5 G : Les suspicions d’espionnage de Huawei se confirment au Canada

5 G : Les suspicions d’espionnage de Huawei se confirment au Canada
FILE - In this July 4, 2018, file photo, a shopper walks past a Huawei store at a shopping mall in Beijing. Canadian authorities said Wednesday, Dec. 5, 2018, that they have arrested the chief financial officer of China's Huawei Technologies for possible extradition to the United States. (AP Photo/Mark Schiefelbein, File)

Dans un rapport qui vient d’être publié, le Service canadien de la sécurité et du renseignement (SCRS) affirme qu’il continuera de mettre en lumière les coins sombres des menaces économiques et technologiques des terroristes, des puissances étrangères ou des entreprises qui leur sont associées, faisant référence à Huawei et à Pékin.

Le cyberespionnage, le cyber-sabotage, la cyber-influence étrangère et le cyberterrorisme constituent des menaces importantes pour la sécurité nationale des nations, leurs intérêts ainsi que leur stabilité économique. Comme nous le rapportions il y a quelques semaines dans un précédent article, Huawei est soupçonné d’utiliser le déploiement de la 5G pour récolter des mégadonnées stratégique et/ou sensible provenant du monde entier.

Le rapport des services de renseignement canadien indique que des organisations parrainées par un État, des cybercriminels et des terroristes utilisent les réseaux informatiques pour voler la propriété intellectuelle ou les secrets commerciaux, perturber les infrastructures essentielles et les services vitaux, mais aussi interférer avec les élections ou mener des campagnes de désinformation.

Ces activités d’espionnage visent le Canada en raison de ses étroites relations avec les États-Unis et de son appartenance à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), selon le rapport.

Des activités de cyber espionnage qui visent également les universités

La question des entreprises d’État et des entreprises privées ayant des liens étroits avec leurs gouvernements et les services de renseignement investissant au Canada est également soulevée, mais le rapport évite de nommer les pays.

En effet, les experts en cybercriminalité s’inquiètent : «Les intérêts canadiens peuvent être lésés par des activités d’espionnage entraînant la fuite d’informations sensibles et/ou exclusives de technologies de pointe et par la divulgation non autorisée d’informations gouvernementales classifiées et sensibles», indique le rapport. «Un certain nombre d’États étrangers poursuivent leurs tentatives de recueillir secrètement des informations politiques, économiques et militaires au Canada.»

Le rapport révèle que plusieurs États étrangers ciblent des organisations non gouvernementales au Canada – y compris les établissements universitaires, les institutions gouvernementales, le secteur privé et la société civile – pour atteindre ces objectifs.

Et ce n’est pas seulement un problème lié sur le sol canadien. Le rapport souligne que les entreprises canadiennes à l’étranger sont également des cibles potentielles d’espionnage et que les entités canadiennes dans certaines juridictions étrangères, peuvent être redevables d’intrusions et de leurs exigences de sécurité étendues.

Huawei évincé du projet de déploiement de la 5G au Canada

Le rapport indique que le SCRS s’attend à ce que les problèmes de sécurité nationale liés aux investissements étrangers ou à d’autres activités économiques au Canada se poursuivent».

Afin de pouvoir lutter efficacement contre ces cyber-attaques, le SCRS préconise de renforcer ses relations avec ses partenaires de l’alliance Five Eyes, (alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis.)

Ces alliés se méfient de Huawei Technologies. Car cela fait plusieurs années que les États-Unis soupçonnent Huawei de répondre aux ordres de Pékin, de fournir à son propre appareil de sécurité des données sensibles transmises à l’aide de l’équipement 5G de Huawei.

L’implication de Huawei au Canada a été vraiment remis en question le 2 juin dernier, alors que Telus, (deuxième plus grand opérateur de télécommunications du pays après Bell Canada) s’est jointe à Bell Canada et à Rogers Communications pour se retirer de l’utilisation de l’équipement Huawei dans un contexte atmosphère politique de plus en plus intenable.

Depuis longtemps Telus et Bell investissaient dans l’équipement de Huawei pour développer l’infrastructure 5G, tandis que Rogers (3ème opérateur au Canada) collaborait avec Ericsson.

Mais face aux suspicions qui se sont confirmées, Telus a choisi de travailler avec Ericsson et Nokia, et Bell Canada a finalement annoncé qu’il avait signé avec Ericsson.

Ces décisions interviennent quelques jours après qu’un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique a décidé que la demande d’extradition des États-Unis pour Meng Wanzhou (directrice financière de Huawei) pouvait être traitée .

Cette décision fait suite aux soupçons dont Meng est accusé aux États-Unis. C’est à dire : fraude, blanchiment d’argent et violation des sanctions commerciales américaines contre l’Iran.

Les enquêtes de Glacier Media ont montré que Huawei avait effectué d’importants investissements dans la recherche dans les universités canadiennes complétés par les fonds des contribuables et des entreprises et que l’utilisation de l’équipement Huawei dans les systèmes de recherche canadiens et européens était déjà en cours d’utilisation.

En Europe et particulièrement en France, Huawei sort le grand jeu pour s’imposer sur le continent Européen. En février 2020, Huawei a annoncé qu’il allait y installer « des unités de production ». Alors que les Américains ont annoncé ne plus être certain de collaborer avec les Européens, s’ils venaient à choisir Huawei, pour des raisons de sécurité, les principaux dirigeants du bloc Européen ne semblent guerre inquiets par ces pressions. Préférant peut être l’autre camp…

Meng Wanzhou Directrice Financière du Groupe Huawei -source Albert Van Santvoort

Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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