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Groupe La Dépêche/Midi Libre: L’affairiste Baylet “dégraisse” la presse régionale avant de placer un de ses fistons à la tête des affaires familiales

Un coup de maître, certains diront…

Le politique Jean-Michel Baylet, hommes d'affaires et d'affaires judiciaires

Peu avant de placer son fils à la tête du groupe et après avoir ponctionné des millions d’Euros de subventions publiques, le patron de La Dépêche, Jean-Michel Baylet, peut se prévaloir d’un succès gagné aux forceps : l’Alliance de la presse d’information générale (APIG), qu’il a présidée ces derniers mois, a acté le lancement d’un grand plan de réduction des imprimeries de la presse régionale. Un coup de maître, certains diront…

Le jeudi 8 octobre, pour son dernier conseil d’administration en tant que président de l’alliance de la presse d’information générale (Apig), Jean-Michel Baylet, faisait adopter à l’unanimité le plan filière concernant les imprimeries de presse. L’objectif est de réduire les capacités d’impression de la presse quotidienne régionale afin de caler l’outil industriel sur une prévision de baisse structurelle de 25 à 30 % des volumes d’impression de journaux d’ici à 2030.

Une décision de tailler dans les effectifs qui aura pour conséquence la suppression de 500 postes d’ici deux ans. Cette information tombait, quelques semaines avant un communiqué de presse du 7 janvier 2021, indiquant Le Conseil d’Administration du Groupe La Dépêche du Midi a décidé de nommer Jean-Benoît Baylet Directeur Général du Groupe (fils de Jean Michel Baylet). Diplômé de l’ESSEC ainsi que d’un Master de Sciences Politiques de l’Université d’Assas, Jean-Benoît Baylet était auparavant Directeur Délégué du Groupe Dépêche du Midi, puis Directeur Général Adjoint en 2017. Dans le cadre de la transition générationnelle, il aura principalement la responsabilité du Pôle Est du Groupe composé des ex-journaux du Midi : Midi Libre, l’Indépendant et Centre Presse. Jean-Nicolas Baylet, également Directeur Général du Groupe depuis 2014 et conserve ses fonctions sur le Pôle Ouest (La Dépêche du Midi, La Nouvelle République des Pyrénées, Le Petit Bleu et Midi Olympique). Nous apprend le communiqué du groupe.

La tête du groupe la Dépêche du Midi, empire de la famille Baylet – source: Déclaration de Performance Extra-Financière de 2019

Des soupçons sur plusieurs millions d’Euros de subventions publiques, versées par l’Etat au Groupe la Dépêche du Midi

En mars 2019, lors de la question écrite N°09350, le sénateur M. François Bonhomme interrogeait le ministre de la culture sur les conditions dans lesquelles a été obtenue la subvention de plus de 3,4 millions d’euros attribuée au groupe La Dépêche du Midi – Midi Libre pour sa nouvelle imprimerie.

Il s’étonnait tout particulièrement que le ministère ait pu consentir à un tel montant alors que les règles du fonds stratégique pour le développement de la presse prévoient de façon explicite que « le montant de l’aide susceptible d’être accordée à un projet éligible de publication ou de service de presse en ligne est plafonné à la somme de 1,5 million d’euros par projet ».

Il lui demandait par conséquent de bien vouloir lui préciser les motivations de cette étonnante subvention ainsi que les conditions dans lesquelles ces aides ont été obtenues.

Voici, ce que fut la réponse du Ministre:

Les aides à la presse sont attribuées en application de textes réglementaires et sur le fondement de critères objectifs et transparents. En l’occurrence, les règles du Fonds stratégique pour le développement de la presse sont strictement régies par le décret n° 2012-484 du 13 avril 2012. L’attribution de cette subvention au groupe La Dépêche du Midi – Midi Libre a pleinement respecté les règles prévues par ce texte. La subvention concernée a été accordée à un projet collectif, Midi Libre étant associé à quatre autres titres : La Semaine des Pyrénées, Le Courrier Français, Le Bulletin d’Espalion et Le Journal d’Ici. Or la règle de plafonnement, évoquée dans la question, à 1,5 M€ par projet (article 26 du décret n° 2012-484) ne concerne pas les projets collectifs. Pour ces derniers, le montant de la subvention susceptible d’être accordée est plafonné à la somme de 1 M€ pour chacune des entreprises éditrices participant au projet collectif (article 27 du décret). Aussi, le montant d’aide attribué à ce dossier (3 441 475 €) a parfaitement respecté le plafond d’aide applicable au cas d’espèce (5 M€). Pour mémoire, cette subvention a également respecté la règle qui prévoit que l’aide attribuée à un projet collectif ne peut être supérieure à 20 % du montant de la dotation du fonds (article 27 du décret), soit 3 642 871 € en 2018. La subvention a ainsi été attribuée dans le plein respect des règles applicables, après avis favorable du comité d’orientation du 6 septembre 2018, qui réunit des représentants des organisations professionnelles des éditeurs de presse, des personnalités qualifiées au titre de leur connaissance du secteur et des représentants de l’administration. Le système d’impression numérique subventionné devrait permettre, à terme, non seulement de maintenir le tirage des titres concernés mais également d’encourager l’innovation en contribuant à limiter les quantités de papier utilisé (seules les pages réellement destinées au lecteur sont imprimées) et en adaptant plus finement la publicité aux éditions locales. Cette aide doit ainsi permettre de renforcer des titres régionaux, famille de presse à laquelle les Français attachent une importance toute particulière.

Une faveur présidentielle anticipée ?

En 2018, la rédaction de La Lettre A s’interrogeait« Pourquoi un traitement aussi favorable à Midi Libre, en contradiction avec la finalité du FSDP ? Selon nos informations, la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) du ministère de la culture était opposée à cette subvention, ou tout au moins très réticente. La pression serait venue de Bercy, et probablement de plus haut, Midi Libre est détenu, comme La Dépêche du Midi, par Jean-Michel Baylet, dont on connaît bien le poids politique dans la région, et qui sait parler à l’oreille d’Emmanuel Macron. Il vient par ailleurs de prendre la tête de la nouvelle Alliance de la presse d’information générale (APIG), un lobby qui compte peser lourd dans la défense des acquis traditionnels de la presse quotidienne et régionale ».

Cette subvention de plus de 3,4 M€, était soi-disant justifiée pour le changement d’une rotative (impression). Elle provient du Fonds stratégique pour le développement de la presse (FSDP) sur la base d’un dossier portant sur un investissement de 6 M€. Bien que les subventions soient plafonnées à 1,5 M€, Midi Libre a habilement déposé un dossier groupé pour associer à son projet quatre titres de PHR (Le Bulletin d’Espalion, La Semaine des Pyrénées, le Courrier Français, édition du Tarn-et-Garonne, Le Journal d’ici).Cette subvention est d’autant plus exceptionnelle que le fonctionnement du FSDP interdit toute subvention dépassant 20 % du fonds disponible.

 En 2018, seulement 9 M€ pouvaient être distribués après la mise en réserve attribués à Presstalis. Du coup, la subvention atteint 38 % du fonds… Un cadeau de Bercy à Jean-Michel Baylet ? 

Le président du groupe agit en lobbyiste avisé en faveur de ses entreprises. Début 2018, il a été élu président de l’Union de la presse en région (UPREG) qui réunit 64 quotidiens. Il est aussi devenu depuis président de l’Alliance de la presse d’information générale qui associe à la PQR-PQD la presse hebdo régionale.Depuis janvier 2019, le site ladepeche.fr rénové propose une version « freemium ».La diversification digitale est engagée autour de la notion de service : l’application Midi Tour pour le tourisme, midiolympique.fr développe un réseau social, Toulouse à domicile concerne la livraison de restauration rapide.
A l’agence Dépêche News, le statut de dix jeunes journalistes embauchés comme rédacteurs multimédia est moins confortable que leurs confrères salariés liés à la grille de la PQR.

À l’heure où les ventes du quotidien régional sont en chute libre, l’arrivée du libéral directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, recruté en 2018, pour mettre en place un plan de restructuration drastique, prend donc tout son sens:

Celle de précariser le journalisme, pour rendre l’information contrôlée afin qu’elle ne serve que les intérêts du camp des ordures. En cela, nous trouverons toujours des journaleux complaisants dépourvus de morale, qui viendront faire le sale boulot du fact-checking.

Qui est Jean Michel BAYLET ?

Jean Michel BAYLET, PDG du Groupe La Dépêche du Midi, comprenant notamment : 6 quotidiens – La Dépêche du Midi, Midi Libre, Le Petit Bleu, La Nouvelle République des Pyrénées, L’indépendant, Centre Presse ; 2 titres de presse quotidienne gratuite – Cnews Matin Toulouse et Cnews Matin Montpellier ; 3 hebdomadaires – Le journal de Millau, Le Villefranchois, la Gazette du Comminges ; et Le journal du Rugby – Midi-Olympique.

Il est également à la tête de l’Alliance de la presse d’information générale (Apig), qui regroupe des éditeurs de quotidiens nationaux et régionaux. Monsieur BAYLET a une vie politique bien chargée. Il a débuté sa carrière dans le journalisme jusqu’à devenir directeur général de « La Dépêche du Midi » en 1975.
Il est co-fondatteur du Mouvement des radicaux de gauche (devenu PRG) en 1973 et en est président de 1983 à 1985, et depuis 1996 jusqu’en 2016.
Jean Michel Baylet est un cumular de premier plan. Il n’aura cessé de cumuler tous les mandats possible : maire, président de Conseil Régional, député, sénateur et ministre.

Il entre au gouvernement en 1984 en tant que secrétaire d’État auprès du ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986, puis chargé des collectivités locales de 1988 à 1990, et enfin ministre délégué au Tourisme jusqu’en 1993.
Président du conseil général du Tarn-et-Garonne depuis 1985 jusqu’en 2015. Ministre au gouvernement Valls lors du quinquennat d’Hollande, il soutient publiquement et matériellement Le Président Macron durant la campagne présidentielle de 2017.

Jean-Michel Baylet sous le coup de plusieurs enquêtes ou instructions, mais toujours blanchi par la justice

L’ancien président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, a régulièrement cumulé les procédures judiciaires, mais a à chaque fois bénéficié d’une relaxe ou d’un non-lieu.

Dans la dernière affaire pour laquelle il était mis en examen. Il était visé par une enquête sur les marchés de frais de bouche du Conseil général du Tarn-et-Garonne, dont il était le président de 1985 jusqu’en février 2016. La cour d’appel de Bordeaux avait confirmé la décision de non-lieu en 2014.

Jean-Michel Baylet avait été mis en examen pour cette affaire en avril 2014, en même temps que deux de ses collaborateurs. Ils étaient soupçonnés de favoritisme dans l’attribution de marchés publics des fournisseurs du Conseil général en 2004 et 2005. Il leur était reproché de ne pas avoir respecté la procédure du Code des marchés publics faute de mise en concurrence suffisante.

Jean-Michel Baylet avait déjà été relaxé en janvier 2014 dans un autre dossier. Il était cette fois-ci allé jusque devant les tribunaux, pour des soupçons de favoritisme remontant au début des années 2000. Mais le tribunal correctionnel de Bordeaux avait estimé que les faits étaient prescrits. 

En 2011, il avait bénéficié d’un autre non-lieu sur l’utilisation d’une voiture et d’un chauffeur du Conseil général. 

En 2016, la députée écologiste Isabelle Attard avait interpellé Jean-Michel Baylet pour qu’il s’explique sur des anciennes accusations de violences contre son ex-collaboratrice. En effet, le ministre de l’Aménagement du territoire avait été accusé par son assistante parlementaire, Bernadette Bergon, de l’avoir frappée et forcée à démissionner en 2002. D’après les informations révélées par BuzzFeed News, le sénateur a passé à l’époque une transaction secrète avec la victime pour éviter toutes suites.

«On peut tout romancer mais il y a eu une instruction judiciaire dans cette affaire et elle a été classée sans suite, ce qui, vous l’imaginez, prouve que les choses ne se sont pas passées comme vous le racontez, parce que le procureur de la République n’aurait jamais classé sans suite si les choses étaient telles que vous le dites.» Avait alors répondu à l’époque Jean Michel Baylet.

Un journaliste de BuzzFeed News avait retrouvé l’un des gendarmes de la section de recherche de Toulouse qui avait été chargé, avec d’autres collègues, d’enquêter sur cette affaire en 2002. Le gendarme avait révélé que le procureur a exigé l’arrêt de l’enquête en demandant aux gendarmes “de ne plus aller au-delà”.

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