til­isa­teurs réguliers. Dis­ney arrive le 24 mars. L’au­dio­vi­suel pub­lic risque de se diluer dans un groupe privé. Pay­er un abon­nement pour accéder au replay de con­tenus audio­vi­suels publics qu’on a déjà financés une pre­mière fois avec sa rede­vance, ça ne tien­dra pas ! ».
Ernotte a beau pré­cis­er lors d’une audi­tion à la com­mis­sion des affaires cul­turelles de l’Assemblée que « Salto va pren­dre 0 euros de rede­vance » et qu’il « s’ag­it d’un entre­prise dans laque­lle on coin­vestit », le scep­ti­cisme reste de mise, compte tenu de la manne qu’elle représente tou­jours pour le groupe (2,5 mil­liards d’euros par an). En par­al­lèle, un plan de départs est mis en œuvre dans l’intention de sup­primer 900 postes à l’horizon 2020.
Elle est recon­duite pour un sec­ond man­dat en juil­let 2020. Elle s’attelle à met­tre sur pied des col­lab­o­ra­tions entre France 3 et France Bleu pour les mati­nales des régions, puis entre France Télévi­sions et Radio France, afin de créer « un grand média numérique de la vie locale », ain­si qu’elle le présente dans son audi­tion au Sénat.
Parcours militant
Del­phine Ernotte n’est pas encar­tée elle-même, ne l’a jamais été ni a été un sou­tien pub­lic de tel ou autre can­di­dat. Cepen­dant, d’après le jour­nal libéral L’Opin­ion (2/6/2016) une par­tie de son entourage l’est, et est mar­qué à gauche : « Son directeur de cab­i­net, Stéphane Sit­bon-Gomez, était con­seiller de Cécile Duflot au min­istère du Loge­ment ; son assis­tante, Cather­ine Bessis, est con­seil­lère munic­i­pale d’opposition dans le XVe arrondisse­ment de Paris et se présente sur son compte Twit­ter comme “Mil­i­tante — PS” ; son con­seiller en com­mu­ni­ca­tion “bénév­ole” Denis Pin­gaud est un vis­i­teur du soir de François Hol­lande et proche de Michel Field, nom­mé suc­ces­sive­ment patron de France 5 puis directeur de l’information en décem­bre ; sa sœur, Marie-Chris­tine Lemarde­ley, est adjointe à la Maire de Paris ; et de manière plus anci­enne toute­fois, Ger­main Dagognet, transfuge de TF1, fut à la fin des années qua­tre-vingt chargé de com du cab­i­net de Lionel Jospin ». Elle affirme cepen­dant à Pure­me­dias (9 mai 2016) ne pas porter d’idéolo­gie poli­tique… ce qui ne l’au­ra pas empêchée d’ar­rêter, notam­ment pour des raisons poli­tiques selon plusieurs médias, Des Paroles et des actes.
Collaborations

Le 24 mai 2012, Del­phine Ernotte est élue prési­dente du comité « Éthique et Développe­ment durable » et mem­bre du Comité d’audit et des comptes de Suez Environnement.
Elle pré­side le con­seil d’ad­min­is­tra­tion de l’É­cole nationale supérieure de la pho­togra­phie d’Arles.
Elle est mem­bre du con­seil d’ad­min­is­tra­tion de l’École cen­trale de Paris
Elle fait par­tie aus­si du CA de l’étab­lisse­ment cul­turel « le cent-qua­tre » à Paris.
Elle est mem­bre du CA de Suez Environnement
Elle est coop­tée au sein du club Le Siè­cle en novem­bre 2013.
Elle a créé au sein d’O­r­ange le réseau Innov’elles, pour pro­mou­voir la par­ité homme-femme au sein d’O­r­ange, notam­ment aux fonc­tions dirigeantes.

Publications
Avec son mari comé­di­en, Marc Ernotte, elle a écrit et mis en scène une pièce, « Sceptick », l’his­toire d’un SDF opti­miste, des­tinée à un jeune pub­lic. Elle ne sem­ble avoir eu qu’un suc­cès mod­este et local, puisqu’elle n’a été jouée que quelques soirs au Phénix de Valen­ci­ennes en 2000.
Ce qu’elle gagne
Elle affirme avoir divisé son salaire par deux en venant à France Télévi­sions. Selon Cap­i­tal, elle était payée plus de 700 000 € chez Orange. Son prédécesseur Rémy Pflim­lin touchait, selon BFM Busi­ness qui a dévoilé un doc­u­ment du min­istère des Finances, 400 000 € par an dont 322 000 € de salaire fixe.
Sa nébuleuse

Fleur Pel­lerin et Najat Val­laud Belka­cem dans le gou­verne­ment Hollande.
Anne Hidal­go, maire de Paris.
David Kessler, Xavier Cou­ture, Denis Pin­gaud, Matthieu Gal­let, Anne Hom­mel, Sylvie Pierre-Brosso­lette pour le monde politico-médiatique.
Diego Buñuel : petit fils du cinéaste, ancien respon­s­able de doc­u­men­taires pour l’Europe chez Net­flix, il est nom­mé directeur des pro­grammes de France Télévi­sions en juin 2020 pour appro­vi­sion­ner Salto en con­tenus orig­in­aux et novateurs.

Elle l’a dit
« Il faut impéra­tive­ment que France Télévi­sions soit à l’im­age, résonne avec son pub­lic, et hon­nête­ment, en arrivant, mon pre­mier con­stat, c’est que ce n’est pas le cas. On a une télévi­sion d’hommes blancs de plus de 50 ans et ça, il va fal­loir que ça change ». Sur Europe 1, 23 sep­tem­bre 2015
« Je n’ai besoin de l’au­tori­sa­tion de per­son­ne pour lancer une chaîne d’in­for­ma­tions (…) J’ai tou­jours été très claire, c’est un pro­jet prési­den­tiel. Le CSA m’a nom­mée avec ce pro­jet », devant l’As­so­ci­a­tion des Jour­nal­istes Médias, 31/8/2015.
« Je demande le fro­mage et le dessert, hausse de la pub­lic­ité et de la rede­vance. Sinon il fau­dra couper quelque part […] Le risque poli­tique m’échappe. L’ac­tion­naire, c’est l’E­tat, et il pren­dra ses respon­s­abil­ités, moi les miennes. Mon rôle, c’est de défendre mon bout de gras auprès de lui », idem.
« Le fait que je sois proche de l’Elysée, nom­mée par l’Elysée, c’est une pure calom­nie. Je n’avais jamais ren­con­tré le prési­dent, je l’ai vu après ma nom­i­na­tion. D’ailleurs on en a plaisan­té, il m’a dit “il paraît que je vous ai nom­mé mais on ne se con­naît pas”. Mais c’est clas­sique… Je ne suis pas une femme poli­tique. Je suis arrivée ici car je suis une femme d’en­tre­prise. Je ne suis pas là pour porter une idéolo­gie, je trou­ve ça mal­sain. Ma com­pé­tence n’est pas d’être de droite ou de gauche. Elle est d’être une femme d’en­tre­prise, et je le revendique », Ozap / Puremedias.com 09 mai 2016
« Quand je suis arrivée en août 2015, j’ai été frap­pée par le nom­bre de passerelles en verre qui exis­tent dans notre bâti­ment. C’est à l’im­age de la mis­sion prin­ci­pale de la télévi­sion publique : faire le pont entre les gens et la réal­ité. Notre rôle est de don­ner à voir et à com­pren­dre. Le vrai mar­queur pour moi, c’est le ren­force­ment très net de l’of­fre cul­turelle. A la ren­trée, il y aura une émis­sion cul­turelle sur toutes les chaînes à une heure de grande écoute, on ren­forcera l’ex­po­si­tion du théâtre, de l’opéra. Nous serons cette passerelle entre le pub­lic et le monde de la créa­tion », Le Parisien 30/6/2016
« Le ser­vice pub­lic peut pren­dre des risques », Les Échos, 26/7/2016
« Les syn­di­cats s’in­quiè­tent de la poly­compé­tence, tel par exem­ple, un jour­nal­iste qui fera du mon­tage. Nous voulons “détay­loris­er” le tra­vail au sein de France Télévi­sions. Nous allons revoir l’ac­cord sur les métiers pour instau­r­er une nou­velle donne. Mais cela se fera dans le dia­logue et dans la durée. Et, fran­ce­in­fo: sera un lab­o­ra­toire », ibid. Cepen­dant le Canard Enchaîné fait état le 28 sep­tem­bre d’une con­damna­tion, le 13, de France Télévi­sions pour con­fu­sion des métiers de jour­nal­iste et de mon­teur ; le groupe audio­vi­suel pub­lic a fait appel.
« Nos publics revendiquent d’être mieux représen­tés, en matière de par­ité, de couleur de peau, de hand­i­cap, d’origine géo­graphique et sociale. La dis­tor­sion entre la réal­ité et sa représen­ta­tion est trop grande. Nous allons donc éval­uer la représen­ta­tion à l’antenne afin de nous fix­er des objec­tifs pour 2021. D’après le CSA, les per­son­nes « perçues comme non blanch­es » représen­teraient env­i­ron 25 % de la société française con­tre 15 % à la télévi­sion. On a un énorme rat­tra­page à faire. Ce sera le fil rouge de mon nou­veau man­dat », Le Monde, 16/11/2020.
On l’a dit à son sujet
« En désig­nant Mme Del­phine Ernotte Cun­ci, le Con­seil a fait le choix de con­fi­er la prési­dence de France Télévi­sions à une femme dotée de solides com­pé­tences de man­age­ment et d’une expéri­ence recon­nue dans la ges­tion du dia­logue social, qui a exer­cé des fonc­tions de direc­tion au sein de l’un des plus grands groupes numériques européens, imprégné d’une forte cul­ture de ser­vice pub­lic. » Com­mu­niqué du CSA, 23 avril 2015
« Del­phine Ernotte est très “réseautée” : elle est amie des min­istres Fleur Pel­lerin et Najat Val­laud-Belka­cem. Stéphane Richard, prési­dent d’O­r­ange, l’a aidée à trou­ver un point de chute car il deve­nait évi­dent que la place de numéro un qu’elle pou­vait briguer à une péri­ode ne lui était plus des­tinée. Elle a égale­ment été aidée par David Kessler (ex-Elysée), Xavier Cou­ture (ex-TF1 et Canal+) et par le lob­by­iste Denis Pin­gaud, qui avait fait la cam­pagne de Math­ieu Gal­let ». Le Nou­v­el Obs, 23 avril 2015
« En la per­son­ne de Del­phine Ernotte, jusque-là direc­trice générale adjointe d’Orange et direc­trice exéc­u­tive d’Orange-France, c’est une per­son­ne sans la moin­dre expéri­ence des enjeux télévi­suels – ni des pro­grammes, ni de l’information ! – qu’une très courte majorité des mem­bres du CSA a pris le respon­s­abil­ité de porter à la prési­dence du groupe pub­lic. Et si cela a été pos­si­ble, c’est par un con­cours stupé­fi­ant de jeux d’influence mul­ti­ples », Medi­a­part, 16 mai 2015
« Del­phine Ernotte a prof­ité d’un con­cours de cir­con­stances et d’un con­cert de manœu­vres, de pres­sions et d’irrégularités, mis exclu­sive­ment à son ser­vice. […] On fait nom­mer et on influ­ence quelques con­seillers, on écarte sans jus­ti­fi­ca­tion sérieuse des rivaux dan­gereux, on plagie le pro­jet d’un can­di­dat et on promeut une femme, tout cela dans un cli­mat de con­nivence et de clien­télisme aux antipodes de la trans­parence que l’audiovisuel aurait exigée » Philippe Bil­ger, Boule­vard Voltaire, 22 mai 2015
« Selon Del­phine Ernotte, il y aurait trop d’hommes blancs de plus de 50 ans à la télévi­sion. J’e­spère qu’elle ne les a pas comp­tés, car les sta­tis­tiques raciales sont pro­hibées. Il est vrai qu’elle risque moins d’en­nuis que le maire de Béziers, puisqu’elle appar­tient au camp du Bien. Celui qui a le droit de faire du racial­isme tran­quille. Ren­seigne­ments pris, la dame n’a nom­mé que des blancs. À com­mencer par son bras droit. Comme il était le prin­ci­pal col­lab­o­ra­teur de Mme Duflot, il lui sera excusé sa couleur. Un mâle blanc de gauche est un blanc bien et droit. » Valeurs Actuelles, 28 sep­tem­bre 2015
« A la fin des années 1990, je cher­chais un directeur d’a­gence, Del­phine s’est présen­tée alors qu’elle n’avait aucune des com­pé­tences req­ui­s­es !, sourit le directeur exé­cu­tif d’O­r­ange. Ce culot m’a plu, je lui ai pro­posé autre chose. », Jean-Paul Cot­tet au sujet de Del­phine Ernotte, Cap­i­tal, 20 jan­vi­er 2016
« Elle a un côté chef de guerre. Stéphane Richard dîne avec Xavier Niel ou appelle Mar­tin Bouygues quand il est mort (sic), mais elle préfère garder ses dis­tances avec ceux qu’elle voit comme des adver­saires », un cadre à son sujet, ibid.
« Elle est tal­entueuse, ambitieuse, avec plus de réseaux poli­tiques qu’elle ne le dit », Stéphane Richard à son sujet, ibid.
« Au siège de France Télévi­sions, depuis quelques semaines, une let­tre cir­cule, écrite par un mys­térieux cor­beau apparem­ment bien infor­mé. Ce cour­ri­er pré­tend que Del­phine Ernotte, au moment de son départ de France Tele­com (où elle était direc­trice exéc­u­tive), était engagée dans une procé­dure de licen­ciement. Pourquoi c’est crédi­ble ? Parce que son départ facilit­erait les dis­cus­sions avec Bouygues Tele­com, que Stéphane Richard, patron d’Orange, souhaite racheter. Une opéra­tion qu’elle ne voy­ait sem­ble-t-il pas d’un bon œil, craig­nant de per­dre son job au prof­it d’Olivier Rous­sat, actuel PDG de Bouygues Tele­com », Atlanti­co, 2 févri­er 2016
« Depuis qu’elle est arrivée ici, elle ne pense qu’à ça [la chaîne d’in­for­ma­tion con­tin­ue]. C’est son obses­sion. Sans doute espère-t-elle mar­quer de son empreinte l’histoire de France Télé », un jour­nal­iste cité par le TéléObs, 1er sep­tem­bre 2016.
« Piégée par son directeur de l’information, Michel Field, la prési­dente de France Télévi­sions ne cache plus sa colère. Et à juste titre. A aucun moment elle a eu véri­ta­ble­ment la main sur un dossier lam­en­ta­ble­ment géré. Frag­ilisée, prise en étau entre un Nico­las Sarkozy aux abois et une rédac­tion sur le qui-vive guer­ri­er, en équili­bre sur le fil de rasoir, Del­phine Ernotte s’est mis durable­ment à dos l’ancien chef de l’état, qui n’oubliera sans doute pas cet épisode », Renaud Rev­el, Immé­dias, 9 sep­tem­bre 2016.
« Fal­lait-il dif­fuser cette inter­view [de Bernard Attal], quand la total­ité de ce doc­u­ment est pro­gram­mé pour la fin sep­tem­bre? Bien, évidem­ment non. En cédant aux oukas­es d’Elise Lucet et de la rédac­tion de France 2, Del­phine Ernotte et Michel Field ont là encore foulé aux pieds quelques règles élé­men­taires. Ils instil­lent égale­ment l’idée que dans cette par­tie de ball-trap Nico­las Sarkozy con­stitue une cible priv­ilégiée. Et qu’Alain Jup­pé, dont Del­phine Ernotte s’est dis­crète­ment rap­proché, un pos­si­ble recours… », ibid.
« Instal­lée à la tête d’Envoyé spé­cial la très, (très), indépen­dante jour­nal­iste de France 2 appa­raît comme un trublion incon­trôlable et une vestale de l’info intouch­able. Imposée par Michel Field à la tête d’un mag­a­zine qui se promet d’être déca­pant, cette voltigeuse de l’info, à qui l’on doit notam­ment une enquête urticante sur l’affaire Bymalion est le cail­lou dans la chaus­sure. Si d’aucuns con­tes­tent en interne le courage et les qual­ités de cette jour­nal­iste, véri­ta­ble fig­ure de la mai­son, sa propen­sion à dégoupiller sans crier gare donne des fris­sons. En tous les cas à sa pédégère. Le car­ac­tère inquisi­toire de nom­bre de ses reportages et ses mis­es au pilori, sans aucun préavis, inquiè­tent », Imme­dias, 29 sep­tem­bre 2016.
« Del­phine Ernotte ne fait pas par­tie des sept dirigeants dont le par­quet a demandé le ren­voi en cor­rec­tion­nelle après la série de sui­cides inter­venus en 2008 et 2009. Au con­traire, c’est durant cette péri­ode trag­ique qu’elle se fait remar­quer, lorsqu’elle accepte, alors que rien ne l’y oblig­eait, de témoign­er sur France 3. « Elle a fait preuve d’une grande droi­ture, de courage, d’une capac­ité à  recon­naître les erreurs qui avaient pu être com­mis­es, et qui d’ailleurs n’étaient pas les siennes, se sou­vient l’anci­enne min­istre de la Cul­ture Chris­tine Albanel, aujourd’hui direc­trice exéc­u­tive chez Orange.Elle n’a jamais été dans l’évitement. Puis je l’ai vue chang­er quand elle a pris la direc­tion d’Orange France et de ses 80 000 salariés. Elle s’est épanouie. C’est une femme qui n’a pas peur du pou­voir, qui aime se bat­tre et faire des choses. » La voici aujourd’hui dans la lumière. Lors de sa pre­mière conférence de presse, le 31 août 2015, elle étonne par son vocab­u­laire fleuri : Har­ry Rosel­mack sur France 2 ? « Une con­ner­ie » ; le modèle de dif­fu­sion actuel ? « Il se casse la gueule » ; les dirigeants de Net­flix se préoc­cu­pent-ils de l’excep­tion cul­turelle ? « Ils s’en bat­tent la cra­vate »… Ce qui ne l’empêche pas d’arracher à l’État une ral­longe excep­tion­nelle de 25 mil­lions d’euros et de con­train­dre plusieurs sociétés de pro­duc­tion à baiss­er leurs tar­ifs. », Marie Claire, 5 octo­bre 2016
« En ver­tu d’une tra­di­tion répub­li­caine et cathodique, Nico­las Sarkozy est accueil­li ce soir par la prési­dente de France Télévi­sions avant d’en­tr­er sur le plateau de l’E­mis­sion poli­tique. Il en prof­ite pour entre­pren­dre Del­phine Ernotte sur l’émis­sion de la chaîne Envoyé Spé­cial con­sacrée à l’af­faire Byg­malion. L’émis­sion n’est pas du goût de [Sarkozy]. Il l’a fait savoir très sèche­ment à Del­phine Ernotte, avant de con­clure par un glacial “Sou­venez-vous que dans quelques mois je serai votre action­naire de référence”. Le directeur de l’in­for­ma­tion Michel Field, soupçon­né par une par­tie de la rédac­tion de con­nivence avec le clan Sarkozy, s’est arrangé pour ne pas assis­ter à la scène », Chal­lenges, « Nico­las Sarkozy passe un savon à Del­phine Ernotte », n°490, 22 sep­tem­bre 2016.
« Je salue égale­ment Madame Del­phine Ernotte, la prési­dente de France Télévi­sions qui, entre deux licen­ciements, est venue se dis­traire », Nico­las Bedos, 29/05/2017 lors de la 29e céré­monie des Molières
« C’est une idéo­logue, elle représente cette gauche cul­turelle de l’entre-soi qui pense que la télé doit être sym­pa et bobo. Ça ne la dérange pas de s’adresser à un petit milieu parisien : tant que ça plaît à 10 000 ‘twit­tos’, elle est heureuse », un pili­er de France Télévi­sions à son sujet, Valeurs Actuelles, 30 juin 2017.
« Ernotte ne com­prend rien, elle veut tout révo­lu­tion­ner. France Télévi­sions est un paque­bot. Un change­ment si bru­tal peut tout faire chavir­er », un jour­nal­iste à son sujet, ibid.
« Ingénieur, cette fille de médecin a évolué pen­dant toute sa car­rière dans des milieux mas­culins. Au point de dévelop­per, selon les mots de ceux qui tra­vail­lent avec elle, une véri­ta­ble “haine du mâle blanc”. Chez Jean-Pierre Elk­a­b­bach, elle pré­ci­sait sa pen­sée au moment de deman­der du change­ment : “met­tre des femmes, des jeunes, toutes les orig­ines”. Ce pré­cepte est appliqué en juin 2016, alors qu’il faut choisir qui suc­cédera à Marie Druck­er comme jok­er de Lau­rent Dela­housse à la présen­ta­tion des JT du week­end. Trois pro­fils émer­gent des cast­ings internes. La rédac­tion en chef fait son choix, mais Del­phine Ernotte inter­vient pour impos­er un nom qui n’avait pas retenu l’attention. Leïla Kad­dour- Bouda­di, 36 ans, d’origine algéri­enne, sera le nou­veau vis­age de l’information de France 2. En interne, ses per­for­mances sont sévère­ment cri­tiquées », ibid.
« Côté grille des pro­grammes, le plus vis­i­ble pour le grand pub­lic, elle entame un grand ménage quelques mois à peine après s’être instal­lée. Exit des émis­sions his­toriques comme «30 mil­lions d’amis” ou «Ce soir ou jamais». À la ren­trée dernière, les téléspec­ta­teurs de France 2 ont vu leurs après-midis com­plète­ment cham­boulés, décou­vrant de nou­veaux vis­ages, avec Thomas Thouroude ou Aman­da Scott… Un échec. La stratégie d’élar­gisse­ment du pub­lic et de mon­tée en gamme ne paie pas, les téléphages de cette tranche horaire ne recon­nais­sent plus leur chaîne. L’au­di­ence de France 2 est tombée à son plus bas niveau his­torique à l’au­tomne. Il faut alors revoir la copie, opér­er de nou­veaux change­ments. Sans effets nota­bles: les après-midis sont tou­jours en berne et l’au­di­ence a touché un nou­veau planch­er en mars (12,1%) », Les Échos, 14 avril 2017
« Chez Orange, elle était à la fois une femme dans un milieu d’hommes et une cen­trali­enne dans un état-major de poly­tech­ni­ciens. Chez France Télévi­sions, elle est une ingénieure dans un monde, sinon d’artistes, du moins de semi-saltim­ban­ques. Un com­bat per­ma­nent », ibid.
« Del­phine Ernotte, nom­mée par le CSA pour ses com­pé­tences man­agéri­ales et sa con­nais­sance des tuyaux télécoms, n’a de toute évi­dence pas gag­né la con­fi­ance de sa tutelle. Plus grave dans ce puits de rumeurs et de règle­ments de compte qu’est le Tout-Paris médi­a­tique: elle a per­du à chaque fois la bataille face aux femmes-min­istres de la Cul­ture qui se sont suc­cédé, d’un quin­quen­nat à l’autre. Fleur Pel­lerin, peu prisée des milieux cul­turels, flir­tait avec le secteur numérique qu’elle a fini par intégrer, à la tête d’un fonds d’investisse­ment.Audrey Azoulay, aujourd’hui patronne de l’Unesco, avait le Tout-Paris du cinéma à ses pieds. Françoise Nyssen, grande dame d’Actes Sud, est l’incar­na­tion d’une sorte de ser­vice pub­lic des let­tres: «L’équa­tion est sim­ple: un ser­vice pub­lic fort de l’audio­vi­suel a besoin d’un prési­dent fort qui sache le défendre», nous expli­quait, avant son décès, Rémy Pflim­lin, dépité d’avoir été recalé pour un sec­ond mandat.Reste un atout para­dox­al à l’intéressée: sa dis­crétion. Et l’exis­tence d’un adver­saire hors cadre, l’alliance des géants numériques Google et Net­flix, sus­cep­ti­ble de faire vac­iller tout l’écosystème de la pro­duc­tion télévi­suelle française. Après la révo­ca­tion du PDG de Radio France Math­ieu Gal­let pour «favoritisme», Del­phine Ernotte est en plus seule à incar­n­er la con­ti­nu­ité. Elle ou le chaos? «Sa ténac­ité a été jusque‑là remar­quable, juge le député européen Jean-Marie Cava­da, ex-PDG de Radio France. Or le ser­vice pub­lic, face aux oura­gans pop­ulistes et numériques, a besoin de dirigeants capa­bles de résis­ter» », Le Temps, 7 févri­er 2018.
« D’une part, et Del­phine Ernotte, la patronne de France Télévi­sions, l’a claire­ment expliqué, pas un euro de la rede­vance ira dans cette inévitable sor­tie de route finan­cière. On se demande com­ment seront trou­vés les 120 mil­lions de mise ini­tiale au pro­jet ; France Télévi­sions avait prob­a­ble­ment gardé des noisettes dans une cave et apuré ses déficits des années passées, voilà tout.D’autre part, il ne faut jamais oubli­er qu’avec l’État comme patron, on peut tout se per­me­t­tre, y com­pris mar­tyris­er les con­cur­rents en util­isant les pré­textes les plus bidons, ce que ne se prive cer­taine­ment pas de faire la même Del­phine dont l’épaisseur idéologique autorise toutes les acro­baties, y com­pris le salto, donc : puisque la con­cur­rence, c’est méchant, et que Net­flix, Prime et Dis­ney Plus sont des super-con­cur­rents donc des super-méchants, il faut absol­u­ment met­tre en place un véri­ta­ble « arse­nal légis­latif » pour men­er à bien la « guerre cul­turelle » qui va oppos­er le nou­veau petit Français aux géants améri­cains. », h16, Con­tre­points, 15 jan­vi­er 2020.
Crédit pho­to : Christophe Pel­leti­er via Flickr (cc)

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