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L’écologie passe par la prise en compte du bien commun…

L’écologie passe par la prise en compte du bien commun, quelle vilaine introduction que voilà !

Nos écologistes actuels se trompent lourdement lorsqu’ils décrètent pleins de comportements censément vertueux, cependant je pense qu’il n’ont pas vraiment analysé de manière systémique ce qui est ou n’est pas vertueux en matière d’écologie. Prenons un exemple : rouler à vélo électrique est déclaré vertueux parce qu’il y a le mot « vélo ».

Cependant pour revenir un peu aux basiques de l’analyse il faut s’interroger sur le : où sont produits les dits vélos et comment est organisée la chaîne logistique depuis l’extraction des minerais, l’arrivée des cargos depuis le bout du monde jusqu’en Chine où l’acier est fondu et laminé (avec de l’électricité provenant majoritairement des centrales à charbon), puis à la mini fonderie qui coulera les tubes, jusqu’à l’atelier de chaudronnerie qui les usinera, etc.

Idem pour les batteries (dont la chaine logistique est encore plus étendue et encore plus mortifère pour l’environnement), idem pour les pneus… jusqu’à la containérisation et l’embarquement pour la France. Pas sûr que tout ceci soit écologique, ni très pratique les jours de pluie, ni facile pour les citoyens de la périphérie obligés d’habiter à 25 km du centre ville (à cause de la hausse du foncier), ni pour les citoyens ayant plusieurs enfants à amener à l’école etc. Bref, aucune étude des habitudes et comportements ni des chaînes d’approvisionnement et de production n’ont été réalisées.

Les écologistes sont pris entre deux injonctions : celle de se déplacer plus vite de manière fluide d’un endroit à un autre afin d’être disponible pour produire plus, et celle de ne pas polluer ce qui dans leur esprit fait bannir les voitures et engins à moteurs qui sont pourtant les vecteurs de la vitesse nécessaire au monde productif d’aujourd’hui. Bref tout et son contraire.

Pour dépasser ce constat, constat que j’en suis sûr, certains n’ont pas manqué de faire, aucune mesure d’envergure n’a été prise. Du genre obliger tout approvisionnement de plus de 500 kg, ou toute translation de camions de plus de 250 km à pratiquer le ferroutage (comme nos amis suisses ont réussi à faire), ce qui aurait un quadruple avantage : réduire le nombre de camions sur les routes, faire baisser l’accidentologie, faire baisser les embouteillages (encore plus vecteurs d’émission de gaz à effet de serre que des autoroutes où tout le monde roule à 130), et abaisser la consommation d’hydrocarbures (et notre dépendance aux pays tiers). Et bien non, nos écolos ne se mobilisent pas pour ce genre de combats.

Les autres constats qu’ils n’ont pas fait complètement : Ils auraient pu calculer je ne sais pas, par exemple combien consomme un Falcon 50, le jet privé de beaucoup de nos millionnaires et milliardaires. Jet qui consomme en un seul voyage transatlantique pas moins de 7 tonnes de carburant. Jet que nos nantis utilisent à la louche deux fois par semaine pour leur famille, leurs vacances, leurs colloques etc. ce qui représente 700 tonnes de carburant par an… à comparer avec la consommation du travailleur de la classe moyenne relégué à la campagne et qu’on accuse de rouler au diesel. La différence est édifiante !

Notre travailleur fait en moyenne 50 kilomètres par jour pour aller bosser, ce qui consomme dans les 4 litres. A l’année notre citoyen de la classe moyenne, celui qui produit, qui fait tourner la machine aura consommé 4 litres X 250 jours 1000 litres (environ 900 kg).

Notre nanti, qui va à New York pour manger des huitres de Cancale (importées directement de France par avion en 24 heures, si si c’est un cas réel) rien qu’avec son petit joujou consomme 777 fois plus de carburant que notre travailleur et ce, sans compter ses yachts et autres grosses voitures ! Les verts ont-ils des idées pour empêcher cela et changer les comportements (des bonnes personnes s’entend) ?

Comparaison entre les deux catégories sociales les plus distantes, de la pollution générée par l’acheminement de leurs denrées.

Continuons un constat qu’ils n’ont également pas poussé à son terme par une petite étude approximative sur les comportements alimentaires des deux catégories sociales les plus distantes, et sur la pollution générée par l’acheminement de leurs denrées.

Menu du jour : caviar de Russie, langouste de Cuba vivante, Whisky japonais, côte de bœuf de Kobé etc.

Tous ces mets ont traversé la planète. Alors procédons à un petit calcul du carburant consommé uniquement pour rapatrier ces mets à nos élites parisiennes. Notre caviar a fait 4000 km souvent par avion, notre langouste 5000 km dans son contenant d’eau de 2 litres, notre bouteille d’1 kg a fait quant à elle 10 000 km tout comme la viande (1kg pour notre démonstration).

Pour calculer dans le détail prenons la fiche technique du Falcon 50 : poids à vide 9163 kg, poids total max (avec kérosène et charge utile) 17 600kg, poids en carburant pour 6000 km d’autonomie 7040 kg. Reste donc une charge transportable de 1397 kg.

Il faut donc 5 kg (environ 6 litres) de kérosène par kilo transporté pour 6 000km (soit 1 millilitre de carburant par kg et par km). Ce qui fait, rien que pour nos mets précédents (je sais c’est une approximation, dans les faits c’est transporté dans d’autres types d’avions) :

  • Boite de caviar 1 kg sur 4000 km = 4 litres.
  • Langouste avec emballage container d’eau pour la conserver vivante 3 kg X 4000 km = 12 litres.
  • Whisky japonais et boeuf de Kobé 2 kg X 10 000 km = 20 litres.

Sans rentrer plus avant dans le détail nous avons sur un fragment de menu de nanti, une consommation de kérosène 36 litres.

Menu du jour : carottes, pommes de terre, côte de porc, vin de table.

Comme dans l’exemple précédent nous n’analyserons que le déplacement du centre de production vers l’assiette de notre consommateur. Prenons un bordelais. Son porc a de grandes chances de venir de Bretagne, il est abattu sur place, découpé sur place puis acheminé par camion. Un camion c’est environ 40 litres au 100km pour un poids transporté de 38 tonnes maxi. S’agissant de viande et comme il y a des emballages, mettons 20 tonnes pour notre calcul. 20 tonnes qui font 500 km, soient 200 litres (2l par tonne au 100km). Il faut donc 0,01 litre de gasoil par kg de viande pour 500 km.

Nos carottes proviennent bien souvent du Sud Ouest donc à 100 km maxi, ce qui nous donne au kilo 0,005 litre de gasoil. Nos pommes de terre idem soient 0,005 litre de gasoil. Petit bilan de la consommation : là ou un bourgeois mangeant des mets en provenance de partout sur la planète fait consommer 36 litres de kérosène pour acheminer sa nourriture ; notre consommateur lambda ne consomme que 0,02 litre pour son repas.

En conclusion le plus nanti consomme approximativement 1800 fois plus de carburant pour acheminer sa nourriture par repas et 2577 fois plus si l’on cumule déplacements et nourriture !

Que font nos écologistes ? Taxation sur les avions ? Taxation sur les importations de produits de luxe ? Rien de tout ça, ils nous pondent des exhortations à faire attention lorsqu’on se douche, pour consommer moins d’eau, moins d’électricité. Mais là encore, se sont- ils plongés sur les modes de vies des uns et des autres car il y a fort à parier que le smicard ne laisse pas couler la douche chaude pendant des heures pour cause de facture d’eau et d’électricité-gaz, tandis que la première classe sociale susvisée prend des bains dans de grands jacuzzis, possède des piscines chauffées et ne restreint pas ses douches au minimum.

Lutter avec pragmatisme contre le réchauffement climatique

Maintenant s’agissant de lutter contre le réchauffement climatique quelles options s’offrent à nous ? Ca ne vas pas plaire à tous mais : pour éviter les gaz à effet de serre tel le CO2, leur seul fixateur connu et archi reconnu : les arbres. A quand une lutte efficace contre l’étalement urbain ? A quand un reboisement obligatoire des zones commerciales abandonnées ? A quand l’utilisation des anciennes voies ferrées et petites gares au lieu de construire de nouvelles routes ou de les étendre en largeur ?

Notez aussi un léger bémol : plutôt que d’accorder des droits à déforestation sur des forêts anciennes (plus fixatrices de carbone), pourquoi ne pas faire mieux tourner les parcelles de sylviculture ?

En effet, le consensus scientifique actuel est qu’une forêt pluri-centenaire emprisonne bien plus de carbone qu’une jeune forêt (note 100 ans c’est jeune en matière d’arbres). Une vieille forêt pluricentenaire possède ces avantages suivants :

  1. Parce que les troncs des vieux arbres qui sont plus gros plus haut et plus volumineux ils fixent plus de CO2 (quasiment 3 à 4 fois plus qu’un jeune arbre à en juger par les experts du domaine),
  2. Les sous-sols de ces forêts anciennes renferment plus de champignons, du mycélium et autres espèces (j’ai été surpris d’apprendre qu’un seul champignon, de par ses « racines » pouvait peser des tonnes) qui fixent le carbone et en plus dépolluent des métaux (y compris lourds),
  3. Et qu’enfin à la mort des arbres les couches d’humus augmentant (issues de leur décomposition) c’était encore autant de carbone de fixé au sol. Carbone retenu par les racines, par l’humidité du sol (qui ne reste humide que lorsque il y a de gros enchevêtrements de grands houppiers –faîte des arbres- générant une canopée fournie et ombreuse).

Bref au lieu de déforester, d’ouvrir ce qui reste de nos forêts à l’exploitation, une mesure intelligente serait de les classer et les protéger (ce qui est exactement l’inverse de la politique de notre actuel président). Où est la voix des élus écologistes et de ceux qui prétendent promouvoir ce point de vue vital ? Pour éviter les gaz à effet de serre toujours, il nous faut produire toujours plus (hélas) d’énergie propre.

En la matière cependant, les avis sont divisés et ceux de nos écologistes pas clairs. Ces derniers n’ayant jamais exercé le pouvoir ni géré quoi que ce soit de véritable importance, ils continuent à décréter sans analyser. Exemple : on ne veut pas de CO² mais supprimons le nucléaire ! D’accord le nucléaire n’est pas la panacée mais à bien y regarder, chez nos voisins allemands par exemple … le nucléaire a été supprimé pour remettre en route des centrales à charbon et… importer massivement de l’électricité française !

Le bilan de leur action est catastrophique pour l’environnement (d’immenses mines à ciel ouvert ont été remises en service au mépris des forêts), leurs centrales polluent à mort, et comble du comble ils importent de l’énergie à 80% d’origine nucléaire ! Soit c’est de l’hypocrisie totale soit nos écologistes manquent cruellement de culture générale.

En effet, il existe dans le nucléaire une solution, pas encore opérationnelle mais qui serait (j’utilise le conditionnel à dessein) la construction d’un réacteur à fusion, un Tokamak (principe de chambre de confinement développé dans les années 1950 par Sakharov). Qu’est-ce donc ? Et bien c’est en gros un tunnel en forme d’anneau dans lequel passe un champ magnétique. Dans ce champ magnétique on organise une fusion qui produit énormément de chaleur (chaleur qui sera utilisée pour faire tourner des turbines à vapeur) le tout sans produire de déchets radioactifs (et qui pourrait à terme détruire nos déchets radioactifs actuel !). Ceci n’est qu’au stade expérimental mais très prometteur. Nulle trace de volonté de mettre le paquet sur ce type de technologies pourtant propre et apparemment peu risquée !

Je ne suis pas expert en écologie ni en énergie, loin s’en faut, mais ces quelques constats et actions logiques me paraissent assez évidents et pas si compliqués à mettre en œuvre.

En clair on peut faire de l’écologie sans militer pour une décroissance qui comme chacun sait, n’est qu’une manière faire rentrer dans le rang la classe moyenne supposément la plus pollueuse en la préparant à des baisses de son niveau de vie tout en épargnant les principaux pollueurs.

Certes il y a tout de même à éduquer et flécher les comportements des masses dont je fais partie mais l’effet majeur est plutôt à obtenir par le changement de comportement de cette petite minorité et par l’adoption de décisions politiques (notamment en matière d’urbanisme, de gestion des forêts, des transports et de l’énergie) qui aillent véritablement dans le sens du bien commun (Vilaine notion que voilà).

Julien LOVATO

Written by Julien Lovato

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