Qui sont les 1 000 salariés les mieux payés de France ?

Qui sont les 1 000 salariés les mieux payés de France ?

En 2017, 1 % des salariés du secteur privé perçevaient plus de 8 680 euros nets par mois en équivalent temps plein. Cela correspond à 7,5 fois le Smic. Ce top 1 %, qui comprend 163 000 salariés, ne forme pas un ensemble homogène de professions et présente de fortes disparités de rémunérations. Tout en haut de l’échelle salariale, les 1 000 salariés les mieux rémunérés perçoivent plus de 89 530 euros nets par mois. Majoritairement des hommes de plus de 50 ans et très souvent travaillant à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, les salariés du top 1 % occupent principalement des postes de direction ou de cadres dans les entreprises et les banques. 

Tout en haut de l’échelle salariale, dans le top 1 000, la part des dirigeants salariés, des cadres d’état-major des grandes entreprises et des cadres du secteur financier s’accroît encore au détriment de celle des autres cadres…

Les hauts salaires : davantage de directeurs que de traders et de footballeurs

Si les professions des salariés les mieux rémunérés sont très diverses, quatre profils principaux se distinguent néanmoins. Tout d’abord, les salariés assurant la direction de leurs entreprises regroupent à la fois les dirigeants salariés (présidents, directeurs généraux, gérants…) et leurs cadres d’état-major. Ils ne représentent que 2 % de l’ensemble des salariés du privé, maissont concentrés parmi les plus hautes rémunérations : ils constituent ainsi 26 % du top 1 %, et même 45 % du top 1 000.Ensuite, les autres cadres à hautes responsabilité ou expertise (hors banques) forment un ensemble plus hétérogène : il comprend des cadres administratifs et commerciaux, des cadres comptables et financiers ainsi que des ingénieurs et cadres techniques. Il représente 16 % des salariés du privé et une part prépondérante du top 1 % (58 %). Sa part dans le top 1 000, bien qu’encore notable, est inférieure de moitié (29 %). Principalement constitué de salariés aux fonctions d’encadrement, ce profil inclut également des salariés aux compétences techniques spécifiques, comme des pilotes de ligne ; ces derniers constituent 2 % du top 1 %. Le troisième profil rassemble les cadres des organismes bancaires et des marchés financiers et inclut notamment les gérants de portefeuille et les traders. Ces salariés, peu nombreux parmi l’ensemble des salariés du privé (1 %), sont particulièrement concentrés dans les plus hautes rémunérations : 7 % du top 1 % et 11 % du top 1 000.

Enfin, les sportifs professionnels, qui représentent une part minime de l’ensemble des salariés du privé, sont en revanche nombreux parmi les plus hautes rémunérations : 11 % des salariés du top 1 000 (et même 26 % du top 100). Même si leur part est plus marginale, notamment dans le top 1 000, d’autres professions sont aussi surreprésentées parmi les hautes
rémunérations : des professions scientifiques, des avocats salariés ou encore des artistes. Pour ces professionnels qui peuvent cumuler différents statuts, les rémunérations non salariées sont exclues.

Lecture : en 2017, la moitié des salariés perçoivent un salaire net en EQTP supérieur à 1 850 euros par mois et 1 % des salariés perçoivent un salaire net en EQTP supérieur à 8 680 euros par mois (source : INSEE)

Les hauts salaires, surtout à Paris et dans les Hauts-de-Seine

Les salariés du top 1 % sont surreprésentés dans les secteurs d’activité des sièges sociaux et de conseil de gestion et dans les services financiers, comprenant notamment les activités des holdings et de l’intermédiation financière. Ces secteurs réunissent 26 % des salariés du top 1 % et 51 % du top 1 000, alors qu’ils ne représentent que 5 % de l’ensemble du secteur privé.
Le commerce de gros et les activités informatiques (incluant la programmation ou le conseil en informatique) se distinguent également : le
premier rassemble 10 % des salariés du top 1 % (contre 6 % dans l’ensemble du privé) et le second 4 % (contre 2 %).
Les salariés aux plus hautes rémunérations travaillent dans les plus grandes métropoles, et notamment en Île-de-France (figure 3), où se concentrent sièges sociaux, services financiers et banques. Ainsi, un quart du top 1 %
travaille à Paris et un autre quart dans les Hauts-de-Seine, où se situe le quartier d’affaires de la Défense. Plus le salaire s’élève, plus cette surreprésentation géographique s’accentue : dans le top 1 000, la moitié
travaille à Paris et un quart dans les Hauts-deSeine. Hors région parisienne, les salariés aux plus hautes rémunérations exercent en très grande majorité dans les départements contenant les principales métropoles, notamment
le Rhône (Lyon), avec 4 % du top 1 % et du top 1 000, les Bouches-du-Rhône (Marseille) et le Nord (Lille). Les salariés du top 1 000 exerçant en province sont plus souvent des sportifs et des dirigeants d’entreprise.

Lecture : en 2017, 48 % des salariés du top 1 000 travaillent à Paris (source INSEE)

Les hauts salaires : peu de femmes de moins de 40 ans, beaucoup d’hommes de plus de 50 ans

Les femmes représentent 42 % des salariés du secteur privé, mais leur part diminue quand les revenus s’élèvent : 18 % du top 1 % et seulement 9 % du top 1 000. Cette faible présence des femmes parmi les salariés les mieux rémunérés contribue nettement à augmenter l’écart salarial moyen entre femmes et hommes : en moyenne, en 2017, dans le privé, les femmes gagnent 16,8 % de moins que les hommes, mais hors top 1 %, l’écart
tombe à 12,4 %. Parmi les hauts salaires, les femmes ont des métiers différents de ceux des hommes et sont notamment moins
souvent dirigeantes salariées ou cadres d’état-major.
Les postes de direction étant généralement atteints en fin de carrière, les salariés de plus de 50 ans représentent plus de la moitié du top 1 % et 60 % du top 1 000, contre un quart de l’ensemble des salariés du privé.
19 % des salariés du top 1 000 ont même plus de 60 ans, contre 3 % dans l’ensemble du privé. À l’inverse, un peu plus d’un salarié sur dix du top 1 000 a moins de 40 ans. Il s’agit presque exclusivement d’hommes,
parmi lesquels figurent très majoritairement des sportifs (pour huit sur dix d’entre eux) et, dans une moindre mesure, des cadres des organismes bancaires et des marchés financiers (un sur dix).

Lecture : en 2017, 18 % des salariés en équivalent temps plein du top 1 % sont des femmes (source: INSEE)
Le top 1 % et le top 1 000 : des salaires plus volatils

Le groupe des salariés aux plus hautes rémunérations se renouvelle au fil des départs à la retraite, des démissions ou des licenciements, des promotions ou encore des changements de statut (passage au
n on-salariat par exemple). Ainsi, un tiers des salariés du top 1 % en 2016 ne font plus partie du top 1 % en 2017 ou n’exercent plus dans le même établissement. Dans le top 1 000, le renouvellement est plus fort encore d’une année sur l’autre puisque 58 % des salariés dans le top 1 000
en 2016 n’en font plus partie en 2017 ou n’exercent plus dans le même
établissement.


En outre, parmi les salariés occupant le même poste en 2016 et 2017 (les personnes en place), les fluctuations de salaires d’une année sur l’autre sont d’autant plus importantes que les niveaux de rémunérations sont élevés. Par exemple, parmi les salariés en place appartenant au top 1 000 en 2016,
les salaires d’un tiers d’entre eux ont baissé d’au moins 25 % en 2017, alors que ce n’est le cas que de 13 % des salariés en place du
top 1 % et de 3 % des salariés en place dans l’ensemble du privé.

La hausse est tirée par les plus hautes rémunérations : la part de la masse salariale perçue dans le privé par le top 0,1 % a crû de plus de moitié en vingt ans et dépasse le seuil des 2 % depuis le milieu des années
2000 (2,3 % en 2017). Lors de la crise économique de 2008, la hausse a été
momentanément interrompue, les hautes rémunérations ayant été plus fortement affectées que les autres

Lecture : en 2017, le top 1 % des salariés perçoit 8,0 % de l’ensemble de la masse salariale du secteur privé. (source: ISEE)
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Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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