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La bourse cet autre pays du fromage, mais cette fois Renart n’a pas eu le fromage!

Les actions des magasins de jeux vidéo GameStop ont grimpé à un rythme effréné, mettant en difficulté le fonds spéculatif qui pariait sur leur baisse. Une «révolte boursière» contre l’establishment cordonnée par un groupe de boursicoteurs sur Reddit. En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/economie/83260-envolee-actions-gamestop-revolte-petits-porteurs-contre-fonds-speculatifs

Les médias mainstream, BFM, LCI, Figaro, Monde, France Inter ne cessent de nous asséner pour les premiers, d’acquiescer pour les seconds, que si le monde connait un enrichissement sans précédent, c’est grâce à la libéralisation des marchés et de l’augmentation des investissements via les bourses ces 40 dernières années !

En les écoutant, sans la bourse pas d’investissements donc pas de renouvellement / amélioration des capacités de production des entreprises, sans la bourse pas de système de retraites décents. Comme si les entreprises n’avaient pas trouvé de capacités de financement autres que les marchés boursiers !

Prenons en France les champions industriels côtés au CAC40, sont-ils là parce que leurs capitaux sont issus du privé via les marchés à l’émission et au marché des échanges ? À l’analyse on voit rapidement que ces « champions » en sont arrivés là grâce à d’autres mécanismes, et que le fait de dire que c’est grâce aux bourses ne tient absolument pas pour deux facteurs.

Primo lorsqu’on regarde l’histoire de ces groupes, Renault, Citroën, Peugeot, Dassault, etc. tous ont bénéficié tour à tour de recapitalisation de l’état (donc de la volonté politique de les sauver et de les faire croître sur les deniers publics), ont été temporairement nationalisés (ce qui revient à sortir ces groupes de la concurrence en les maintenant en vie artificiellement des années voir des décennies durant afin de les capitaliser à fond, jusqu’à ce que leur technologie soit mature, ou jusqu’à ce qu’ils atteignent une taille suffisante pour bénéficier d’énormes économies d’échelle), ont bénéficié de marchés publics, de prêts à taux zéro et/ou d’annulation de cotisations et/ou d’effacement de dettes et/ou de crédits d’impôts rapidement transformés en cadeaux d’impôts, de règles de comptabilité et de fiscalité particulièrement complaisantes etc.

Secundo un simple coup d’oeil sur les volumes des deux marchés boursiers suffit à démontrer à quoi sert réellement la bourse. En moyenne le marché des échanges génère 3 milliards de transactions quotidiennes (Depuis 2002 record historique le plus bas 800 millions, le plus haut 13,5 milliards). Le marché à l’émission, c’est-à-dire celui où se présentent des entreprises désireuses de trouver des capitaux pour réellement s’agrandir est en moyenne de 180 milliards par an (avec un plus bas à 120 milliards et un plus haut à 300 milliards annuel) soit une moyenne de 818 millions par jour. Ce qui en d’autres termes veut dire que les émissions d’actions contre monnaie sonnante et trébuchante pour acheter des machines, des méthodes, des savoirs (mais hélas aussi pour acheter d’autres groupes et virer 30% des salariés pour faire un rebond boursier) ne représente que 27% des volumes des échanges réalisés quotidiennement.

On voit dans ce simple rapport de grandeur que le but de la bourse est d’échanger en faisant fluctuer les cours pour multiplier les petits pains, spéculer mais en aucun cas d’aider des entreprises à grandir et à innover, encore moins à embaucher. Nos gros parieurs sont tellement cupides qu’ils utilisent tous les stratagèmes pour attirer toujours plus de cash dans leur système de captation. Ainsi doit-on lire la volonté de privatiser la santé, les retraites, ERDF, la SNCF etc. Ainsi faut-il également comprendre les multiples publicités, concours de trading, etc. pour boursicoter malin.

Dans ce contexte il est nécessaire d’attirer les parieurs sur le côté positif de la bourse en faisant miroiter l’existence de ces « grands champions » à la rentabilité quasi magique, véritables porte drapeaux du libéralisme et tant pis si leur histoire a subi un révisionnisme des plus éhontés. L’important est d’attirer. Et si en France la bourse peine à attirer les petits parieurs-miseurs- ou investisseurs, pas la peine de s’inquiéter l’actuelle présidence veille à détruire tout ce qui fut système collectif afin non plus de flécher l’épargne vers la bourse mais à la contraindre à y aller.

Contraindre les petits, les futurs retraités à aller vers ce système possède pour les plus gros bien des avantages. En premier lieu, cela augmente le volume de liquidités disponibles et qui dit plus gros volumes dit plus gros profits. Ensuite le fait qu’une grande majorité d’individus lambda y aient toutes leurs économies est intéressant car cela crée de fait une communauté de destins. Entendre par là que quand un gros, une banque ou un fond de pension plonge à cause de prise de risque inconsidérée, même les petits feront pression sur les gouvernements pour activer toutes les possibilités d’un too big to fail. En gros un très riche qui ponctionne par ces mécanismes les petits, les verra défendre ses intérêts personnels, ou comment manœuvrer pour solidariser les petits au destin des gros sans qu’il y ait aucune réciprocité. Là est le « projeeeet » présidentiel.

Cependant le vivant, et l’homme en particulier est plein de surprises et il trouve toujours le moyen de contourner et de briser le déterminisme que les plus nantis essayent de lui imposer. Ainsi aux États-Unis, royaume du capitalisme et des fonds de pension, c’est une véritable petite révolution qui vient d’avoir lieu. En effet des fonds dont la moralité peut être réduite à « greed is good » ont tenté une vente en « shorting » traduire vendre à un prix élevé un certain nombre d’actions AVANT de les avoir soi-même acquises !

Notez tout de même qu’avec les outils dont disposent nos nantis de la finance, ils peuvent vendre un bien pas encore acquis pour multiplier les petits pains, c’est tout comme vous, si vous vendiez une maison avec plus value sans l’avoir achetée ! Ça laisse tout de même songeur ce genre de mécanismes, c’est totalement interdit aux particuliers, totalement interdit dans toutes les transactions sauf en bourse. C’est généralement grâce à ces mécanismes que certains gros fonds vautours se taillent la part du lion et que les moins bien informés (généralement les petits fonds, les petits actionnaires) se retrouvent à payer pour les mieux informés (Les gros qui ont pu se payer des IA, qui font du trading haute fréquence etc.).

Mais cette fois ci dans la lutte du pot de terre contre le pot de fer, il y a eu un léger souci. Les petits épargnants coordonnés par une association ont, entre le moment de la vente des actions, et le rachat par deux edge fund, acheté la totalité des actions et fait grimper le cours de celles-ci. Et comme les deux vendeurs ont signé la vente et empoché les gains, ils ont été obligés de payer le prix fort pour acheter beaucoup plus cher ce qu’ils avaient vendu à peu !

Bilan 5 milliards de pertes pour les deux compagnies, avec appel à la concurrence pour se faire refinancer pour cause de faillite imminente. Nul doute que le gendarme boursier va de ce pas modifier les règlements de vente d’actions pour empêcher les groupements de retraités et de prolos d’intervenir en bourse, et ainsi fausser une concurrence pure et parfaite censée assurer l’équilibre et la bonne répartition des richesses !

Tout de même si des gueux peuvent maintenant faire tomber des milliardaires, où va-t-on !

Written by Julien Lovato

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