Seconde vague : Quels sont les scénarios envisagés par le gouvernement

Seconde vague : Quels sont les scénarios envisagés par le gouvernement

Les vidéos de la fête de la musique où l’on aperçoit des milliers de personnes collés serrés affolent les réseaux sociaux. Beaucoup ont peur d’une seconde vague et surtout d’un RE-confinement. Mais en réalité, un « confinement » comme nous l’avons vécu durant 2 mois, est-il envisagé par les autorités ? Sentinelle Citoyenne vous répond…

Après 2 mois de mise à l’arrêt de la France et donc de graves conséquences sur notre économie, l’hypothèse d’un second « reconfinement » inquiète beaucoup d’entre nous. Cependant un tel scénario ne semble pas probable si l’on analyse la dernière étude du conseil scientifique, sur lequel s’appuie le gouvernement.

Le 2 juin dernier, le Conseil scientifique a remis à l’exécutif un rapport qui a pour objectif d’identifier les différents scénarios probables dans la période de post-confinement et de préparer et d’anticiper les mesures à mettre en place selon les différents scénarios.

4 scénarios suivant l'évolution de l'épidémie

Le premier des quatre scénarios est le plus favorable. C’est celui d’une épidémie sous contrôle au vu des indicateurs disponibles, associée à l’occurrence de clusters localisés pouvant être maîtrisés. En présence du virus, ce scénario nécessite cependant un maintien des mesures de lutte contre l’épidémie (gestes barrières, protocoles…).

Plus défavorable, le second scénario verrait apparaître des clusters critiques, laissant craindre une perte de contrôle des chaînes de contamination, et donc du contrôle de l’épidémie elle-même. Ce scénario exigerait des mesures strictes, précoces et localisées, afin d’éviter une perte de contrôle plus large de l’épidémie.

Le troisième scénario, ferait basculer une situation contrôlée vers une reprise progressive et à bas bruit de l’épidémie, plus difficile à identifier. Des indicateurs se dégraderaient alors sans que les chaînes de contamination puissent être identifiées, ni a fortiori contrôlées. Ce scénario exigerait, selon le conseils scientifique, des mesures strictes ainsi que l’activation rapide de plusieurs mesures plus drastiques. Les mesures à prendre pourraient encore être envisagées à une échelle régionale si les indicateurs le permettent ou au niveau national.

Enfin, dans le quatrième scénario, la dégradation critique des indicateurs traduirait une perte du contrôle de l’épidémie, et exigerait des décisions difficiles, conduisant à choisir entre un confinement national généralisé, permettant de minimiser la mortalité directe, et d’autres objectifs collectifs, économiques et sociaux, s’accompagnant alors d’une importante mortalité directe.

l'indicateur R ou le taux de reproduction comme seuil d'alerte

Le nombre de reproduction R fait partie des indicateurs permettant d’évaluer la transmission et la circulation du virus. Ce chiffre correspond au « nombre moyen de personnes infectées » par un malade, comme l’explique Santé publique France dans son point du 18 juin. « Une valeur supérieure à 1 est en faveur d’une tendance à l’augmentation du nombre de cas ».

Cet indicateur « s’établissait à 2,8 sur le territoire national le 15 mars dernier, soit avant le confinement ». Cela signifie que chaque malade du Covid-19 infectait en moyenne 2,8 personnes en France. Ce taux « était ensuite redescendu à 0,73 (…) le 11 juin », à la fin du confinement. 

Plus le nombre de reproduction est élevé, plus le nombre de cas journaliers croît rapidement. Il faut compter un délai moyen d’une semaine entre l’infection d’un cas et l’infection des personnes qu’il/elle infecte, le temps de doublement de l’épidémie (c’est-à-dire le nombre de jours nécessaires pour observer un doublement du nombre de cas) est :

Source : rapport conseil scientifique du 2 juin 2020

probablement Pas de "reconfinement" en cas de seconde vague

Dans le cas où de très nombreux cas positifs au covid-19, venaient à se répandre en même temps sur le territoire, jusqu’à un moment critique, le conseil scientifique laisse le soin aux autorités de décider si elles souhaitent instaurer un deuxième confinement pour éviter le débordement des services de réanimation.

Mais comme l’indique les experts dans leur rapport, cette décision grave devra être prise en considérant l’impact sanitaire de l’épidémie de covid-19, mais également l’impact d’un deuxième confinement sur la société française (tant sur le plan sanitaire pour les pathologies non covid19 que sur les plans économiques et sociaux).

Le conseil scientifique prévient donc, qu’une bonne appréciation de la dynamique épidémique sera importante pour évaluer l’impact sanitaire associé de l’épidémie  en l’absence de confinement (plus le nombre de reproduction effectif sera élevé, plus cet impact sera important). Des modèles mathématiques pourront être utilisés pour tenter d’évaluer cet impact, néanmoins avec de grandes incertitudes.

Le rapport indique également, que les autorités devront également précisément déterminer leur objectif. Par exemple, si l’objectif est uniquement de diminuer la mortalité liée au covid-19, un confinement permanent ou extrêmement précoce sera toujours préférable, mais cela ignore l’impact délétère du confinement sur la société française. Un objectif alternatif est d’assumer tout en la limitant une surmortalité hospitalière covid-19 associée à la mise sous tension des services de réanimation. 

Cet objectif pourrait être atteint au moins partiellement en augmentant les capacités hospitalières en attendant de restaurer un confinement si toutes les autres approches ont échoué.

Pour finir le Conseil scientifique, dit avoir a bien conscience de l’impact négatif majeur qu’aurait un second confinement généralisé sur la société française. Mais que dans ce dernier scénario, il appartiendrait aux autorités d’arbitrer entre ces deux options très difficiles.

A notre avis, au vue de la situation économique du pays, le choix va être vite fait…

La situation au 22 juin :
La circulation du virus semble repartir dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie et Occitanie où le facteur de reproduction (R effectif) est supérieur à 1. Dans le Grand Est, il est de 0,9. (©Santé Publique France)

Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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