Crise sanitaire : La courbe de la honte !

Crise sanitaire : La courbe de la honte !

Nous sommes en guerre… a martelé le marquis poudré. En effet, la situation difficile que nous vivons est le résultat combiné de la défaillance systémique de notre politique de santé et de notre impuissance à apporter les bonnes réponses à cette épidémie, résultant d’une guerre à la dépense publique pour complaire à l’UE au détriment des français.

Les dernières données en provenance d’Italie le confirment : ce virus est dangereux pour les personnes souffrant de ces pathologies chroniques, ces « maladies de civilisation » qui seraient à 80% évitables si on avait une politique de santé digne de ce nom.

La vérité est qu’à peu près rien n’a été réellement fait au cours des décennies écoulées pour protéger la population contre les principaux facteurs de risque (que sont la malbouffe, la pollution, le stress et la sédentarité) malgré des dégâts sanitaires monstrueux. Actuellement, c’est cette population déjà atteinte dans sa santé qui est frappée : Plus de 98% des victimes en Italie (parmi les 2’500 premiers morts) souffraient d’une à trois maladies chroniques, avec des taux de 75% de tension artérielle élevée, 35% de diabète, 30% de maladies cardio-vasculaires, etc. )

Il faut oser le dire : ce n’est pas le virus qui tue (il est bénin pour la plupart des personnes en bonne santé), ce sont les pathologies chroniques qu’on a laissé honteusement se développer en favorisant des industries toxiques au détriment du bien commun et de la santé de population.

Des décisions inadaptées

L’autre cause majeure de cette crise, c’est la dégradation de notre réponse sanitaire. Les pays asiatiques ont réagi avec la connaissance, les moyens et la technologie du 20ème siècle. Avec les succès que l’on observe. En Europe, par manque de préparation, de moyens mais aussi de capacité à nous organiser, on est revenu ni plus ni moins aux méthodes du 19ème. Au lieu de réagir avec la seule méthode adaptée (dépister /confiner les personnes infectées / soigner), on en a été très vite contraints à renoncer à dépister (avec pour conséquence une ignorance de la situation réelle) et faire le choix de confiner tout le monde. Avec pour conséquence de détruire la vie économique et sociale… en laissant les cas critiques tomber malades chez eux en attendant de venir saturer les services hospitaliers en urgence.

Ce qui est contraire à toutes les recommandations et bonnes pratiques en santé publique face à une épidémie ! Et constitue à vrai dire un très pauvre palliatif, en l’absence des moyens qui permettraient d’agir.

Pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que nous ne sommes pas parvenus, malgré le temps dont nous disposions, à mettre en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est critique, alors que la Corée, Hong-Kong et la Chine en faisaient leur priorité absolue. Les produire ne pose pas de problème technique et notre capacité industrielle est largement suffisante. C’est un problème d’organisation et de passage à l’action. Donc comme à son habitude, ce gouvernement pédale dans le vide…

Les pays mentionnés précédemment ont par ailleurs mis à profit l’intelligence artificielle notamment pour identifier les chaînes de transmissions possibles pour chaque cas positifs (avec les smartphones, on peut par exemple faire l’inventaire des déplacements et donc des contacts que les personnes infectées ont eu avec d’autres personnes dans les 48h précédent l’apparition des symptômes).

Pour ne rien arranger, nous avons réduit de manière importante la capacité en soins intensifs de nos hôpitaux au cours de la décennie écoulée, ce qui nous conduit à être aujourd’hui en manque de lits  et de matériel de réanimation. L’hôpital est devenu obèse en captant des activités médicales qui pourraient pour la plupart être assumées par des structures plus légères et moins coûteuses. Alors qu’on sabrait dans le même temps dans les services de soins intensifs. C’est ce que l’on appelle la logique macronienne.

Il est évidemment plus facile pour le locataire de l’Elysée de jouer sur les métaphores guerrières que de reconnaître son impréparation, ses incohérences de politiques sanitaires et donc sa passivité à lutter contre les maladies chroniques évitables qui constituent le vrai facteur de risque face au Covid-19…

Un traitement existe et est disponible immédiatement

Ce triste constat ne doit pas nous conduire à nous diviser, mais une fois les choses passées, il sera temps de faire une analyse rigoureuse de ces défaillances.

Par contre, ce qui continue de fâcher est notre invraisemblable inaptitude à faire face à l’urgence. Notre passivité en particulier à rendre disponible des médicaments apparemment efficaces contre le virus, actuellement testé auprès de patients de différents pays, ressemble à un vrai scandale.

L’hydroxychloroquine en particulier (combinée avec l’azithromycine, un antibiotique donné contre les infections bactériennes opportunistes mais qui a aussi une action antivirale) s’est avérée curer la charge virale en 5 jours lors de différents essais cliniques.

Ce médicament est utilisé depuis plus de 60 ans, nous en avons une parfaire connaissance pharmacocinétique. Les Chinois, les Coréens, les Indiens, les Belges et les Saoudiens l’ont homologué pour traiter le SARS-CoV-2.

 Des essais cliniques portant sur 121 personnes (en Chine), 24 personnes (Marseille) et 30 personnes (Stanford, avec groupe-témoin) obtiennent tous une élimination de la charge virale en 5 jours, avec une substance dont on connaît parfaitement les caractéristiques et les modalités d’usage, il est juste invraisemblable qu’on ne l’incorpore pas d’urgence dans notre stratégie de soins. Les Américains suggèrent que l’hydroxychloroquine aurait de surcroît un effet prophylactique permettant, si cela se vérifie, d’en prescrire pour éviter de contracter le virus.

Au lieu d’agir sans tarder, on écoute pour l’instant « les sachants bienpensants » soumettre qu’on ne saurait faire la moindre entorse aux procédures habituelles. Les objections qu’on entend (par exemple des centres français de pharmacovogilance) portent sur les risques de surdosage ou d’effets problématiques à long-terme, ce qui est peu compréhensible dès lors qu’il s’agit pour le Covid d’un traitement de 6 jours, à doses modérée, avec une molécule au sujet de laquelle on a une immense expérience, qu’on connaît, utilise et maîtrise depuis 60 ans et dont on connaît les interactions possibles avec d’autres substances !

Nous allons donc perdre de précieuses semaines (en attendant que les essais cliniques en cours (en plus du CHU de Lille) à Oxford, Stanford et à l’Université du Minnesota, en Australie, Thaïlande, Inde, etc… viennent confirmer ceux déjà réalisés.

Pendant que nous tergiversons, les Chinois viennent d’homologuer une autre substance connuele favipiravir (un médicament antigrippal dont l’utilisation clinique a été approuvée au Japon en 2014) suite à des essais cliniques montrant une bonne efficacité clinique sur le SARS-CoV-2 combinée à l’absence de réactions adverses…

Quel est le message que nous adressons ici aux personnes malades ou à risque quand on renonce ainsi à employer des médicaments connus, maîtrisés et sûrs qui pourraient sauver des vies ?! La question éthique est celle de l’arbitrage entre un contournement exceptionnel des procédures standard vs la mise en danger de vies par excès de formalisme.

C’est ce qui a conduit le Professeur Alexandre Bleibtreu à le proposer à ses patients de la Pitié-Salpêtrière, et il semble que l’Italie s’y soit mise massivement depuis hier. On parle alors de prescription compassionnelle : en dépit de l’absence de certitude scientifique, la balance entre les bénéfices espérés vs les risques est suffisante pour faire le choix d’un traitement.

Nous devons être à la hauteur de notre ennemi

Les nations qui sont parvenues à lutter le mieux contre la pandémie ont été rapides, réactives, agiles, technologiques.

Le Covid est en fait un implacable révélateur de nos défaillances systémiques. Nous ressemblons en effet à une « vieille Europe », pensant le monde comme au plus beau des 30 glorieuses alors que nous étions le centre du monde. Mais ce temps n’est plus…

Ensuite, au niveau politique, il sera intéressant de comprendre pourquoi dans un des pays les plus riches du monde, nous n’avons plus les moyens de garantir correctement la santé de la population lors d’événements de cet ordre. 

Le vrai ennemi, c’est notre inaptitude à bien penser et bien agir. C’est l’incapacité de nos gouvernants à servir.

Alexandre LARREY

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