AGDE

AGDE – PÉZENAS : AUX CŒURS DES VILLES OUBLIÉES.

Agde et Pézenas, deux perles de mémoire qui abritent un peu plus de 29 000 habitants pour la première et pas loin de 9 000 pour la seconde, sont les deux communes les plus peuplées de la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée. Si les deux villes ont chacune un extraordinaire patrimoine architectural, elles ont aussi en commun de graves carences en revitalisation de leur centre ancien respectif et particulièrement en ce qui concerne le logement.

La précarité de l’emploi en grande partie responsable

Depuis la mission Racine en 1970, le tourisme reste un tourisme de masse qui s’est développé en se concentrant principalement sur le littoral sans nécessairement se préoccuper de l’arrière pays et notamment d’Agde et Pézenas. Pourtant la Communauté Agglo Hérault Méditerranée dispose de grands atouts pour le développement d’un tourisme patrimonial, culturel et d’arrière saison.

Le bâti patrimonial de l’agglo est admirable, l’offre touristique et culturelle y est riche, puisqu’elle se trouve à la croisée de la méditerranée, de l’Hérault et du canal du midi.

Malgré cela, l’offre touristique manque de logique et semble incompréhensible. Les conséquences sont significatives puisque le taux de chômage pour la ville d’Agde est de 27,6% et 24,1% pour la ville de Pézénas (chiffre de l’INSEE 2015) et prés de 22% pour l’agglo Hérault Méditerranée contre environ 20% sur l’ensemble du département.

Il en découle alors un grand taux de pauvreté qui freine l’économie locale en inter saison mais qui aussi pérennise le mal logement de plusieurs centaines de familles.

Les logements précaires et indignes se devellopent

D’aprés un récente étude de l’ Agence Nationale de l’Habitat, le parc des logement sociaux que contient l’agglo Hérault Méditerranée est largement en dessous de la demande. En 2017 le nombre de logements sociaux était de 2 400 soit un peu plus de 6% des résidences principales. Environ 39% de ces logements se situent sur la ville d’Agde mais ne représente que 8% des résidences principales. Seulement une demande sur cinq se conclue par une attribution. Rappelons que la loi impose normalement 25% de logement sociaux.

De ce fait, c’est le parc privé qui fait office de logements sociaux. Dans l’agglomération on compte environ 4 600 logements indignes dont un tiers se situeraient dans la ville d’Agde et 15% à Pézenas.

Prés de 2400 immeuble gérés en copropriété, représentant 41 000 logements, sont concernées par la copropriété dégradé. 60% de ces immeubles sont à Agde.

Faute d’une offre accessible dans le neuf, les familles précaires se tournent alors vers les centres anciens où les charges liées à l’énergie sont beaucoup plus fortes. Ce qui a forcément une incidence considérable sur leur pouvoir d’achat. Une étude menée auprès de locataires sur le centre ville d’Agde a fait ressortir une demande d’amélioration thermique.

Un prix du bâti ancien qui chute

Un étude terrain réalisée sur les 20 centres anciens que compte l’agglo Hérault Méditerranée, souligne que plus de 850 immeubles sont en mauvais état apparent et que 1 700 façades sont à rénover.

Cette dégradation de l’ancien accentue la paupérisation des centres villes qui tend à se généraliser notamment sur la ville d’Agde et de Pézénas. Depuis 2008 le prix de l’ancien en hyper centre d’Agde a baissé de 30 à 40% et de 10 à 15% en ville.

Les valeurs foncières des cœurs anciens d’Agde et de Pézenas se sont effondrées. Le prix du m2 est évalué entre 600 et 800 euros avec travaux et entre 1200 et 1400 euros pour les biens en état.

En 5 ans, 40% de logements sociaux devraient voir le jour dans le centre ville d’Agde

Enfin, selon nos informations, dans le cadre du projet « Action Cœur de Ville » la ville d’Agde s’est engagée avec la Région Occitanie à construire au moins 40% de logement sociaux dans le centre ancien entre 2019 et 2024.

Pourtant le Maire de la ville en question disait le contraire en 2018 :

« Nous sommes victimes des exigences absurdes que nous impose la loi SRU », tempête le maire d’Agde, Gilles D’Ettore. « Pour répondre à ces exigences, il nous faudrait bâtir chaque année et pendant dix ans trois cents logements sociaux supplémentaires. C’est inenvisageable, car cela ne correspond en rien aux besoins de la population locale et parasiterait considérablement notre attractivité touristique. »

Propos relevés par Midi Libre

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