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Explosion du chômage: ce que propose le Medef pour sauver l’emploi en France

Jeudi dernier, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a suggéré ses préconisations pour sortir de la crise. Parmi les mesures, un dispositif complémentaire d’activité partielle pour certains secteurs dont la reprise d’activité sera moins rapide, en vue « de conserver les compétences et d’éviter les Plans de Sauvegarde de l’ Emploi (PSE).

Alors que le nouveau dispositif d’activité partielle est entré en vigueur le 1er juin (prise en charge par l’Etat et l’Unedic limitée à 85 % de l’indemnité versée au salarié), le Medef souhaite aller plus loin en mettant en place un dispositif complémentaire, correspondant à celui présenté par la branche de la métallurgie, le 18 mai dernier. 

En clair, il s’agirait de permettre au chef d’entreprise de baisser temporairement le temps de travail de ses salariés, en fonction de l’activité de l’entreprise, en couvrant les pertes de rémunération par l’Etat et l’Unedic. Dans quel but ? « Permettre de sauvegarder les compétences dans les entreprises et d’éviter les PSE, tout en s’adaptant à une reprise d’activité moins rapide dans certains secteurs », a proposé Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, en présentant jeudi dernier, lors d’une conférence en ligne, ses propositions pour une relance « durable », nommées : « Prise de confiance ».

Un deal avec le gouvernement pour maintenir l'emploi en échange d'aides

Pour cela, il s’appuie sur l’exemple du dispositif présenté par les organisations patronales et syndicales de la métallurgie. « Afin de compenser les baisses de revenus des salariés en sous-activité, sans que l’horaire contractuel ou conventionnel puisse être diminué de plus de 40 % », elles demandent « que l’Etat et/ou l’Unedic prenne(nt) en charge l’indemnisation versée aux salariés pour les heures non travaillées/jours non travaillés », recommande le texte des partenaires sociaux.

En contrepartie, « les entreprises garantiront à ces mêmes salariés le maintien dans l’emploi pendant, au minimum, sa période de mobilisation et au-delà si la situation économique de l’entreprise le permet ». Un dispositif temporaire qui, selon le président de l’organisation syndicale, permettrait, de disposer « d’une véritable boîte à outils pour aider les entreprises à passer le cap difficile de cette crise ».

Concrètement, « un sous-traitant de l’aéronautique sait que le cahier des charges d’Airbus va baisser de 20 % dans les 12 prochains mois. Il sait qu’il sera en surcapacité, il a le choix entre un PSE ou garder ses effectifs pour conserver les compétences quand la reprise complète sera là », explique Geoffroy Roux de Bézieux. Avec ce système, « il pourra adapter son activité avec un temps partiel obligatoire et une compensation pour les salariés ».

L’impératif de ces mesures serait justifié, car d’après le Medef « la situation macro-économique est plus dégradée en France que dans la moyenne de l’Union européenne ». Le taux d’activité se situe à 71%, contre 61% « au plus fort du confinement ». Avec de nombreuses disparités, le BTP et l’industrie affichant un taux de 60%.

protéger la jeune génération

Dans les autres mesures sociales suggérées par le Medef sont présentent le report des échéances fiscales et sociales du mois de juin et un étalement du remboursement des charges déjà reportées. L’organisation patronale veut aussi que ces charges soient annulées pour les entreprises « mises en difficulté par la crise ». Il souhaite « défiscaliser le déblocage anticipé de la participation et de l’intéressement ».

Le Medef plaide aussi pour un plan de soutien à l’emploi des jeunes afin de « ne pas générer une génération Covid sacrifiée ». Devant le risque de frilosité des entreprises à relancer les processus d’embauche, il veut une exonération de charges de 12 mois pour le premier CDI et une aide de 10 000 euros pour tout recrutement d’apprenti ou d’un jeune en contrat de professionnalisation avant le 31 décembre.

Il appelle également les employeurs à accompagner les transitions professionnelles des salariés. « La crise accélère les mutations, nous le voyons notamment dans le commerce non-alimentaire avec la multiplication des redressements judiciaires, avertit le Président du Medef. Il faut mettre le paquet pour faire passer des salariés d’un secteur à un autre plus porteur ».

Pour mettre en place ces propositions, il propose à France compétences d’axer leurs moyens sur le financement de la transition par l’élaboration d’un plan stratégique national et régional et demande la création d’un « droit à tester un nouveau métier dans les entreprises ».

pérenniser le télétravail

Pour finir, le Medef souhaite que les organisations syndicales et patronales tirent les enseignements du confinement pour penser aux nouvelles formes de travail et aux attentes managériales, en particulier à travers le télétravail. 

Geoffroy Roux de Bézieux recommande le lancement d’ »un diagnostic paritaire » dès le 5 juin. Il propose aux entreprises d’inclure dans les plans de formation, des sessions de gestion de crise et de management à distance.

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Written by Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

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