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Comment fêtions nous Noël au Moyen-Âge ?

La religion chrétienne dans les divers rituels et croyances y a toute sa place.

L’intérêt du Moyen-Âge étant très présent dans notre cœur, c’est avec grand plaisir de vous faire ressentir l’ambiance des célébrations de Noël à cette époque. Comme vous allez le constater, la religion chrétienne dans les divers rituels et croyances y a toute sa place.

Comme vous le savez, les fêtes chrétiennes étaient placées en lieu et place d’anciennes festivités païennes afin de les remplacer. Ainsi, Noël, qui fête la naissance de Jésus, a été placée au moment de la fête celte du solstice d’hiver, du Sol Invictus (Soleil invaincu).

Toutes ces fêtes célébraient la renaissance du soleil, puisqu’à partir du solstice d’hiver (Yule), les jours s’allongent. C’était également le début de l’année nouvelle.

Le mot « Noël » serait un dérivé du mot natalis en latin ecclésiastique (parfois appelé latin d’église). Ce dernier provient lui-même de l’expression Dies Natalis signifiant (jour de naissance), naissance du Christ, évidemment, mais également de la renaissance du jour.

La Déesse donne naissance à un fils, le Dieu, en ce moment aux alentours du 21 décembre, ce qui donne aussi le solstice d’hiver. Le solstice d’hiver est considéré, depuis très longtemps, comme un temps de naissances divines. On dit que Mithra est né à cette période.

Ce fut adopté par les chrétiens pour leur usage vers l’an 273 de l’ère chrétienne par le pape Télesophe. D’ailleurs, la plupart des symboles associés à Noël sont païens plutôt que chrétiens : la bûche, le houx et le gui, le sapin, la décoration lumineuse des rues, les rennes dans le ciel…

Yule est l’époque de la nuit la plus longue et du jour le plus court de toute l’année complète. Les païens modernes célèbrent parfois Yule juste avant l’aube, puis regardent le soleil se lever pour couronner leurs efforts. Puisque le Dieu correspond au soleil, Yule souligne le moment de l’année où le soleil renaît lui aussi par ce fait, on allume donc des feux ou des chandelles pour accueillir le retour de la lumière solaire.

Plongée dans le sommeil pendant l’hiver de l’enfantement, la Déesse récupère après l’accouchement. Cette fête nous rappelle que la mort apporte finalement une renaissance.

L’Avent d’avant…

Comme pour Pâques ou la Pentecôte, Noël comprenait une période de jeûne : l’Avent. Initialement, cette période commençait le 11 novembre mais a fini par être ramenée à l’octave (dérivé du latin octavus, « huitième »), c’est-à-dire à huit jours avant Noël.
L’Avent d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec l’Avent d’avant.

C’était la période la plus joyeuse de l’année. C’était surtout celle des préparatifs : on décoraient la maison avec du houx et de la verdure, on se procurait de nouveaux vêtements, on organisait des jeux, on chantait et dansait… bref on s’amusait beaucoup!

Préparatifs de Noël au XIVe siècle

C’était également à ce moment là que l’on installait la crèche dans l’église, représentation de la Nativité, ainsi que l’arbre de noël, symbole celte de la renaissance récupéré par l’Église. Orné de pommes et d’hosties, il symbolisait l’Eden.

L’arbre du paradis est couvert de pommes rouges. En Alsace, la veille de Noël était consacrée à Adam et Eve. La faute d’Adam avait rendu nécessaire le rachat par le fils de Dieu fait homme. Cette évocation précédait la représentation de la Nativité.
 
Appelé aussi arbre de Noël, sapin des fêtes et sapin des réjouissances l’installation dans les foyers et la décoration d’un sapin de Noël est une tradition païenne, christianisée par les Églises chrétiennes au long du Moyen Âge et généralisée à la fin du XVIIIe siècle, associée aux cadeaux de Noël.

Le grand soir : la veillée de Noël et la messe de minuit…

La veille de Noël, la coutume voulait que l’on aille chercher une énorme bûche de bois, appelée « bûche de Noël », et qu’on la rapporte chez soi en grande pompe. Le soir de Noël, cette bûché était placée dans l’âtre, arrosée de sel, d’huile et de vin, puis allumée en récitant des prières. Cette bûche devait protéger la maison de la foudre et des démons.

Avant de se rendre à la messe de minuit, on mangeait peu. Le repas gras, appelé le réveillon, devait se tenir après la messe. La composition du repas gras dépendait énormément des régions et des époques.

Une mère et sa fille devant la bûche pour la veillée de Noël

Mais, la veillée de Noël était également le moment où l’on racontait des histoires, les fameuses légendes de la veillée de Noël, en attendant de se rendre à l’église. Ces histoires, bien que largement inspirées par les Évangiles, traitaient de sujets aussi étranges que variés. Elles pouvaient raconter des aventures d’êtres inanimés qui viennent à la vie pendant la messe de minuit, d’animaux parlant, de démons, de superstitions,… Chaque région avait ses propres légendes et chaque foyer, sa version.

Durant la messe de minuit on chantait et on priait pour célébrer la naissance du Christ.

La fête des fous et la fête de l’âne

La fête des fous se déroulait, selon les régions, entre la mi-décembre et la mi-janvier. Il s’agissait d’un jour pendant lequel tous les codes de la société étaient inversés : les serviteurs devenaient les maîtres et les maîtres, les serviteurs. La religion était également tournée en ridicule. Il est à noter que cette fête n’est pas sans rappeler les Saturnales romaines qui se fêtaient de la même manière.

La fête de l’âne était célébrée pendant la messe de minuit. Une jeune fille tenant dans ses bras un nouveau-né entrait dans l’église sur le dos d’un âne. Elle était richement vêtue et était suivie par un cortège burlesque. Pendant la messe, l’assemblée devait finir chaque prière par un joyeux « hi-han ». Il s’agissait d’un rappel parodique de la fuite en Égypte. Cette fête a été rapidement interdite par l’Église qui la considérait obscène.

Bien que Noël – au Moyen Age- était différent d’aujourd’hui, beaucoup d’activités que nous associons à cette fête auraient été familières en ce temps là… . Faire la fête, jouer à des jeux, chanter, boire et manger autour d’un feu, décorer sa maison avec des conifères, et même s’offrir des cadeaux, sont quelques-unes des traditions appréciées au Moyen-âge.

En attendant le retour du Roi, nous vous souhaitons à tous : un joyeux Noël !

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