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OMS, Bill Gates Fondation, Pfizer/Moderna… Comment L’UE et les USA ont-ils été influencés pour vacciner leurs populations

Ou quand les dollars et les Euros tombent par milliards…

L’étude qui va suivre et réalisée par The BMJ, donne un aperçu de la façon dont les pays “riches” ont assuré les futurs approvisionnements en vaccin contre la covid-19, mais cet accès au vaccin pour le reste du monde est pour le moins inéquitable, si ce n’est différent…

Résumé :

Au 15 novembre 2020, plusieurs pays ont pris des engagements d’achat auprès de 13 fabricants avant la mise sur le marché des vaccins contre le covid-19, pour un total de 7,48 milliards de doses. Un peu plus de la moitié (51%) de ces doses iront aux pays “riches” qui représentent 14% de la population mondiale.

Les États-Unis ont réservé 800 millions de doses, mais représentent seulement 1/5 ème du nombre cas de covid-19 dans le monde (avec 11,02 millions cas), alors que le Japon, l’Australie et le Canada ont collectivement réservé plus d’un milliard de doses, mais ne représentent même pas à eux tous, 1% des contaminations du covid-19, au niveau mondial (avec 0,45 million de cas).

À grande échelle, la capacité maximale de fabrication projetée, serait de 5,96 milliards de doses d’ici la fin de 2021. Jusqu’à 40% (soit 2,34 milliards) de doses de vaccins de ces fabricants, pourraient potentiellement rester disponibles pour les pays à revenus faibles ou moyens, mais il pourrait en rester beaucoup moins si les pays “riches” exercent des options d’extension.

Les prix de ces vaccins varient jusqu’à plus de 10 fois, à partir de 6,00 $ (4,90 €) et jusqu’à 74 $ (57€) par dose de vaccin, notamment ceux de type ARNm.

En dehors de la participation des États-Unis et de la Russie, la mission COVAX – organisée par l’OMS – qui prétend collaborer pour un accès mondial et équitable aux vaccins contre le virus de la COVID-19, a obtenu au moins 500 millions doses, soit la possibilité de pouvoir vacciner 250 millions de personnes à vacciner (puisqu’il faut deux doses/personne), et le financement de la moitié des deux milliards de doses ciblées d’ici la fin de 2021, en guise de solidarité internationale…

On apprend aussi que les fabricants de vaccin Pfizer et Moderna ont perçu des centaines de millions d’Euros de financement par l’Europe et notamment l’Allemagne, pour la conception de leurs vaccins à ARNm.

Selon que vous viviez dans un pays pauvre ou riche, vous serez vacciné bientôt ou plus tard…

Avec plus de 54 millions de cas et plus d’un million de décès dus au covid-19 dans le monde, les efforts mondiaux pour produire les vaccins covid-19 ont pris une ampleur jamais inégalée.

En recherche et développement, 48 laboratoires candidats aux vaccins sont
actuellement soumis à des tests cliniques, tandis qu’au moins 164 autres candidats sont en phase pré-clinique.
Pfizer /BioNTech a produit le premier vaccin covid-19 à recevoir l’approbation réglementaire d’un pays (Royaume-Uni), au début du mois de Décembre 2020.

Ensuite, le vendredi 12 décembre , Pfizer / BioNTech et Moderna et son vaccin à ARN messager (ARNm), ont reçu l’autorisation d’utilisation d’urgence aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA).

Les indicateurs potentiels d’iniquité et d’injustice pour l’attribution des vaccins contre le covid-19 n’est pas difficile à trouver. Effectivement, de nombreux pays ont donné la priorité à la sécurisation des doses de vaccins pour leurs propres populations, (sans forcément regarder où étaient les besoins, ni prendre en compte avec certitude, si les vaccins se révéleront d’une efficacité optimale), prenant ainsi le risque d’acheter plus de vaccins qu’ils n’en aurait besoin ou largement plus qu’ils en utiliseront.

Le Financement des vaccins covid-19 pour les pays pauvres et intermédiaire a pris du retard, malgré les accords les accords conclus par les pays dits : “riches”. En fait, différentes pistes avaient été proposées pour parvenir à une répartition équitable des vaccins dans le monde.

L’approche d’allocation équitable de l’Organisation Mondiale de la santé consistant à distribuer les vaccins, selon le pourcentage de cas dans la population mondiale, a donc été mise de côté pour que la priorité de vaccination se fasse selon la classification “économique” des pays développés et surtout selon leurs besoins : Universités, commerce international, voyages d’affaires…

La mission COVAX, Gavi Alliance et Bill Gates bien évidemment…

La mission COVAX vise à assurer une distribution équitable des vaccins contre le covid-19. Elle a pris forme avec l’organisation Gavi Alliance, anciennement Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation,  financée par la fondation du milliardaires Bill Gates, qui prétend être une coalition pour la préparation aux épidémies grâce à l’Innovation et l’Intelligence Artificielle notamment.

En mutualisant ressources et candidats vaccins, COVAX fournirait ainsi l’accès à un pool diversifié de vaccins potentiels et permettrait des économies importantes. Les États-Unis et la Russie ont, jusqu’à présent, décidés de ne pas participer à la mission COVAX (ce qui devrait certainement changer dans quelques jours avec l’arrivée de Biden à la tête des USA).

L’objectif de COVAX est de fournir au moins deux milliards de doses des vaccins covid-19 d’ici la fin de 2021 et à ce jour plus de 2,00 milliards de dollars (1,65 milliard d’euros) ont été mobilisés pour soutenir le Gavi/COVAX, assez pour réserver un milliard doses pour les pays “éligibles”. Cependant, au moins 5 milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires pour acheter des doses en 2021 de nouveaux vaccins pour COVAX, selon l’OMS.

L’absence de coordination mondiale sur la réponse vaccinale contre le covid-19, rend d’autant plus importante la transparence des accords bilatéraux entre fabricants et acheteurs agissant au nom d’un pays ou d’une communauté de pays. En effet, les pays et COVAX n’ont pas publié les contrats passés avec les fabricants de vaccins.

Un tel manque de transparence alimente les inquiétudes concernant un potentiel “nationalisme vaccinal”. Pour contrer cette non-transparence et obtenir une évaluation du marché, des chercheurs indépendants ont analysé l’achat avant “promesse d’achat” de doses de vaccins covid-19 aux principaux
fabricants.

Engagements de préachat de vaccins : Une étonnante répartition des “types” de vaccin suivant la richesse des pays

Sur les 48 laboratoires/candidats aux vaccins covid-19 en cours d’ évaluation clinique, 13 fabricants sont entrés en phase d’engagements d’achat avant la mise sur le marché pour au moins 7,48 milliards de doses, soit 3,76 milliards de vaccinations (rappelons qu’il faut deux doses par personne).

Les pays “riches”, y compris l’Union Européenne, ont réservé 51% de ces doses, soit environ 3,85 milliards de doses (tableau 1), bien qu’ils ne représentent que 13,7% de la population mondiale.

 

Tableau 1 : Tarifs des vaccins commercialisés. Capture d’écran theBMJ.com

Des 13 fabricants, seuls six se ont vendu à des pays dits “riches”. Les doses de vaccins pour les pays “pauvres” et pays “intermédiaires”, sont majoritairement fournies par AstraZeneca / Oxford University (2,03 milliardsdoses); Novavax (1,1 milliard de doses); la firme russe Gamaleya (349 millions de doses) et les entreprises chinoises, SinoVac et CanSino (135 millions doses).

La situation du covid-19 varie considérablement selon les pays. Par exemple, à compter du 15 novembre 2020, les États-Unis avaient réservé 800 millions de doses mais comptaient seulement un cinquième de tous les cas de covid-19 dans le monde.

En revanche, le Japon, l’Australie et le Canada avaient réservé plus d’un milliard (1,03 milliard) de doses, bien que ces trois pays combinés ne rassemblent même pas 1% de tous les contaminations de covid-19.

COVAX a réalisé l’achat de 300 millions de doses de vaccin d’AstraZeneca / Université d’Oxford. Après avoir a obtenu une subvention de 300 millions de dollars des Bill and Melinda Gates Fondation, COVAX a acheté 200 millions de doses supplémentaires de doses d’AstraZeneca / Université d’Oxford. Le tout avec un prix plafond de 3 $ par dose.

Ce qui ne représente que la moitié du milliard de doses pour les pays “éligibles”, pour lesquels un financement a été levé, et seulement un quart des au moins deux milliards de doses recherchés par COVAX d’ici la fin de 2021. Non inclus dans ce nombre, les 200 millions de doses de Sanofi / GSK à base de protéines et pour lequel COVAX a également conclu un accord signalant son intention d’achat.

AstraZeneca / Oxford University a atteint un accord de licence avec le Serum Institute of India afin de fournir un milliard de doses aux pays “pauvres” et “intermédiaires” dont une partie va en Inde. Indépendamment, le Serum Institute of India a également signé un accord de licence avec Novavax pour au moins un milliard de doses supplémentaires, à distribuer également en Inde et d’autres pays pauvres.

Les fabricants de vaccins en Russie et en Chine ont également conclu des accords bilatéraux avec les pays “pauvres” et “intermédiaires” pour fournir des vaccins contre le covid-19.

L’Institut de recherche Gamaleya a conclu des accords pour fournir le vaccin “Sputnik V” en Russie, Inde, Vietnam, Mexique et Brésil, avec des engagements d’achat avant commercialisation pour un total de 349 millions doses (voir fig S1 dans le fichier supplémentaire ci-dessous ou accédez directement à la version interactive sur www.IgniteTheIDEA.org / covid-reservedvaccines) . 

Le second diagramme montre comment divers pays ont réservé ces vaccins candidats à différentes étapes de la recherche et de développement, des essais pré-cliniques à la phase III. 

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne, le Canada et Japon, ont acheté des vaccins candidats à divers étapes de recherche et développement. Tandis que les pays pauvres et intermédiaires n’ont cependant réservé que des vaccins qu’à partir des essais en phase III ou en phase II / III.

Les vaccins de types ARNm particulièrement destinés aux populations en Occident et aux USA.

Les pays ont effectué des achats d’engagements pour des vaccins candidats de  différentes conceptions : dont 53% (3,97 milliards) sont basés sur une forme de vecteur viral non réplicatif, 31% (2,29 milliards) sur une forme de protéine, 14% (1,04 milliard) sur forme ARNm, et 2% (180 millions) sur un
forme antivirus inactivée. 

Notamment, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon, le Canada et l’Union européenne qui ont tous réservé des doses de vaccin sur trois formes différentes ou plus.

À noter que peu de pays pauvres ou intermédiaires, ont sécurisé des accès aux vaccins basés sous une forme d’ARNm qui est maintenant disponible sur le marché. Toutefois Pfizer / BioNTech a commencé à conclure des accords de pré-commercialisation, pour son vaccin ARNm, avec quelques uns des pays intermédiaires de la tranche supérieure, tels que le Costa Rica
et le Pérou.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et le Canada ont passé des commandes auprès d’au moins six fabricants différents.
Parmi les fabricants de vaccins qui ont obtenu des engagements d’achat avant commercialisation, ont retrouve AstraZeneca /Oxford qui était entrée en phase III d’essais clinique et qui devant ses concurrents a remporté 43% de toutes les doses réservées à ce jour. AstraZeneca / Oxford University a également
fourni 56% des doses réservées aux pays pauvres et intermédiaires.

Engagements d'achat avant commercialisation et coût par habitant

Bien que plusieurs éléments entrent en ligne de compte pour les besoins d’un pays afin de baser ses calculs sur les risques, le volume de ses engagements d’achat peut être comparé à la taille de la population du pays acheteur et le nombre de cas de covid-19 signalés. Si ces vaccins candidats sont tous soumis à un succés à l’échelle, le projet de vaccination par habitant montre que le Canada, suivi de l’Australie, du Royaume-Uni, du Japon, de L’Union Européenne et les États-Unis ont au moins déjà réservé une vaccination par personne au sein de leur pays (fig 1). 

Fig.1 | Engagements préalables à la commercialisation des vaccins contre le covid-19, par habitant. On suppose que le programme de vaccination nécessitent deux doses, sauf pour CanSino, qui propose être une dose par sujet vacciné.

Le Canada a réservé 9,5 doses, soit bien plus de quatre vaccinations par personne, alors que les États-Unis ont réservé un peu plus de deux doses par habitant (soit un peu plus d’une vaccination par personne).

Les pays pauvres ou intermédiaire comme le Brésil et l’Indonésie, ont réservé moins d’un kit vaccinal pour deux personnes. 

Les prix des vaccins varient considérablement, même parmi ceux qui utilisent les mêmes techniques. Par exemple, celui d’AstraZeneca /Oxford est au prix de 6,54 € par kit pour les pays des États-Unis et du Royaume-Uni alors qu’au Brésil et en Chine, il est proposé à 4,90 € par kit pour les doses fabriquées par le Serum Institute of India et à destination de l’Inde et d’autres pays pauvres ou intermédiaires. 

Les vaccins réservés par l’UE (sous forme ARNm), sont beaucoup plus chers.
Le vaccin de BioNTech / Pfizer est au prix de 31,87 € par kit, tandis que le vaccin de Moderna se situe dans une fourchette de prix qui varie de 52,32 € à 60,49 € par kit. 

En clair, les tarifs des vaccins dits “traditionnels“ vont de 4,90 € à 16,90 € par kit de vaccination et ceux qui utilisent l’ARNm vont de 19,63 € à 60,49 € par kit.

Capacité de fabrication de vaccins

Selon les stocks des principaux fabricants de vaccins, les volumes sont déjà de 3,76 milliards de kits, et la capacité maximale de fabrication prévue d’ici fin 2021, est de presque 5,96 milliards de kits (fig 2). 

Fig 2 | Capacité de fabrication prévue d'ici la fin de 2021 par les principaux fabricants produisant les vaccins contre le covid-19. Sur la base que la vaccination d'une personne nécessite deux doses.

Ces chiffres comprennent la capacité de production de vaccins prévue par la Chine soit 610 millions de doses en 2020 et au moins un milliard de dose pour l’année 2021.La population mondiale étant de plus de 7,67 milliards, soit le double d ‘il y a 50 ans (3,7 milliards en 1970).

La figure 3 (ci-dessous) illustre les capacités de production projetées par les 13 entreprises avec achat avant commercialisation engagements, ainsi que le nombre de doses réservées dans les engagements d’achat pré-commercialisation déjà conclus avec des pays. 

Fig 3 | Estimation des kits restants des vaccins contre le covid-19. Le nombre de kits de vaccination contre le covid-19 réservés est estimé à partir de la somme totale de engagements d’achat avant commercialisation connus du public pris par ce fabricant de vaccins. Les autres kits de vaccination contre le covid-19 sont estimés par rapport à la capacité totale de fabrication fixée par les fabricants de vaccins d'ici la fin de 2021.

AstraZeneca /Oxford — candidat précoce aux essais cliniques – semble avoir
fait des réservations publiques qui ont couvert la totalité de sa capacité de fabrication prévue, de trois milliards de doses jusqu’à la fin 2021.

 Cependant, les autres fabricants pourraient avoir la capacité de répondre favorablement à d’autres engagements d’achats provenant de pays pauvres ou intermédiaires. 

Concrètement, au moins 40% de la totalité des kits de vaccination peuvent rester disponibles pour les pays intermédiaire. Cependant, pour l’instant, on ne sait pas si les pays “riches” pourraient exercer des options d’extension supplémentaires au-delà de leurs engagements d’achat avant la mise sur le marché, ou partager ce qu’ils ont déjà acheté avec d’autres pays.

À la fin des premiers essais cliniques des vaccins candidats covid-19, les décideurs public ont commencé à se demander qui devait être vacciné en premier, lorsque les doses deviendront disponibles. Ainsi, les engagements d’achat avant commercialisation offrent un aperçu de ceux qui contrôleront probablement les doses de vaccin covid-19, dés qu’elles sortiront des lignes de production. 

Effectivement, les pays riches ont réservé un peu plus de la moitié de des doses de vaccins des 13 principaux fabricants mondiaux. 

Les pays intermédiaires ont le reste… malgré que ces pays totalisent plus de 85% de la population mondiale. Même si les 13 fabricants de vaccins devaient réussir à atteindre leur capacité de production maximale, au moins un cinquième de la population mondiale n’aurait pas accès aux vaccins
jusqu’en 2022, au moins.

Les pays riches ont misé gros pour obtenir un plus large éventail de candidats vaccins sous plusieurs formes, sans prendre en compte un éventuel succès du vaccin AstraZeneca / Oxford qui a non seulement le prix le plus bas, mais aussi, nécessite une réfrigération traditionnelle pour le transport et le stockage.

En concéquence, AstraZeneca / Oxford a conclu le plus grand engagement d’achat avant la mise sur le marché grâce aux pays intermédiaires. 

En revanche, seuls les pays riches se sont procurés des vaccins à ARNm, notamment auprès de Pfizer / BioNTech et Moderna (le vaccin qui sera distribué en France).

Bien que les vaccins ARNm puissent être parmi les premiers à obtenir une approbation réglementaire, ils nécessitent toutefois une infrastructure de chaîne du froid qui n’est pas facilement disponible dans des environnements à ressources limitées.

Financements politiques des industriels

La mission COVAX pourrait jouer un rôle clé afin de garantir l’accès aux vaccins covid-19 aux pays les plus défavorisés. Cependant, son objectif de deux milliards de doses d’ici la fin de 2021, est loin d’être atteint. 

Pourtant, plusieurs pays ont contribué à COVAX pour soutenir les nations éligibles  à l’accès aux vaccins covid-19. Au nom de COVAX, L’UNICEF et l’Organisation panaméricaine de la santé, le Fonds renouvelable pour l’accès aux vaccins ont lancé un appel d’offres pour tous les développeurs de vaccins covid-19, leurs demandant de soumettre des propositions pour aider à répondre à cette demande dans l’année à venir.

Parmi les 13 fabricants de vaccins en pré-commercialisation, comme on l’a vu précédemment, la plupart pourraient avoir un potentiel de doses non encore réservées. Du côté de l’offre, 35 des 48 fabricants de vaccins sont actuellement en test clinique et n’ont pas d’engagement d’achat avant la commercialisation connu du public, mais sans ces engagements existants, on ne sait pas non plus où en sont les financements.

 Du côté de la demande, COVAX pourrait exiger une quote-part de 1,60 $ par dose pour l’avance d’achats engagés par les pays autofinancés. Ces quotes-parts pourraient contraindre certains pays à obtenir des prêts ou des financements externes. Enveloppe de 12 milliards de dollars de la Banque mondiale pour le financement de vaccins, de traitements et de tests. Ainsi, le  prix des vaccins pourrait poser de sérieux problèmes pour les défis à un accès abordable.

Plusieurs analyses ont mis en évidence que le nombre de doses de vaccins réservées par les pays riches, était un signe de nationalisme vaccinal. 

Cette étude va plus loin en révélant qu’il existe de potentielles raisons d’expliquer pourquoi certains pays ont acheté plus de kits de vaccination chez certains fabricants. 

Tous les candidats vaccins de cette étude, ont reçu des engagements d’achat avant la mise en marché, mais certains ont également été soutenus par le financement de la recherche et développement. Par exemple, Moderna a reçu 955 millions de dollars en recherche biomédicale avancée et des financements du développement pour la recherche et le développement, ainsi qu’ un engagement d’achat avant commercialisation de 1,53 milliard de dollars.

Pfizer / BioNTech a bénéficié de 375 M € du ministère fédéral allemandde la recherche et 100 M € supplémentaires de refinancement de la dette de la Banque européenne d’investissement.

Il est aussi judicieux de savoir que le 2 février 2015, Moderna et l’Institut Pasteur officialisaient leur “collaboration stratégique” par communiqué de presse :

Moderna Therapeutics, pionnier des traitements exploitant l’ARN messager (ARNm), et l’Institut Pasteur, ont annoncé aujourd’hui la signature d’un accord de recherche collaborative stratégique à long terme, en vue de la découverte et du développement de médicaments et vaccins à partir de la plate-forme mRNA Therapeutics™ de Moderna. Valera encadrera la recherche collaborative pour Moderna, dont elle est une société de capital-risque.

Source : 

https://www.pasteur.fr/fr/moderna-institut-pasteur-signent-accord-recherche-collaborative-strategique-0

Ces sommes ont largement financé des accords bilatéraux entre pays riches et les fabricants de vaccins de type ARNm. À ce stade, aucun engagement public de vouloir partager ces doses de vaccins réservées avec des
les pays intermédiaires, n’a été évoqué. 

Sur ce point, ces accords bilatéraux ont suscité des suspicions selon lesquelles les prix des vaccins auraient augmentés. Le nombre de kits de vaccination contre le covid-19 par habitant, commandés par certains pays, permet de mesurer la façon dont les pays prennent des garanties contre un éventuel risque d’échec des vaccins candidats. Le nombre de kits commandés démontre une considérable variabilité à travers les pays riches, dont certains sont à plus de quatre kits par habitant, tel que le Canada et les Etats Unis à un peu plus d’un kit de vaccination par personne. aux États-Unis.

Selon certaines sources, l’accord américain avec Moderna (vaccin qui sera distribué en France) comprend une option de mise à l’échelle. Bien que ces contrats ne soient pas totalement transparents, les options pourraient expliquer pourquoi les États-Unis et l’UE se sont engagés sur ces énormes volumes de pré-commandes.

Traduction des analyses et des éléments suivant le document publié le 15 décembre 2020 par The BMJ

 

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