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BigTech : Adieu Facebook, bonjour Meta

La maison mère du « livre des visages » (traduction littérale de Facebook, au départ un simple trombinoscope) devient « Meta ». Meta comme Metaverse, le futur univers virtuel venu de Californie destiné à remplacer nos existences réelles par des existences digitales.

Meta, le grand tout

Meta vient du sanscrit par le grec et implique succession, changement, transformation. L’évolution du préfixe l’a entraîné plutôt vers le concept « d’au-delà », d’où la métaphysique, la métapolitique, la métamorphose etc. Et c’est une bien une sorte de métamorphose que prétend proposer Mark Zuckerberg. De même que la maison mère de Google s’appelle maintenant Alphabet, la maison mère de Facebook s’appellera Meta recouvrant les marques Facebook, Instagram, Oculus ou WhatsApp.

Pourquoi du Meta fin 2021 ?

Les réseaux sociaux Facebook et Instagram sont critiqués à juste titre mais pour de mauvaises raisons. L’idéologie dominante libérale libertaire (un paradoxe de plus) réclame de ces réseaux non pas moins de censure et plus de liberté mais le contraire, moins de liberté et plus de censures au nom des fumeux et liberticides « discours contre la haine ». Le changement de nom permet un effet écran de fumée, parlons de notre nouvelle marque et non pas de nos problèmes au moment où nous sommes désignés comme des capitalistes pur sucre ou pur dollar et non pas de chouettes copains défendant les droits de l’homme et du homard.

Meta vers Metavers ou Metaverse

Mais le projet va plus loin, Zuckerberg veut lancer, dans un avenir non déterminé mais proche (on parle de cinq ans), « Metavers » ou « Metaverse » un univers purement virtuel où vous pourrez suivre des cours, faire vos courses, assister à des pièces de théâtre, regarder des films, rencontrer des amis, travailler et qui sait vivre des expériences sexuelles plus satisfaisantes que dans la vie réelle. Un casque immersif sur la tête vous pourrez rejoindre une réunion de votre entreprise, essayer un vêtement et le commander, prendre un verre avec des amis, courtiser qui vous voudrez, signer des pétitions, peigner la girafe. La vie réduite à un jeu géant proche de l’univers décrit par Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes en 1928.

Et il y met les moyens, on parle (nous n’avons pas pu vérifier) d’une équipe de dix mille personnes travaillant sur le projet. Il est vrai qu’avec 10 milliards de dollars de bénéfices par trimestre, Meta peut voir le monde en grand. Une des filiales de Meta, Reality Labs a lancé à type de prototype Facebook Horizon. Coiffés de casques Oculus, ses membres s’immergent dans un monde purement numérique, interagissent entre eux, peuvent importer leurs objets numériques, créer une nouvelle économie. Metavers comme univers, un univers soi-disant augmenté en réalité rétréci, sans expérience de vie en direct, un univers qui comprend également des maîtres de l’univers, on vous laisse deviner lesquels.

NB : Le président de Facebook France, Laurent Solly, déclarait sans rire sur Europe 1 dans la matinale du 29 octobre 2021, lors de l’entretien de Dimitri Pavlenko que « l’Europe a une chance avec Metavers, par ce que derrière les espaces virtuels qu’on évoque, ce sont les emplois de demain ». Il aurait pu ajouter « ainsi que les profits états-uniens et la domination médiatique, politique et économique de l’Amérique sur l’Europe ». Un oubli sans doute.

Written by Observatoire du Journalisme

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