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Antennes-relais brûlées, câbles coupés… des réfractaires attaquent les antennes 5G

En France, des réfractaires ont déclaré la guerre aux infrastructures de la quatrième révolution industrielle

Un mouvement de résistance en constante expansion sabote le réseau 5G, largement décrié.

Selon un rapport en trois parties publié sur le site de Reporterre : “Des antennes-relais sont incendiées, des câbles de fibre optique coupés, des pylônes déboulonnés. Pendant la nuit, des personnes brûlent des engins de chantier, attaquent des pylônes avec des découpeuses à disque ou détruisent des équipements électriques avec des masses”.

Des véhicules appartenant à des entreprises de télécommunications ont également été incendiés lors d’au moins 140 attaques depuis le début du Covid, ce qui a coûté des dizaines de millions d’euros au secteur.

Selon Reporterre : “C’est un mouvement qui avance en souterrain, loin des projecteurs, une révolte profonde qui se répand en France”.Une antenne 5G détruite suite à un incendie, à Toulouse, en novembre 2020

Une antenne 5G détruite suite à un incendie, à Toulouse, en novembre 2020 © Nathalie Saint-Affre / MaxPPP

Pascaline, une résistante interrogée par Reporterre, dit avoir été poussée à l’action par un sentiment d’urgence : “Nous vivons une période charnière. Si nous ne faisons rien maintenant, cette industrie se sera définitivement installée”.

Pascaline explique que ses amis saboteurs viennent d’horizons très divers : des Gilets Jaunes et des anarchistes se battent aux côtés de catholiques qui s’opposent à cette Nouvelle Normalité en cours de construction avec la 5G.

Les protestations contre la Grande Réinitialisation ayant été ignorées, dénigrées et réprimées par l’État français, les dissidents ont été contraints de s’exprimer plus directement.

Des textes ont circulé, appelant à la création d’un nouveau mouvement de “résistance concrète, et pas seulement symbolique”.Deux antennes-relais, compatibles à la 5G, sont en feu mardi 4 mai 2021 au petit matin, entre Labège et Saint-Orens (Haute-Garonne)

Deux antennes-relais, compatibles à la 5G, sont en feu mardi 4 mai 2021 au petit matin, entre Labège et Saint-Orens (Haute-Garonne). Sur l’image ci-dessus, celle de Labège en feu, filmée par une internaute d’Actu Toulouse (©Marie Chignac / twitter @Panali31)

Le résistant Léon a déclaré à Reporterre : “Ce sont des raisons très pratiques qui nous ont aussi poussées au sabotage. Depuis les Gilets jaunes, l’État a resserré la vis, il est de plus en plus difficile de faire reculer le pouvoir en prenant la rue”.LIRE AUSSI   La Grande Réinitialisation a un but précis

“Compte tenu des restrictions Covid, c’était également impossible de construire une mobilisation de masse contre la 5G”, a-t-il dit, “alors même que la majorité de la population y reste opposée”.

Ces actions apparaissent dans leurs revendications comme autant de refus de vivre dans une société hyperconnectée, autant de résistances frontales à la numérisation du monde, précise Reporterre.

Pour Margot, une autre saboteuse, les antennes-relais tissent la toile d’une prison de câbles, d’ondes et de pylônes qui sont en train de se construire.

“On nous vante les joies d’une société numérique qui en réalité ne fait qu’accentuer l’exploitation, la surveillance et la catastrophe écologique”.

Voici les images filmées par une internaute d’Actu Toulouse de l’une des antennes en feu, à Labège (©Marie Chignac / twitter @Panali31)

Le secteur des télécommunications est bien sûr alarmé par cette vague de sabotage la plus importante en France depuis la lutte massive contre les cultures OGM il y a 20 ans.

Le patron d’Orange, Stéphane Richard, invite même à “purger” le débat pour éviter “un Afghanistan de la téléphonie mobile, où il faudra se battre pylône par pylône, commune par commune pour essayer de mettre la 5G”.

Comme le soulignent les saboteurs, les antennes-relais sont les nœuds névralgiques par lesquels transitent les flux économiques et se développe le technocapitalisme. Les sites web anarchistes parlent de “cordons ombilicaux” et de “talons d’Achille”.

La révolution n’est jamais télévisée et les grands médias évitent largement de mentionner ce qui se passe, de peur que cela ne se propage encore plus.

Lorsque l’existence des saboteurs est reconnue, ils sont décrits comme des excentriques et des “théoriciens du complot”.LIRE AUSSI   L’adaptation de la technocratie et du transhumanisme

Pour Léon : “Le complotisme a toujours été un outil rhétorique pour délégitimer un mouvement. On l’a vu avec les Gilets jaunes. Après avoir joué la carte homophobe, antisémite et raciste, le complotisme est devenu le nouveau mot-valise du pouvoir.un pylône en feu à Toulouse 14 mai 2020

Un pylône en feu à Toulouse le 14 mai 2020 (©Laurent H / twitter @davinci78lh)

“Les autorités tentent de faire passer les saboteurs pour des loups solitaires, des personnes esseulées. En réalité, nous répondons à une démarche collective en France et en Europe”.

Les centaines d’attaques contre les infrastructures de télécommunication opérées ces dernières années donnent des sueurs froides aux autorités. Elles déploient un arsenal répressif pour y faire face. Au sommet de l’État, la menace est prise très au sérieux.

Mais peut-on vraiment faire quelque chose pour arrêter ce qui est devenu une puissante vague de révolte ?

Pascaline explique : “Nous ciblons ces infrastructures car non seulement elles matérialisent l’industrie numérique mais aussi parce qu’elles sont vulnérables”.

“Il en existe des dizaines de milliers sur le territoire avec un maillage de plus en plus serré, et les autorités peinent à les surveiller”.

“Ce n’est pas réaliste aujourd’hui de dire que nous allons installer 66 000 caméras de vidéo-surveillance sur toutes les antennes. Et soyons clairs : quelqu’un qui veut entrer et détruire un site isolé pourra le faire”, admet Vincent Cuvillier, président de l’Ofitem (Association française des opérateurs d’infrastructure de téléphonie mobile).

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