in , ,

L’Europe appelée à cesser immédiatement la surveillance de masse par l’EDRi

Dans un rapport de 40 pages, envoyé à chaque pays membre de l’union européenne, L’EDRi (European Digital Rights), fondée en juin 2002 à Berlin par 10 ONG de sept pays et dont la principale mission consiste à protéger les droits numériques des Européens ;  lance l’alerte concernant l’utilisation excessive des systèmes de surveillance biométrique. Affirmant que la surveillance massive des populations en Europe, porte indûment atteinte aux droits fondamentaux, y compris à la vie privée, à la protection des données, à l’égalité, la liberté d’expression et d’information, la liberté de réunion et association, etc.

Depuis que l’ Intelligence Artificielle est en pleine essor, nos libertés individuelles semblent s’abîmer de jour en jour. Si l’on pouvait le percevoir comme un sentiment, ce dernier est désormais devenu une certitude comme en atteste le rapport qui vient d’être remis par la très crédible association European Digital Rights. Plusieurs pays sont ciblés directement et particulièrement la France. 

Déséquilibres de pouvoir entre les puissants et les peuples

Selon l’EDRi, l’utilisation de systèmes de surveillance biométrique crée une dynamique où les puissants regardent et les peuples sont observés . Il permet à des groupes disproportionnellement puissants, de renforcer encore leur pouvoir sur les groupes socialement marginalisés, tels que les personnes vivant la liberté ou l’exclusion sociale, les personnes de couleur ou les militants des droits de l’homme. 

Cela soulève des questions sur l’éthique et la justice sociale, en plus des préoccupations relatives aux droits fondamentaux comme l’incapacité structurelle à obtenir un consentement véritablement éclairé, libre et explicite. Le traitement biométrique public, rendant le regard encore plus subordonné, d’aprés cette étude.

Le traitement biométrique est déjà utilisé pour systématiser le ciblage des citoyens, faire pression sur la dissidence légitime (comme les militants écologistes) ou les groupes marginalisés tels que les migrants ou les SDF. 

Pour l’EDRi ces techniques accentuent encore plus la discrimination et 
ces technologies de surveillance et de profilage sont essentiellement des technologies de tri : Leur objectif est d’évaluer et de codifier.

Le rapport indique que les États dont la capacité accrue, à suivre et à identifier les individus grâce à la reconnaissance faciale, la transformation et d’autres traitements biométriques, auront probablement un impact disproportionné sur des populations qui sont déjà très surveillés. Surveillés et ciblés par les abus, y compris les personnes des communautés roms et musulmanes, les militants sociaux, les personnes LGBT et les personnes au statut de migration irrégulière. 

Selon l’EDRi, l’utilisation de la technologie biométrique pour évaluer le comportement, les motivations ou le caractère, manque souvent de base scientifique. Par exemple ce que l’on appelle la «reconnaissance de l’affect» ou de prédiction,  qui prétendent être en mesure d’identifier les émotions ou les intentions d’une personne, menacent fondamentalement la dignité humaine et l’autonomie. 

Une méta-analyse récente de recherche sur la «science des émotions» par des chercheurs de pointe, a conclu qu’il n’existe un soutien enthousiaste aux affirmations des entreprises technologiques, selon lesquelles elles peuvent «détecter» l’émotion grâce à l’analyse vidéo, souligne l’EDRi.

L’effet de la technologie de surveillance de masse pourrait, à long terme, faire que les gens autocensurent leurs pensées, leurs paroles et leurs actions, prédit l’EDRi.

En février 2020, la Commission européenne a publié un livre blanc sur les processeurs de l’intelligence artificielle, définissant les options politiques pour un large éventail d’applications. Concernant la reconnaissance faciale et d’autres traitements biométriques, le document proposait qu’ en raison des risques fondamentaux posés par l’utilisation de la technologie, elle devrait automatiquement être considéré comme «à haut risque», en invoquant des évaluations de conformité obligatoires. 

Cependant, European Digital Rights déplore que le document n’est pas allé plus loin pour examiner de manière adéquate l’impact de ces applications «à haut risque» sur les droits fondamentaux.

Logiciel de reconnaissance faciale utilisé pour scruter les réseaux sociaux

Le scandale ClearviewAI de janvier 2020, a révélé au grand public que les images des gens, téléchargées à des fins de médias sociaux et de réseautage, sont secrètement utilisés par des acteurs privés de manière à les aider à développer des technologies à but lucratif.  Mais aussi, qu’elles sont vendus à la police. Cela soulève des questions sur le rôle et l’influence des acteurs privés au niveau de l’application des lois, et notamment les problèmes de passation des marchés publics, prévient l’EDRi.

L’exemple du projet SPIRIT, financé par l’UE Horizon 2020, renforce le manque de
respect des droits fondamentaux pour scruter les réseaux sociaux.
Cinq intervenants liés à l’application des lois participent à ce projet de recherche.

  • La police hellénique (GR),
  • La police des West Midlands (Royaume-Uni),
  • La police de Thames Valley (Royaume-Uni),
  • Le ministère serbe de l’Intérieur (RS)
  • L’Académie de police de Szcytno (PL). 

Selon le site Web clairsemé et non transparent, le projet SPIRIT vise à utiliser des outils tels que l’extraction de visage et l’appariement, pour corréler les informations provenant des données de réseaux sociaux, qui pour l’EDRi, constitue une forme de surveillance de masse.

Surveillance de masse à des fins de santé publique (COVID-19)

Bien que la prise de mesures de santé publique proportionnées soit une action politique légitime, il est un risque important que la pandémie puisse être abusée par les États et les entreprises privées pour introduire clandestinement des mesures de surveillance de masse illégales et très intrusives. Fait savoir l’EDRi.

En Chine par exemple, prétendument rendues bénignes, des applications de suivi et de traçage volontaires se sont rapidement révélées contrôler automatiquement l’accès des personnes aux espaces publics et même envoyer leurs données personnelles à la police. Il y a de plus en plus d’appels et de tentatives d’introduction d’applications de traçage des contacts menaçantes à travers l’Europe. A l’instar du mandat de la Pologne, dont l’application basée sur la reconnaissance faciale conservatoire utilisée pour appliquer la quarantaine, qui envoie la police à la maison de toute personne qui ne partage pas un selfie sur l’application dans les 20 minutes suivant une alerte.

les recommandations de l'EDRi à l'union européenne

Quatre instruments européens interdisent déjà la surveillance de masse biométrique : la Convention européenne des droits de l’homme, la Charte des principes fondamentaux des droits fondamentaux, et plus spécifiquement, la protection des données (modernisée) du Conseil de Convention, le RGPD et son instrument frère, la LED. Les lois sur la protection des données prévoient des obstacles supplémentaires au traitement biométrique.

EDRi appelle l’Union européenne à arrêter définitivement tout traitement biométrique dans les espaces publics et accessibles au public, partout où cela a un effet ou un effet potentiel d’établir une surveillance de masse . 

Cet appel comprend six actions :

  1. Les États membres de l’UE arrêtent immédiatement tout traitement biométrique qui pourrait permettre à la surveillance de masse dans les espaces publics. Cela devrait être soutenu par un débat politique Conseil européen sur les incidences des droits biométriques sur les pro-cessation dans les États membres.
  2. Les États membres de l’UE , sous les auspices du Comité européen de la protection des données(EDPB) et les autorités nationales de protection des données (DPA), divulguent publiquement les activités et déploiements existants et prévus qui relèvent de ce mandat.
  3. Les États membres de l’UE mettent fin à toute législation projetée établissant des traitement pouvant conduire à une surveillance de masse dans les espaces publics. Au lieu de cela, les lois prévisibles ne devraient permettre que des contrôles d’identification ciblés, proportionnées aux enjeux, au contexte et prévoient des recours efficaces contre les abus. Les APD peuvent jouer un rôle en conseillant les régulateurs nationaux et en demander l’action de leurs gouvernements nationaux
  4. La Commission européenne doit veiller à ce que le financement aux États membres pour la recherche ou le déploiement biométrique concerne des activités pleinement conformes à la Charte,  y compris la cessation immédiate de financement de programmes de traitement biométrique qui pourraient contribuer à la surveillance dans les espaces publics. Tous les organes de l’UE qui apportent un soutien opéra-aux institutions de l’UE, y compris, mais sans s’y limiter, Europol, Frontex et les l’Agence des droits fondamentaux (FRA).
  5. La Commission européenne , sous les auspices du rôle consultatif du CEPD, doit re-voir et évaluer sur les droits fondamentaux et la protection des données. Fonde toutes les lois couvrant la biométrie de l’UE qui contribuent ou équivalent à la surveillance des masses et, le cas échéant, refondre, abroger ou fournir des orientations appropriées aux États membres sur les garanties.
  6. La Commission européenne (en particulier les DG GROW, CNECT et JUST en tant que directions générales à la tête des travaux de la Commission sur le livre blanc Intelligence artificielle (IA) et DG HOME en sa capacité aux frontières, mettent en œuvre, par des moyens législatifs et non législatifs et, si nécessaire, procédure et action en justice, une interdiction immédiate et indéfinie de la biométrie de traitement qui conduit à une surveillance de masse dans les espaces publics . Ce processus doit être effectué sous la supervision et / ou le soutien de la Commission européenne de protection des données(CEPD), le Comité européen de la protection des données (EDPB), la FRA et le DPA.

Partagez l'info...

What do you think?

Written by Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

Comments

Leave a Reply

One Ping

  1. Pingback:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Loading…

0

Les distances de sécurité réduites pour permettre les traitements phytosanitaires

HUAWEI prépare t’elle le cheval de Troie avec la 5G ?