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La conjoncture française estimée en recul de 8% au mois de décembre, soit le double de ce qui était initialement prévu après le 1er confinement.

La Banque de France a fait un point sur la conjoncture française à début décembre 2020

Selon un rapport de la Banque de France qui a procédé à une enquête mensuelle menée, entre le 26 novembre et le 3 décembre 2020 auprès de 8 500 entreprises ou établissements (hors commerces), l’impact du confinement est globalement beaucoup moins marqué que celui du premier confinement tout en étant inégal selon les secteurs d’activités.

L’enquête souligne que sur le mois de novembre, l’activité a été relativement peu affectée dans l’industrie et le bâtiment tandis que les services ont enregistré un repli marqué, en particulier dans l’hébergement, la restauration et les services à la personne. Au total, la perte de PIB est estimée à moins 11 % en novembre et à − 8 % en décembre, soit plus du double des prévisions qui étaient de moins 4 % au 4e trimestre 2020 (par rapport au trimestre précédent).

Le mois de novembre stable dans l’industrie et le bâtiment et en chute dans les services

Au mois de novembre, et alors que les chefs d’entreprise anticipaient un léger repli de leur activité en lien avec les mesures de confinement, l’activité est globalement stable dans l’industrie.

Le taux d’utilisation des capacités de production est inchangé à 73 % en moyenne en novembre (il était de 79 % avant la crise). Alors qu’une baisse est constatée dans le secteur des produits informatiques, électroniques et optiques (de 73 à 71 %) et dans celui de l’automobile (de 71 à 69 %), une légère progression est observée dans la chimie (de 75 à 76 %) et les biens d’équipement (de 73 à 74 %).

L’activité demeure proche de son niveau d’avant-crise dans l’industrie agro-alimentaire, les autres produits industriels et la pharmacie. Elle reste dégradée dans le secteur de l’aéronautique et des autres transports. Dans les autres secteurs, la production résiste bien sur le mois de novembre malgré les mesures de confinement.

Dans les services la baisse de l’activité est beaucoup plus marquée et caractérisée par de fortes disparités entre secteurs. Les services tournés vers les ménages ont enregistré une perte d’activité importante : les secteurs de la restauration et de l’hébergement ont été logiquement les plus touchés par les mesures de confinement.

Dans le bâtiment, l’activité enregistrée au mois de novembre est meilleure que prévue par les chefs d’entreprise le mois dernier et se maintient globalement, avec une situation un peu plus favorable pour le second œuvre.

Ainsi, pour l’ensemble des secteurs, à l’exception de l’hébergement-restauration, l’impact du deuxième confinement a été beaucoup moins fort que celui du premier confinement, indique la banque France dans son rapport.

Dans l’industrie, l’opinion sur la trésorerie efface en novembre son repli du mois précédent et revient à son niveau d’avant crise. Dans les services en revanche, la situation de trésorerie se détériore de nouveau, et demeure en deçà de son niveau moyen d’avant-crise.

Pour le mois de décembre, les chefs d’entreprise anticipent une stabilité de leur activité dans l’industrie et le bâtiment tandis que les services enregistreraient une légère progression, avec des disparités importantes entre secteurs
 

Dans l’ensemble, l’activité serait en décembre quasi stable dans l’industrie comme dans le bâtiment. Ces deux secteurs ont bien résisté en novembre, ayant été moins touché par les restrictions sanitaires, et cette situation perdurerait en décembre. Les opinions sur les carnets de commande dans l’industrie et le bâtiment demeurent toutefois sous leur moyenne de long terme.

Dans les services, les chefs d’entreprise anticipent une légère progression de l’activité, avec de fortes disparités entre secteurs. Certains secteurs concernés par la levée des restrictions intervenue fin novembre tablent sur une reprise assez nette – c’est le cas des activités de loisirs et services à la personne, de la location d’automobiles et du commerce et de la réparation automobile– , tandis que pour l’hébergement-restauration la situation n’évoluerait pas.

La perte de PIB évaluée à environ – 11 % en novembre et estimée autour de – 8 % pour le mois de décembre 2020

Par rapport à son niveau normal pré-pandémie, la perte de croissance est – 11 % pour le mois de novembre. Selon les estimations de la BdeF, le mois de novembre s’est caractérisé par un recul significatif de l’activité économique, en lien avec la seconde vague de l’épidémie et l’entrée en vigueur d’un nouveau confinement à partir du 30 octobre. Ainsi, le niveau d’activité se serait dégradé par rapport à octobre (– 11 % en novembre après – 4 % le mois précédent), mais la perte resterait toutefois nettement plus limitée que celle enregistrée en avril lors du premier confinement (– 31 %).

Les mesures sanitaires entraîneraient ainsi une perte d’activité avec des disparités importantes entre secteurs en fonction de la nature des restrictions qui s’y appliquent. Certaines activités de services sont directement affectées par le confinement, telles que le commerce non alimentaire, la restauration traditionnelle ou les activités récréatives. Ces secteurs présentent des niveaux de perte assez comparables au précédent confinement à quelques effet d’adaptation près, par exemple par le biais de la vente à emporter ou de la collecte d’achats prépayés. En revanche, l’activité dans le transport devrait être nettement meilleure qu’en avril grâce à l’activité de transport de fret et au fonctionnement des transports en commun de personnes.

Au contraire, dans l’industrie et la construction les chefs d’entreprises font état d’une résilience de l’activité et d’une perte d’activité très modérée relativement à celle constatée en avril. Les nouvelles dérogations, l’adaptation du cadre de travail des entreprises aux contraintes sanitaires ainsi que la continuité des crèches et des écoles limiteraient la perte pour ces secteurs.

L’enquête permet également de fournir une estimation de la perte d’activité associée  à l’allègement par étapes des restrictions sanitaires, estimée autour de – 8% sur décembre.

La prévision d’activité pour la fin de l’année reste très incertaine, dépendante de l’évolution sanitaire en décembre, laquelle conditionne la levée des restrictions. Un assouplissement progressif du confinement a débuté à partir du 28 novembre, avec la réouverture des commerces et rayons dits « non essentiels » et moindres restrictions de mobilité. À partir du 15 décembre, certaines mesures additionnelles seront appliquées par l’exécutif. Plus précisément, un couvre-feu strict (de 20 heures à 6 heures) devrait se substituer au confinement, impliquant une certaine souplesse pour les fêtes de Noël.

Le scénario retenu pour décembre considère en outre les annonces du Gouvernement du 10 décembre, sous l’hypothèse de sa mise en œuvre comme prévu. Notre estimation de perte de PIB pour décembre s’élève à – 8 %. Cette estimation suggère une reprise partielle de l’activité par rapport au mois de novembre sans pour autant rattraper son niveau d’octobre.

La prévision sectorielle témoigne de disparités significatives entre les secteurs. L’ouverture des commerces « non essentiels » fin novembre soutiendrait le commerce de détail, avec un potentiel rebond de la demande dans un contexte des fêtes de fin d’année.

La deuxième étape du déconfinement à partir de mi-décembre permettrait une légère réabsorption du choc dans les transports, en raison des moindres restrictions de mobilité. En revanche, la perte dans l’hébergement-restauration resterait globalement stable par rapport à son niveau de novembre du fait notamment de la non-réouverture des bars et restaurants (prévue pour janvier 2021, en fonction de l’évolution de l’épidémie). Cette stabilité serait aussi observée dans les arts, spectacles et activités récréatives (comme les théâtres, les cinémas et salles de sports) qui resteront fermés au moins jusqu’à début janvier.

La Banque de France indique qu’en prenant en compte ses estimations de perte d’activité pour les mois d’octobre, novembre et une anticipation de reprise graduelle pour décembre, que le PIB au 4e trimestre 2020 diminuerait d’environ – 4 %, après + 18,7 % au 3e trimestre selon les comptes nationaux trimestriels publiés par l’INSEE) et de – 9 % en moyenne annuelle pour 2020.

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