in , ,

DOSSIER : Projet de loi sur le supportérisme, on vous dit tout !

Le football, ce paradoxal sport populaire qui peut très bien nous rassembler, comme nous diviser. Ce ballon rond qui en même temps parvient à amuser, à faire rire, à faire frissonner, comme il peut faire pleurer ou parfois faire peur… Ces gradins où des ambiances chaleureuses et joyeuses peuvent soudainement se transformer en tensions voire devenir dangereuses. Jusque là clubs et supporters composaient tant bien que mal avec le cadre juridique. A l’avenir les choses vont probablement évoluer, en effet un projet de loi sur le supportérisme est actuellement en étude à l’assemblée nationale…

Que ce soit le Paris Saint Germain, l’Olympique de Marseille, l’Olympique Lyonnais ou l’AS Saint Étienne, etc. Chaque club a ses supporters. Généralement nourri par un fort sentiment d’appartenance, le supportérisme est indissociable d’une revendication territoriale dont il résulte parfois, à l’égard des adversaires, un sentiment de rejet, voire de haine. 

Pour essayer de contenir et de mieux réguler la quête d’excitation et de tensions, qui peuvent parfois envahir les supporters les plus indisciplinés, deux députés de la majorité travaillent depuis de longs mois sur un projet de loi.

Marie Georges Buffet et Sacha Houlié, deux députés LREM sont les rapporteurs d’un premier rapport sur les interdictions de stade et le supportérisme qui vient d’être validé et publié.

LE TEMPS DU CONTRÔLE PARLEMENTAIRE EST VENU...

Après les décès de deux supporters du Paris Saint Germain, Julien Quemener le 23 novembre 2006 et Yann Lorence le 28 février 2010, tous deux causés par des agressions d’une violence extrême en marge de rencontres au Parc des Princes, le gouvernement et le parlement s’étaient mobilisés pour encadrer les événements sportifs.

Mais selon les deux rapporteurs du projet de loi, certaines mesures ont été adoptées par pure idéologie et n’ont fait l’objet d’aucune mesure d’évaluation depuis leur création. Alors pour eux, le temps du contrôle parlementaire est venu.

Les mesures de police administrative (interdiction de déplacement, fichage, sanctions collectives ou infractions spécifiques, telles que l’interdiction de l’usage de fumigènes,etc.) viennent heurter les libertés fondamentales. Ils souhaitent donc sortir du tout répressif des années 2000 pour adapter le supportérisme à l’évolution de la société.

Afin de faire de nouvelles propositions, les deux députés ont conduit de très nombreuses auditions auprès d’administrations centrales et déconcentrées, de dirigeants d’instance et de club, de représentants des supporters et de sociologues. Ce ne sont pas moins de 30 organismes qui ont été sollicités : que ce soit des fédérations de football ou de rugby, des associations ou bien des clubs de supporters…

Le difficile équilibre entre mixité sociale et convivialité dans leS STADES DE football

En France, avec près de 11 millions de supporters chaque saison, le football professionnel représente 99 % des enjeux liés au supportérisme, selon Antoine Mordacq, chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH). Seules 4 % des interpellations ayant eu lieu lors de rencontres sportives pendant la saison 2018-2019 ont concerné un autre sport que le football.

Le public d’un stade est scindé en quatre groupes :

Les spectateurs qui viennent pour assister occasionnellement aux matchs et profiter de l’ambiance des tribunes. Il s’agit d’un public souvent familial, assis dans les tribunes latérales. C’est vers eux que sont orientées les politiques commerciales des clubs car ce sont les principaux consommateurs de produits dérivés.

– Les supporters, souvent abonnés du club et membres d’une association ou d’un groupe de supporters. Ils assistent à de nombreux matchs depuis les virages (dans les kops, derrière les buts), à domicile et en déplacement lorsque leur équipe joue à l’extérieur. Ils participent à l’ambiance du stade en chantant et en restant debout.

– Les ultras sont des supporters très actifs qui utilisent des techniques de soutien spécifiques : banderoles, tifos (d’immenses bâches préparées plusieurs semaines avant le match), fumigènes, etc. Leur degré d’organisation et d’autonomie varie d’un groupe à l’autre. Leur passion, parfois exacerbée, peut aboutir à des débordements, notamment des violences avec des groupes de supporters d’équipes adverses ou d’autres groupes ultras du même club avec lesquels ils sont en concurrence.

– Les hooligans constituent une frange isolée des supporters. Ils ne sont pas organisés en association et n’ont pas de liens avec le club. Ils ont pour caractéristiques d’utiliser le stade comme un espace propice à leurs activités délictuelles (violences, insultes, délinquance acquisitive…). À la différence des ultras, le football est le prétexte et non la raison de leurs dérives.

Si les tribunes restent un lieu populaire, notamment grâce au maintien de tarifs faibles dans les tribunes des virages, elles sont surtout un lieu de mixité sociale et de convivialité. C’est donc pour cela que les clubs doivent faire face à cette diversité de profils pour assurer un équilibre entre, d’une part, la sécurité des tribunes et des alentours du stade et, d’autre part, la qualité de l’ambiance et du spectacle fourni en soutien aux joueurs.

 

Collectif Ultras Paris Saint Germain

Les IAS (Interdictions Administratives de Stade)

C’est 1993 que sont apparus les premières interdictions de stade en France, sous le nom   d’ Interdiction Judiciaire de Stade. Cette loi venait étayer les peines de condamnations lorqu’un spectateur récidivait par un comportement inadapté tel que l’introduction d’alcool ou l’accès au stade en état d’ivresse, à l’incitation à la haine et à la violence, en passant par l’usage de fusées ou d’artifices, les jets de projectiles ou la pénétration sur l’aire de jeu, ect. L’individu interdit de stade qui ne respectait pas sa condamnation s’exposait à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

En 2006, une loi relative à la lutte contre le terrorisme est venue endurcir les interdictions administratives. Le préfet pouvait alors directement prononcer une sanction, lorsque par son comportement d’ensemble, à l’occasion de manifestations sportives, une personne constituait une menace pour l’ordre public, pour une durée allant jusqu’à 3 mois et une amende de 3 750 euros d’amende en cas de non respect. Autorisant aussi, le Préfet a communiquer l’identité de la personne aux fédérations sportives et aux associations de supporters.

Depuis 2006, l’Interdiction Administrative de Stade a vu sa durée maximale multipliée par huit ou douze, passant de 3 mois à deux, voire trois ans en cas de récidive, tandis que les motifs pouvant justifier une IAS ont été étendus.

Afin de garantir et de faciliter la mise en œuvre des mesures d’interdictions de stade, qu’elles soient judiciaires ou administratives, de faciliter les contrôles dans les stades et à leurs abords, ainsi que le suivi des supporters dits « à risque », la direction générale de la police nationale a été autorisée en 2007 à créer un fichier national des interdits de stade (FNIS). Les données d’un individu condamné à l’IAS y sont conservées pendant cinq ans.

En 2016, un nouvelle catégorie d’interdiction de stade a vue le jour. Il s’agit de l’ICS (Interdiction Commerciale de Stade). Cette mesure permet aux clubs de refuser ou d’annuler la vente d’un billet pour accéder au stade.

Parallèlement à ces règles, le préfet ou le ministre de l’intérieur ont la possibilité de faire appliquer deux catégories d’arrêtés :

les arrêtés d’interdiction ou arrêtés de périmètre qui interdisent l’accès des supporters du club visiteur à l’ensemble du département, au stade ou à certaines zones géographiques, par exemple en centre-ville. Lorsqu’il s’agit d’un arrêté ministériel, le déplacement des supporters peut être interdit sur l’ensemble du territoire, ce qui rend leur interpellation possible dès le départ. Ces interdictions permettent notamment d’éviter des affrontements avec des groupes supportant d’autres clubs que celui de la ville où ils se rendent.

– les arrêtés d’encadrement qui sont pris par le préfet de département pour garantir les conditions de sécurité du déplacement. Ces arrêtés fixent généralement une « jauge », c’est-à-dire un nombre maximal de supporters autorisés à se déplacer. Pour éviter les affrontements, ils déterminent précisément le mode d’acheminement (bus, train, voitures individuelles), le parcours à suivre ainsi qu’un point de rencontre, notamment dans la perspective de mettre en place une escorte policière.

Par exemple, la préfecture de police de Marseille a indiqué qu’elle fixait la jauge à 200 supporters visiteurs pour les matchs sensibles car les voies d’accès des bus vers le stade présentent un risque élevé de « guet-apens ».

La division nationale de la lutte contre le hooliganisme (DHLH) chargée d'évaluer les troubles à l'ordre public

Sur le territoire national, c’est la division nationale de la lutte contre le hooliganisme (DNLH) qui est chargé d’évaluer le risque de troubles graves à l’ordre public avant que les préfets ou le ministre ne prennent des décisions administratives. La DNLH dispose de référents sur l’ensemble du territoire et d’informations par les services du renseignement territorial.

Placée sous la direction d’un commissaire de police, la DNLH est une structure d’une douzaine de personnes, spécialisée sur les enjeux des violences lors des manifestations sportives ; si cette division est compétente pour l’ensemble des disciplines sportives, la quasi-totalité de son activité concerne les matchs de football professionnel.

La DNLH dispose d’une échelle de classement des matchs à risque sur quatre niveaux : 

  • Niveau 1 : flux important et inhabituel de supporters ou spectateurs ;
  • Niveau 2 : contexte dégradé susceptible de générer des comportements déviants de la part des supporters.
  • Niveau 3 : risque de troubles à l’ordre public liés à un contentieux entre supporters ou au comportement habituel de certains supporters ;
  • Niveau 4 : risques avérés de troubles à l’ordre public liés à un contentieux chronique entre supporter ou à la présence avérée de supporters à risques ;
  • Niveau 5 : risques graves de troubles à l’ordre public nécessitant des mesures exceptionnelles.

En Ligue 1 au cours de la saison 2018-2019, 43% des matchs ont été signalés. Parmi les 226 rencontres classés, 21 % l’ont été en niveau 1, 20 % en niveau 2 et 2 % en niveau 3. Malgré leur rareté, le nombre de matchs signalés niveau 3 a été multiplié par trois entre la saison 2017-2018 et la saison 2018-2019.

La DNLH dresse également des bilans hebdomadaires des incidents survenus à l’occasion des matchs et elle effectue un suivi statistique des interpellations, des arrêtés d’encadrement ou d’interdiction de déplacements, ainsi que des IAS, lequel suivi donne lieu à un bilan annuel, en fin de saison.

MOTIFS DES INTERPELLATIONS TOUTES COMPÉTITIONS (SAISON 2018-2019) source : bilan annuel de la DNLH

Selon les chiffres les plus récents de la direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), le nombre de condamnations liées à des infractions commises lors de manifestations sportives s’établit, en 2016, à 478, soit environ 50 % du nombre d’interpellations.

Cela s’explique par le nombre d’alternatives aux poursuites décidées par le Parquet et par le fait que les magistrats « rencontrent souvent des problèmes probatoires » car les auteurs sont difficiles à identifier dans la foule ou lorsqu’ils se dissimulent, notamment pour l’usage d’engins pyrotechniques.

Des disparités selon l'historique des clubs

Bien entendu, il existe des clubs ayant des supporters plus « engagés » dira t’on que d’autres. C’est le cas par exemple de l’Olympique de Marseille. Le clubs figure en tête du palmarès en ce qui concerne les Interdictions Administratives de Stade comme on peut le voir ci-dessous : 

RÉPARTITION DES IAS PRONONCÉES AU COURS DES CINQ DERNIÈRES SAISONS, PAR CLUB
Source : commissions des lois et des affaires culturelles, sur la base des chiffres transmis par la division nationale de lutte contre le hooliganisme
NOMBRE D’INTERDICTIONS ADMINISTRATIVES DE STADE PAR CLUB (2015-2020)
Source : commissions des lois et des affaires culturelles, sur la base des chiffres transmis par la division nationale de lutte contre le hooliganisme Ne sont signalés sur la carte que les départements où ont été prononcées 4 IAS au moins au cours des dernières saisons.

Toutefois, les deux rapporteurs du projet de loi, indiquent que les motifs justifiant le prononcé d’une IAS, tels que définis par l’article L. 332-16 du code du sport, s’avèrent larges puisque, encourt une IAS toute personne constituant une menace pour l’ordre public « par son comportement d’ensemble à l’occasion de manifestations sportives, par la commission d’un acte grave à l’occasion de l’une de ces manifestations », ou du fait de son appartenance à une association de fait ayant été dissoute. Par ces dispositions délibérément imprécises, la loi laisse une grande latitude aux autorités préfectorales pour le prononcé des IAS, ce qui peut conduire à des excès. Il a ainsi été indiqué aux Rapporteurs que des IAS avaient pu être prononcées à l’encontre de supporters qui avaient entonné des chants contestataires, qui avaient porté une écharpe d’une  association de supporters dissoute, qui avaient volé un sandwich dans une station-service ou montré leurs fesses dans un stade, autant de comportements qui, s’ils ne méritent pas d’être encouragés, ne semblent pas de nature à troubler gravement l’ordre public soulignent les deux députés.

En effectuant leur étude, Marie Georges Buffet et Sacha Houlié, les deux députés LREM rapporteur du projet de loi sur le supportérisme, on pu constater que la détention ou l’usage des fumigènes est à l’origine de 30 % à 46 % des IAS, tandis que les violences (qu’elles s’exercent à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique ou non) représentent entre 5 % et 30 % des IAS selon les préfectures. 

Parmi les autres motifs récurrents, figurent notamment l’état d’ivresse dans les enceintes sportives (28 % à Paris, 33 % en Loire-Atlantique), les jets de projectiles sur la pelouse (17 % dans le Rhône, ou près de 14 % dans le Bas-Rhin ), ou bien encore la pénétration sur l’aire de jeu (qui oscille entre 1 % à Strasbourg, 12,5 % dans les Alpes-Maritimes, ou 9 % dans le Nord). Les deux rapporteurs font savoir que les IAS sont devenues davantage un moyen de sanctionner la détention ou l’usage de fumigènes que de prévenir la commission de violences.

ABSENCE D’ARTICULATION AVEC LES DISPOSITIFS JUDICIAIRES ET COMMERCIAUX

Les rapporteurs de l ‘étude ont remarqué plusieurs incohérences concernant les actuels dispositifs judiciaires. Par exemple les IJS (interdiction Judiciaire de Stade) et les IAS (Interdiction Administrative de Stade) peuvent parfois se juxtaposer. Ainsi il est possible pour un supporter de se voir infliger une IAS de deux ans, et une IJS d’un an seulement, et in fine d’être interdit de stade pendant deux ans, alors que c’est l’interdiction judiciaire, prise après une enquête et un débat contradictoire, en présence d’un avocat, qui devrait l’emporter sur la mesure administrative, prise sans audition de l’intéressé. Il peut aussi arriver qu’après enquête, un supporter soit relaxé et reconnu innocent par la justice, par exemple, de l’infraction d’usage de fumigène, mais qu’il soit contraint de continuer à « purger » jusqu’à son terme une IAS prononcée par la préfecture pour ces faits, pour lesquels son innocence a été prouvée.

Les rapporteurs notent également un encadrement insuffisant des interdictions commerciales, celle-ci laissent une trop grande marge d’appréciation aux clubs, qu’il s’agisse des motifs de ces interdictions, de leur durée ou de la procédure applicable – notamment son caractère contradictoire auprès des personnes concernées. Le fait que les données relatives aux ICS ne peuvent être conservées plus de 18 mois dans le fichier du club est parfois interprété comme fixant la durée maximale de cette interdiction, mais ce plafond ne concerne pas la sanction elle-même.

L’étude révèle que l’application des ICS (Interdiction Commerciale de Stade) sont difficiles à appliquer, puisqu’elles ne peuvent être utilisées qu’à l’encontre de personnes disposant d’un abonnement, qui est à leur nom, ou bien lorsqu’existe une billetterie nominative, pratique qui demeure très limitée. Dans les faits, ces interdictions peuvent être contournées par des échanges d’abonnements entre supporters ; une personne dont l’abonnement a été annulé peut également acheter un billet individuel et assister tout de même au match.

L’HYPOCRISIE DE L’INTERDICTION DES FUMIGÈNES ET L’INEFFICACITÉ DES SANCTIONS DE LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA Ligue de Football professionnelle

Dans un stade, l’introduction et l’utilisation de fumigènes ou d’autres engins pyrotechniques sont sanctionnées à deux titres :

 

  • l’article L. 332-8 du code du sport interdit « le fait d’introduire, de détenir ou de faire usage des fusées ou artifices de toute nature » et punit sa violation de trois ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ainsi que d’une peine complémentaire d’interdiction judiciaire de stade pouvant aller jusqu’à cinq ans.
  • les articles 541 et 542 du règlement de la Ligue de football professionnel prévoient que le club visité est responsable des incidents se produisant à l’intérieur du stade. Les clubs visités et visiteurs ont donc l’obligation d’interdire l’entrée d’engins pyrotechniques (cierges, torches, bougies, feux de Bengale, pétards, bombes fumigènes, fusées, stroboscopes) dans les tribunes. S’il est fait usage de ces engins, le club a failli à ses obligations et peut donc faire l’objet de poursuites et de sanctions de la part de la commission de discipline de la LFP.

Les fumigènes nourrissent la majorité des sanctions disciplinaires concernant les tribunes. Des sanctions de trois types peuvent être prises par la commission de discipline : sanctions financières, sanctions collectives et sanctions sportives). Pour l’Association nationale des supporters, cette grille de sanctions est insuffisamment précise et ne permet pas une dissuasion efficace : « la diversité des sanctions prononçables est trop limitée, les amendes sont peu élevées et ne touchent que le club, tandis que les sanctions sportives sont trop lourdes et ne sont jamais prononcées ».

La commission de discipline recourt donc généralement aux sanctions collectives, à savoir le huis clos partiel ou total du stade du club concerné. Pour les Rapporteurs, ces sanctions posent un grave problème juridique en contrevenant à l’individualisation des sanctions et en aboutissant à punir des supporters n’ayant commis aucune faute.

Les supporters s’organisent pour être sanctionnés selon le calendrier en faisant lever un sursis pour un match à faible enjeu afin de pouvoir « craquer » des fumigènes à nouveau la semaine suivante pour un match important ou encore pour l’anniversaire d’un groupe.

Pour échapper aux sanctions, le club peut démontrer à la commission de discipline qu’il a mis en œuvre l’ensemble de ses pouvoirs en identifiant les personnes concernées et en portant plainte contre elles. Comme l’a indiqué M. Sébastien Deneux (président du comité de discipline de la LFP) lors d’une audition : « On classe sans suite si on sait que le club a fait le maximum ; le fait d’engager des poursuites est un critère ». Cette pratique incite donc les clubs à porter plainte, parfois en l’absence de preuve malgré les conséquences d’une potentielle interdiction de stade, et aboutit à accroître la méfiance des supporters à leur égard.

Les fumigènes peuvent aussi être utilisés par les supporters contre la direction de leur propre club, pour que lui soient infligées des sanctions financières ou des fermetures de tribunes qui représentent une perte de recettes de billetterie. Parmi les faits récents, en novembre 2019, le groupe des Ultramarines de Bordeaux a ainsi protesté contre la mise en place d’une nouvelle politique concernant la billetterie.

vendredi 11 mai 2018 en début de soirée quand le GF38 s'est incliné à domicile laissant s'éloigner la Ligue 2.

OUVRIR UNE ÈRE PARTENARIALE GRÂCE A UN NOUVEAU PROJET DE LOI.

LES PROPOSITIONS DES RAPPORTEURS

Propositions concernant le dialogue entre les supporters, les clubs, les instances et les pouvoirs publics :

  • Renforcer la représentation des supporters au niveau national en intégrant davantage d’associations au sein de l’ANS ou dans une instance plus large ;
  • Favoriser l’agrément des associations de supporters en assouplissant les démarches de déclaration et en offrant davantage de droits aux associations agréées ;
  • Offrir des contreparties aux groupes agréés de supporters, notamment dans le cadre de la gestion du club et de l’organisation des déplacements ;
  • Conforter le rôle du référent supporters, valoriser son statut, qui reste aujourd’hui précaire, et poursuivre les efforts de formation.

Propositions concernant les interdictions administratives de stade :

  • Renforcer la transparence des données relatives aux IAS (motifs, durée, annulations…) en faisant remonter les données des préfectures et des juridictions administratives ;
  • Réduire la durée maximale des IAS à six mois (douze mois en cas de récidive) ;
  • Clarifier les motifs des IAS, en supprimant la notion de « comportement d’ensemble » ;
  • Faciliter le recours en référé liberté ou en référé suspension ;
  • Supprimer la possibilité de cumuler IJS et IAS ;
  • Aménager la mise en œuvre des obligations de pointage afin qu’elles ne se transforment pas en deuxième sanction.

Propositions concernant les interdictions commerciales de stade :

  • Encadrer la mise en œuvre des ICS, en précisant les motifs qui peuvent les justifier, pour éviter qu’elles ne se substituent aux IAS ;
  • Fixer une durée maximale (ne pouvant en tout état de cause excéder une saison) pour les ICS ainsi qu’une procédure contradictoire, permettant d’entendre les personnes concernées.

Propositions concernant l’usage des engins pyrotechniques :

  • Interdire, par la loi, le prononcé ou enjoindre à la Ligue de renoncer aux sanctions collectives et engager une réflexion sur le rôle de la commission de discipline de la LFP ;
  • Poursuivre les études sur l’élaboration de nouveaux types de fumigènes pouvant offrir le même spectacle en présentant moins de risques ;
  • Maintenir une interdiction stricte de l’introduction et de l’utilisation des engins détonants (pétards, bombes agricoles) dans les stades ;
  • Soumettre les clubs à une obligation de moyens en matière d’interdiction de l’usage sauvage de fumigènes ;
  • Transférer aux associations de supporters qui souhaitent utiliser des fumigènes la responsabilité civile et pénale de l’organisateur en cas d’incident ;
  •  Ouvrir une phase d’expérimentation en vue de préparer la légalisation d’un usage encadré des engins pyrotechniques dans les tribunes, en laissant aux clubs l’initiative de proposer des dispositifs d’encadrement différents, sous le contrôle et avec l’évaluation de l’Instance nationale du supportérisme.

Propositions concernant les interdictions de déplacement :

  • Confier la direction de la DNLH à un préfet et renforcer l’autorité de ses avis ;
  • Veiller à la mise en œuvre de la circulaire du 18 novembre 2019 prévoyant la tenue de réunions préparatoires au moins trois semaines avant les rencontres sensibles et associer le plus grand nombre d’intervenants à ces réunions : préfectures d’accueil et d’origine, représentants et référents supporters des deux clubs ainsi, éventuellement, que des représentants des associations de supporters et des diffuseurs du match ;
  • En contrepartie de l’agrément, donner la possibilité aux groupes de supporters de participer aux réunions de préparation des déplacements ;
  • Encadrer l’ancienneté des évènements pouvant être mentionnés pour motiver un arrêté d’interdiction ou d’encadrement de déplacement ;
  • Rendre les arrêtés concernant les déplacements des supporters accessibles en ligne sur une plateforme dédiée, accompagnés des plans permettant de visualiser les éventuels points de rendez-vous et zones interdites aux supporters ;
  • Généraliser l’expérimentation, initiée par la fondation Nivel, du « policier référent » pendant les déplacements.

Propositions concernant la prévention et la lutte contre les comportements dicriminatoires :

  • Prévoir dans les conventions entre le ministère des sports et les fédérations l’obligation de consacrer des salariés à l’accompagnement des clubs dans la prévention et la lutte contre les comportements discriminatoires, notamment auprès de leurs supporters ;– Créer un fonds 1 % anti-discrimination dans chacune des instances, destiné à garantir le financement des actions conduites par les fédérations et les ligues professionnelles
  • Former les stadiers et les forces de police à la reconnaissance des messages, insignes et comportements à caractère discriminatoire.
  • Renforcer le Fonds d’aide au football amateur (FAFA) et les financements fléchés vers les programmes de prévention et de lutte contre les comportements discriminatoires.
  • Prévoir des stages de sensibilisation, en alternative à une interdiction commerciale, pour les supporters ayant manifesté des comportements discriminatoires.

Propositions concernant l’aménagement des stades :

  • Lorsque c’est possible, augmenter les capacités des tribunes debout, dans le respect des normes de sécurité, et ouvrir à d’autres clubs la possibilité d’ouvrir une tribune debout ;
  • Engager une réflexion sur la construction des stades et l’aménagement de leurs abords afin de favoriser l’accès et la sécurité des joueurs et des supporters visiteurs ;
  • Inciter les clubs, notamment dans le cadre des formations des référents supporters, à participer et à accompagner leurs supporters dans la préparation des déplacements afin de transmettre les informations pertinentes aux préfectures d’accueil et d’éviter ainsi le recours aux arrêtés ;
  • Encourager les clubs à faire des efforts pour améliorer l’accueil des supporters visiteurs.
Partagez l'info...

What do you think?

Written by Alexandre LARREY

Curieux et passionné par les questions de géopolitique...

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Loading…

0

Gros dégraissage en vue chez Altice !

L’Intelligence Artificielle va accélérer l’exploitation minière des astéroïdes.