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Véran ouvre le débat de l’obligation vaccinale pour les personnels des Ehpad

L’initiative avait été décriée, en particulier au Sénat (voir article). Le 24 novembre, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron avait promis qu’un « collectif de citoyens » serait « mis en place pour associer plus largement la population » à la campagne de vaccination contre le covid-19.

Le 9 décembre, Jean Castex avait saisi le Conseil économique social et environnemental (CESE) pour procéder à un tirage au sort de 35 citoyens (18 femmes et 17 hommes), guidé par des critères d’âge, de genre, de région, de niveau de diplôme, des catégories socioprofessionnelles, des types d’habitation.

Ce collectif est accompagné dans ses travaux par une commission temporaire du CESE sur la vaccination et de la plateforme de consultation citoyenne vaccinationcovid.lecese.fr. Ils ont la charge d’accompagner le gouvernement sur la campagne vaccinale, « afin de tenir compte des préoccupations, observations et interrogations des citoyens et de la société civile organisée ».

Le collectif citoyen demande une « communication positive de la vaccination »

Jusqu’à présent, le collectif citoyen ne s’est réuni que deux fois, trois jours consécutifs, a rappelé Philippe, un de ses membres devant le CESE, réuni en audition plénière pour un point d’étape, ce mardi.

La prochaine réunion de ce collectif se tiendra le 11 et 12 mars prochain. En attendant, Philippe a fait remonter les « premières craintes et interrogations des citoyens » sur la campagne vaccinale. « Le collectif citoyen pense que la communication est beaucoup top anxiogène, beaucoup trop négative. Il faut travailler sur une communication positive de la vaccination. Je me suis fait vacciner dernièrement. Je me suis retrouvé comme presque à un abattage où rien de ce qui m’était dit n’était positif », rapporte-t-il au micro de Public Sénat.

Vaccination: « la communication est top anxiogène » déplore Philippe membre du collectif citoyen

Du côté, de la commission temporaire « vaccination » du CESE, la réflexion est à un stade bien plus poussée. La rapporteure, Stéphanie Goujon a formulé cinq préconisations destinées à améliorer la stratégie de vaccination :

  • Intégrer l’importance stratégique de la logistique avec des taux d’indicateurs de performances spécifiques comme le taux de perte et le délai d’écoulement.
  • Envisager le recours à l’octroi de licences d’office portant sur les brevets des vaccins entrés en phase de production,
  • Territorialiser le pilotage de la vaccination
  • Faciliter la mobilisation des réseaux de santé de proximité
  • Clarifier l’information auprès du grand public

Vaccination: 5 préconisation du CESE

Autant de recommandations sur lesquelles Olivier Véran a tenu à répondre. En ce qui concerne les indicateurs de performance, le ministre souhaite lui mettre en avant les « indicateurs de résultat » plutôt que « les indicateurs de processus ». « L’âge moyen du Français vacciné, c’est 72 ans. En Allemagne, c’est 65 ans, en Espagne c’est 60 ans, en Italie c’est 55 ans […] Les gens qui font le plus de formes graves (de la maladie), sont les gens les plus âgés (..) Comme dans une stratégie vaccinale, on assume le fait de sauver un maximum de vies le plus tôt possible, on peut se dire que l’indicateur de résultat est plutôt au rendez-vous », s’est-il félicité.

Olivier Véran a également indiqué que 80 % des résidents d’Ehpad avaient reçu leur première dose de vaccin. « A l’heure où je vous parle, la France est le pays qui a le plus protégé ses seniors en établissements collectifs », a-t-il salué.

Olivier Véran s’oppose à l’exploitation d’une licence d’office portant sur les brevets des vaccins

Sur la territorialisation du pilotage, Olivier Véran estime que l’objectif est rempli. « On a fait le choix d’avoir 1 200 centres (de vaccination) en activité ». De même, il a rappelé que l’état des doses allouées par centre était visible en open data sur le site data.gouv.fr. « Après un an de pilotage crise sanitaire, je suis convaincu que la transparence est un rempart contre le doute, la crainte ou contre le complotisme ».

Comme il a déjà indiqué devant le Sénat, Olivier Véran s’est opposé à l’exploitation d’une licence d’office portant sur les brevets des vaccins. « On ne serait pas plus efficaces que le laboratoire pour produire le vaccin. On va plutôt chercher tous les laboratoires là où ils existent en France et en Europe, pour leur dire : réorientez vos chaînes de production, produisez des vaccins pour le compte d’autres laboratoires », a-t-il expliqué prenant l’exemple de Sanofi.

Pour conclure, Olivier Véran s’est ouvertement interrogé sur la vaccination obligatoire des soignants qui exercent en Ehpad. 50 % des personnels sont vaccinés. « Il y a des clusters qui peuvent encore arriver et ce peut être potentiellement les soignants qui peuvent être les premiers malades. Où est l’éthique, est-ce que c’est laisser le libre choix aux soignants de se vacciner ou non ? […] Est-ce qu’il n’est pas plus éthique de poser la question d’une incitation plus forte, voire une forme d’obligation vaccinale ? » Une question de politique publique « qui n’est pas simple », a-t-il reconnu avant de demander l’éclairage sur ce sujet du collectif citoyen.

Source : Public Senat

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