Saison 2020 : Mission « SURVIVOR » pour les professionnels du tourisme

Saison 2020 : Mission « SURVIVOR » pour les professionnels du tourisme

Depuis le 2 juin, date à laquelle le gouvernement a autorisé la réouverture des bars et restaurants, suivi de celle des établissements d’hébergements et après un début de saison cannibalisé par la pandémie de Covid-19, les professionnels du tourisme n’ont qu’un seul objectif en tête : « Survivre » pour exister en 2021. Entre déceptions et espérances,  le challenge s’apparente à une ascension de l’Everest tellement le défi est élevé…

L’arrivée de la clientèle se fait au compte goutte sur le littoral héraultais. A l’heure où la quasi totalité des infrastructures touristiques sont en service (hormis les discothèques qui agonisent). Les touristes ne se bousculent pas au portillon sur l’ensemble des stations balnéaires du département. Grande absente et pas une des moindres, la clientèle étrangère et son fort pouvoir d’achat, qui semble ne pas se précipiter sur les réservations malgré la réouverture des frontières. En cause, probablement l’incertitude qui plane sur l’évolution de la crise sanitaire qui continue de s’accélérer dans le monde et donc la crainte de se retrouver en quarantaine loin de chez soi. 

Juin : Des réservations en baisses et une consommation maussade

Si les réservations progressent au fur et à mesure, les taux de remplissage des établissements d’hébergements  se situe entre 40 % et 60 % suivant la qualité de l’offre, par rapport à juin 2019. En effet, la demande en ce qui concerne l’hébergement s’oriente largement vers les logements individuels (gîte, appartement, mobilhome avec jardin…), plutôt que les logements collectifs tels que les hôtels et camping par exemple, qui eux obtiennent un correct taux de remplissage le weekend, mais semble être boudés en long séjour. Une tendance qui se dessine également dans les régions voisines.

 

Nombreux sont les établissements à avoir adapté leurs offres de services dans cette période très particulière. Beaucoup d’entre eux, ont baissé leurs tarifs pour faire venir la clientèle. Selon nos informations, les établissements qui dépendent de la saison estivale, enregistrent à fin juin, une baisse de leur chiffre d’affaire d’environ 30 % en comparaison au mois de juin 2019.

Les premiers grands départs du weekend prochain, lanceront-ils (enfin) la saison ?

Ce ne sera pas le plus gros week-end de départs en vacances, mais Bison Futé a classé ce vendredi 3 juillet « rouge » en Île-de-France. Ce devrait être un peu plus calme le lendemain, avec un samedi classée « orange » au niveau national et en région parisienne.

 

Départs premier weekend de juillet _ source _ Bison futé

Tourmag, un média dédié au professionnel du tourisme, vient de publier un sondage commandé auprès de l’institut par des entreprises du voyage. Selon cette étude réalisée fin juin, 57% des sondés ont l’intention de partir en vacances cet étéSi les dernières semaines, les Français peinaient à passer à l’acte, réservant assez peu, fin juin la donne aurait changé, car la proportion de personnes ayant réservé leurs vacances est nettement plus élevée (62%, +18 points par rapport à la première étude réalisée en mai 2020).

De son côté, pour soutenir les acteurs économiques et afin accentuer la fréquentation des sites touristiques, Hérault Transport renforce la desserte du littoral et augmente largement le nombre d’aller-retour sur le littoral biterrois et agathois.

le PGE "tourisme" devrait être mis en place d'ici quelques jours

Selon nos informations, le Prêt Garantie par l’Etat (PGE)  spécial « Saison », devrait être mis en place dans les prochains jours. Les conditions d’accès ont été adaptées à la saisonnalité des acteurs touristiques, notamment les hôtels et les restaurants. Le plafond du PGE Saison, plus élevé que celui du PGE classique, est basé sur le chiffre d’affaires des trois meilleurs mois de l’année.

L’arrêté est sur le point d’être signé par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Annoncé à la mi-mai lors d’ un comité interministériel consacré au tourisme, c’est l’une des mesures fortes du plan de soutien présenté par le gouvernement pour aider ce secteur lourdement frappé par les conséquences de l’épidémie de Covid-19.

Alors que le PGE est actuellement plafonné à 25 % du chiffre d’affaires annuel global d’une entreprise, le PGE Saison est basé sur les trois meilleurs mois de l’année, ce qui est plus avantageux pour les entreprises saisonnières, typiquement les hôtels-restaurants de stations de montagne ou balnéaires, qui font leur chiffre d’affaires sur une « saison », soit quelques mois de l’année.

L’arrêté précisera la liste des secteurs concernés qui s’étendra aux acteurs CHR et touristiques dans un premier temps, avant d’être élargie ensuite à leurs fournisseurs directs. Les professionnels ayant déjà souscrit un PGE pourront le compléter d’un PGE Saison jusqu’à concurrence du plafond de leurs trois meilleurs mois.

Mis à part ce nouveau plafond, les spécificités du PGE restent inchangées. Il prévoit un différé d’amortissement d’un an où l’entreprise ne paye rien et au-delà duquel elle s’engage à rembourser la totalité pendant cinq ans maximum à un taux d’intérêt négocié avec la banque.

Bien évidement, le PGE ne sauvera pas toutes les entreprises. Puisqu’au delà de dépendre du bon vouloir des banques, il est calculé sur la base d’un chiffre d’affaire « déclaré ». Concrètement cela veut dire que la majorité des établissements « qui naviguent à vu » comptablement parlant, risquent d’être confrontés à de grandes difficultés de trésoreries, s’ils ne le sont pas déjà pour certains. Espérons que les français comprennent que la survie de ces indépendants ne dépend que d’eux-même, quitte à « dépasser son budget vacances »  par « solidarité nationale ».

Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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