Du rôle de Boucher de Beauvau à celui de l’agneau, mais quelle mouche a piqué Castaner ?

Du rôle de Boucher de Beauvau à celui de l’agneau, mais quelle mouche a piqué Castaner ?

Hier lundi 8 juin, Christophe Castaner a tenu une conférence de presse au « sujet de la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre ». Le Ministre de l’Intérieur avait pour mission d’envoyer des signaux positifs pour tenter d’étouffer le début d’incendie importé des Etats Unis après la mort de Georges Floyd provoquée par un policier lors d’une interpellation. 

Coupe de cheveux de « premier de la classe » et ton de voix empathique, on a presque cru que le locataire de Beauvau allait finir par s’excuser d’être le Ministre de l’Intérieur. Car hormis son apparence, l’attitude envers les policiers était vraiment très différente en comparaison de ses positions antérieures. Alors Christophe Castaner serait-il en train de lâcher les flics ? Peut-être pas encore, mais il n’en est pas très loin !

Mais quelle mouche a piqué Christophe Castaner ?

Depuis novembre 2018, Christophe Castaner a de nombreuses fois rappelé que les violences policières n’existaient pas en France. Jusqu’à pas longtemps, lorsque des journalistes lui demandaient ce qu’il pensait de la brutalité policière durant les manifestations, ce dernier a répondu :

 

« Moi, je ne connais aucun policier, aucun gendarme qui ait attaqué des Gilets jaunes. Par contre, je connais des policiers et des gendarmes qui utilisent des moyens de défense de la République, de l’ordre public. »

Pourtant, les chiffres démontraient bien qu’il y avait un problème et nous avions fait un article au mois de janvier 2020 pour en alerter nos concitoyens.

Le collectif Désarmons-les (un collectif qui dénonce les violences policières en France), avait révélé qu’en France plus de 30 personnes ont perdu un œil en 2019, après avoir reçu un tir de LBD (lanceur de Balle de Défense).

Durant les manifestations des Gilets Jaunes, ces mutilations ont été régulièrement filmées et diffusés sur les réseaux sociaux. Au total, ce ne sont pas moins de 300 enquêtes du IGPN qui sont liées à l’utilisation de ces armes de défense. Nous ne parlerons même pas de l’utilisation déraisonné des gaz lacrymogènes et des excessifs coups de matraques sur des milliers de manifestants.

Alors pourquoi, soudainement, Christophe Castaner juge t’il nécessaire de revoir suite à l’affaire Floyd aux Etats Unis, la doctrine de la police française ? Nous croyons avoir la réponse, et elle est bien entendu politique…

Les flics, vont-ils finir par être (eux aussi) les cocus du gouvernement ?

Plusieurs spécialistes indiquaient que le gouvernement utilisait la violence pour faire peur aux manifestants et ainsi éviter un « effet de masse ». Pour cela, bon nombre d’instructions avaient été données aux cadres de la police, afin de les relayer sur le terrain, plus ou moins directement. Donnant parfois, (par effet de confusion, dirons-nous), carte blanche aux policiers. Ce qui a eu pour conséquence, dans certains moments, une utilisation démesurée de la force.

Si jusqu’ici, ces exccés étaient parfaitement assumés par le ministre lui-même, les choses semblent bien differentes aujourd’hui. En effet, dans sa conférence d’hier, le premier flic de France a prévenu que la doctrine devait changer à l’avenir et notamment les méthodes d’interpellations subitement devenues trop dangereuses.

Dans ce sens, le ministre de l’Intérieur a évoqué plusieurs mesures :         « La prise par le cou, dite “de l’étranglement” sera abandonnée », a notamment annoncé le ministre. « Par ailleurs, si un policier ou un gendarme doit maintenir quelqu’un au sol lors de son interpellation, il sera désormais interdit de s’appuyer sur sa nuque ou son cou. »

La technique dite de l’étranglement est l’une des techniques autorisées dont disposent policiers et gendarmes au cours d’une interpellation pour immobiliser un individu. L’agent se place derrière la personne alors qu’elle est debout puis encercle son cou afin de l’amener au sol ce qui peut s’avérer efficace, si l’individu est très agité et/ou de corpulence massive. Après l’annonce de l’arrêt de l’utilisation de cette technique par le ministre, plusieurs syndicats de police ont indiqué être dubitatifs concernant cette décision. 

Christophe Castaner a aussi annoncé lundi, une réforme « en profondeur des inspections du ministère de l’Intérieur » – l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), son homologue de la gendarmerie (IGGN) et l’inspection générale de l’administration (IGA) – pour « plus d’indépendance ». Cette réforme « devra permettre plus de cohérence, plus de collégialité entre ses inspections et surtout plus d’indépendance dans leur action vis-à-vis des services », selon le ministre.

Au-delà de la technique de l’étranglement, ce que le ministre de l’Intérieur prétend vouloir faire cesser, c’est le « racisme » dans la police. Car il y en aurait beaucoup et à en croire certains, beaucoup plus que dans n’importe qu’elle autre institution. Des avis à l’emporte-pièce étayés par de soudaines révélations de groupes facebook composés de fachos et fâcheux policiers. Précisons que ces groupes n’ont pas été créés hier, puisque qu’au moins un, existe depuis plus de deux ans et compte plusieurs milliers d’abonnés. On se demande bien ce que foutaient les modérateurs (toujours réactifs pour censurer un groupe contestataire du pouvoir), si ces groupes étaient si dangereux que ça ! Il serait bien de se poser cette question, en effet…

Alors maintenant, que l’on a réussi à faire croire à la populace qu’il y a avait trop de racisme dans la police, et puisque la mort de Georges Floyd permet de faire levier pour aller chercher des voix dans l’électorat de gauche, il aurait été dommage de ne pas en profiter un peu beaucoup.

Pour ne pas rater cette opportunité, à moins de deux ans de l’élection présidentielle, il fallait donc trouver un bouc émissaire. Ce seront donc les flics ! Et plus précisément les « mauvais » flics… 

Surement un peu le genre de profil que l’on retrouve dans ces fameux groupes facebook. D’ailleurs, existent-ils vraiment et/ou sont ils vraiment policiers ou gendarmes ? Une autre question à se poser, là aussi….

Bref, l’essentiel pour le gouvernement n’est pas l’efficacité, mais de donner de l’importance à sa communication. D’ailleurs en terme de communication, Christophe Castaner est plutôt bon dans ce domaine : 

« Je ne laisserai pas les agissements odieux de certains jeter l’opprobre sur toute une institution. Ces dernières semaines, trop ont failli dans leur devoir républicain (…). Je veux une tolérance zéro contre le racisme dans notre République. » A avertit le ministre.

Voilà la messe est donc dites, et les flics qui veulent se faire du black ou du bougnoule ont du soucis à se faire désormais. Tonton Christophe sort l’artillerie lourde est va mettre en place un système qui permettra notamment la suspension « systématiquement envisagée » des policiers soupçonnés. Après le #hashtag balance ton porc, devrait donc arriver celui du #balancetonpoulet. Et les moutons seront nombreux à le véhiculer, n’en doutons pas. 

La suite ? La voici : attendons-nous à voir défiler ces prochains mois, dans les bandeaux des massmédias, de nouveaux clusters de cas suspects trouvés… pas de covid-19, mais bien de flics racistes et haineux qu’il faudra mettre en quarantaine pour pomper à gauche.

Que ne feraient-ils pas pour être réélus en 2022…

Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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