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Agde Municipales 2020 : Ce Petit bois qui cache la forêt.

Le fameux « petit bois » du Cap d’Agde est devenu au fil des derniers mois le sujet de toutes les attentions dans la campagne électorale agathoise. Si au départ, nous ne lui attribuions pas une importance particulière, celui-ci a évolué en dossier polémique pour finir en affaire judiciaire. Alors comme nous sommes curieux (ou fouilles merde), nous sommes allés fouiner dans les archives de la ville pour remonter la chronologie et ce que nous avons trouvé, nous a mis un coup de bois derrière la tête…

La reculade du maire plutôt que la dégringolade de D’Ettore

Si Gilles D’Ettore a fait machine arrière toute à quelques mois des élections municipales, disons le clairement : ce n’est pas pour les beaux yeux de ses opposants, mais bien parce qu’il a senti « le vent tourner » et qu’il a compris que ce projet aurait été celui de trop pour les Cap Agathois. Alors pendant que beaucoup devaient se frotter les mains pensant ratisser les contestataires au moment du scrutin, le savant politicien , a pris tout le monde à contre pied et à la surprise de chacun, il a purement et simplement annulé le projet. Couillu le type !!!

Ce culot que certains qualifient de « courage politique » ou de « calcul électoral » pour d’autres, ne va pas être au goût de tout le monde et notamment de Monsieur Malortigue avec qui Gilles D’Ettore avait fait « un deal » en lui promettant un échange de terrain pour que l’homme d’affaire puisse y construire une résidence touristique. Evidemment, se sentant lésé, Cecil Malortigue n’allait pas en rester là et comme il a de la fierté et un « peu d’argent » , Gilles D’Ettore ne pouvait s’attendre qu’à de grosses répliques judiciaires voir médiatiques.

Donc pour savoir comment ce projet est devenu progressivement le « gros »cailloux dans la chaussure du Maire sortant, nous avons remonté le fil du dossier qui a débuté sa phase d’incubation, il y a maintenant 10 ans…

Quand Thierry NADAL « APPROUVAIT » la bétonisation de l’Île des Loisirs, mais qu’en même temps il la conteste…

En pleine campagne électorale, tout le monde se sent le besoin de revendiquer son côté écolo. C’est à la mode et ça peut rapporter gros, surtout lorsque l’on est face à un maire sortant qui n’y va pas avec le dos de la truelle quand il s’agit de faire la promo de son propre bilan, que l’on dira bâtisseur, pour ne pas dire promoteur.

Donc forcément en pleine campagne, voilà notre Gillou dans la bétonnière En Marche, malaxé dans tous les sens et parfois même crépis quand la machine s’emballe, mais nous n’allons pas le plaindre non plus, après tout qui cherche trouve !

Cependant, les chantiers de D’Ettore & Compagnie ne sont pas sortis de terre par un claquement des doigts de Mimie Mathy. On peut reprocher au caractériel D’Ettore d’être directif et quelques fois expéditif, mais nous ne sommes pas sur le continent africain et globalement les procédures administratives ne peuvent qu’être respectées. C’est grâce à cela d’ailleurs que nous avons pu avoir accès, aux rapports d’études préalables, consultations, délibérations(…).

Si nous nous amusons de toute cette histoire, le ton qui va suivre sera différent, au risque de vexer ou de nuire, mais qu’importe puisque nous nous employons au nom de l’intérêt général et plus précisément celui des agathois.

Thierry NADAL a beau jeter toute l’eau sale sur son ancien candidat, il a été son 5e adjoint comme l’indique à l’époque la ville d’Agde en précisant que ce dernier a été en charge de l’urbanisme et à eu la compétence de signer toutes les autorisations d’utilisations et d’occupation du droit des sols. De ce fait, c’est bien lui qui de mars 2008 jusqu’à sa démission en septembre 2012, a été l’interlocuteur privilégié de l’ensemble des acteurs participants aux études préalables du programme de requalification de l’Île des Loisirs. Celui qui tire sur son ex, connaît donc parfaitement le contenu du dossier et sa démission l’a confirmée. 

Dans un rapport préalable d’Atout France datant de 2010, l’organisme précise les ambitions de la commune en indiquant la volonté de favoriser le développement de l’hébergement touristique marchand notamment de type hôtelier dont les enjeux de restructuration étaient de participer à la politique globale menée par la municipalité de grands projets « urbains » et de projet de « station capitale » est-il précisé dans le document que nous nous sommes procuré.

Puis en août 2012, la ville d’Agde publie une note de cadrage, soit un document de synthèse qui consiste à expliquer aussi succinctement que clairement l’idée du projet de requalification de l’île de Loisirs impliquant aussi le petit bois.

Ce document fait un inventaire des études préalablement menées :

  • Cadrage préliminaire d’Atout France de 2010
  • Etude préalable du groupement Hérault Aménagement (Egis, SCET Foncier, SFP et A architecte et Kanopée de 2011
  • Etudes de faunes, flores et habitats CRBE été 2011 et printemps 2012.

En axes de développement, le rapport de la ville indique particulièrement que la création de surfaces résidentielle apparaît comme un moyen incontournable de permettre économiquement la réalisation du projet. Mais aussi que suite à l’analyse réglementaire et domaniale réalisée en juillet 2011, que ce secteur est soumis au risque de submersion.

Après avoir pris connaissances de ces études préalables, le conseil municipal délibère le 28 juin 2012 pour lancer officiellement la concertation sur le projet de requalification de l’Île des loisirs, soit 2 mois avant la démission de Thierry Nadal au poste d’adjoint chargé aux autorisations d’utilisation et d’occupation du droit des sols.

Lors de la libération, comme en atteste le compte rendu du conseil municipal du 28 juin 2012 (que vous trouverez un peu plus bas), à la question du lancement de la concertation en vue du projet de requalification du secteur de l’île des loisirs; dont il est envisagé d’encourager une forme d’urbanisation permettant d’offrir un visage modernisé de l’île des loisirs et la volonté de créer un pôle touristique à vocation résidentielle, Thierry NADAL présent au conseil municipal APPROUVE et CHARGE Monsieur D’ETTORE de pouvoir signer tout contrat et prendre les initiatives nécessaires pour la poursuite du projet. Seul Monsieur COUQUET s’est ABSTENU ce jour là.

Thierry NADAL annoncera sa démission aux agathois le 21 septembre 2012 par communiqué de presse.

Et « SI » la question de la responsabilité morale se posée ?

Si Thierry NADAL se justifie d’avoir démissionné parce que « Le développement immobilier, sa réalisation, allaient à l’encontre de ses motifs d’engagement », selon ses propos dans Midi Libre en septembre 2019, plusieurs questions se posent désormais :

  • Pourquoi avoir approuvé le lancement d’une concertation, si Monsieur NADAL en connaissait parfaitement les orientations de celles-ci, et qu’elles allaient à l’encontre de ses convictions ?
  • Pourquoi avoir attendu les élections municipales 2020 pour s’exprimer publiquement sur le projet du « petit bois », alors que des riverains le dénonce depuis au moins 2017 ?

Si aucune responsabilité administrative ne peut être portée à Thierry Nadal, il n’est pas trop fort de dire qu‘il a tout de même une responsabilité morale dans ce dossier du petit bois, car si le maire D’Ettore ne recule pas au dernier moment, les premiers coups de pelles auraient déjà été donnés dans le Petit Bois à l’instant où vous nous lisez.

Si nous pouvons imaginer que Gilles D’Ettore a peut être annulé le projet pour des raisons électorales, alors nous avons aussi le droit d’imaginer que peut être Thierry Nadal est resté silencieux pour des raisons électorales !

A qui profitait le crime du petit bois, s’il aurait eu lieu ?

Et attendant d’avoir des certitudes, si les urnes n’existaient pas, le Petit Bois ne serait plus là…

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